Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 14 octobre 2024
Pour tout savoir sur le livre, consultez son site web !

Ce billet « épinglé » en haut du blogue présente le site web du livre « Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale » (Écosociété, octobre 2024) au https://livre.blog-lecerveau.org

Les liens ci-dessous donnent accès à ses différentes sections:

Sommaire et Table
En savoir plus sur le livre
Toutes les références cliquables
Pages retirées du livre par manque d’espace

Ainsi que les prochains événements reliés au livre et les différentes façons de se le procurer :

Achat direct à l’auteur (avec bonus pour lui et vous)
En librairie ou pdf au Canada
En librairie ou pdf en Europe

Le menu du haut vous permet aussi d’avoir accès à la page du livre sur le site d’Écosociété, de voir les médias qui en parlent et de consulter la biographie des deux co-auteurs.

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 6 avril 2026
Albert Moukheiber : le doute contre le prêt-à-penser neuroscientifique

Après avoir introduit sa pensée par rapport à la crise climatique l’été dernier, je vous avais dit que je voulais vous parler davantage d’Albert Moukheiber, ce neurobiologiste français d’origine libanaise. Parce qu’il prend très au sérieux le métier que je fais, la vulgarisation scientifique, et qu’en plus d’être psychologue clinicien, il consacre beaucoup de temps à expliquer les milles et une nuance de la recherche sur le cerveau. Comme dans son premier livre Votre cerveau vous joue des tours (2019) et son second Neuromania (2024, 2026 pour la réédition en poche). Ou dans ses interviews que les algorithmes de Youtube m’ont présentées dernièrement, peut-être suite au blitz médiatique de la réédition de Neuromania, peu importe. Le fait est que j’ai commencé à en écouter quelques-unes  qui m’ont confirmé son grand talent de vulgarisateur qui ne sombre jamais dans la facilité du déboulonnage rapide des méconceptions sur le cerveau, mais prend le temps de rentrer dans les rouages de la recherche actuelle pour montrer ce qui ne va pas. Et surtout, il répète comme moi que rien ne peut se comprendre uniquement en focussant sur le cerveau, que celui-ci est lié de façon inextricable à un corps, et que ce cerveau-corps est situé dans un contexte à tout moment qui l’influence aussi grandement. Il n’en fallait pas plus pour que je lui délègue mon travail hebdomadaire sur ce blogue en vous suggérant simplement certaines de ses interventions !

D’abord celle publiée le 11 mars dernier sur la chaîne de la librairie Mollat qui organise souvent ce genre d’entrevue de fond avec des auteurs. J’aime pas trop le sous-titre de Neuromania « le vrai du faux sur votre cerveau », repris dans le titre de la vidéo, puisque comme j’ai déjà tenté de l’expliquer, bien souvent il y a du vrai dans le faux et du faux dans le vrai. Mais pour en avoir publié un bouquin, je sais que la couverture d’un livre doit être minimalement accrocheuse, et de toute façon, suffit d’écouter Moukheiber une vingtaine de minutes comme je l’ai fait pour se rendre compte qu’il est tout sauf un « débunker » manichéen comme il en sévit dans les grands médias. Au contraire, il explique de manière nuancée la chaîne de transmission des savoirs scientifiques, et comment différents facteurs, politiques et économiques entre autres, mettre de la pression sur les scientifiques qui n’ont plus le temps et les ressources pour bien « cadrer » les résultats de leur recherche. Le téléphone arabe du sensationnalisme médiatique fait ensuite le reste. On est loin des idoles de son enfance (qui étaient aussi les miennes !) comme un Carl Sagan ou encore un Richard Feynman qui pouvaient nous partager avec passion les mécanismes subtils qui font en sorte qu’un élastique s’étire ou que notre main ne peut pas passer à travers une table !

Je n’ai donc pas encore eu le temps de tout écouter son intervention, ce que je ferai cette semaine, mais la fin du résumé écrit qui la présente m’a aussi grandement interpellé :

« À travers des métaphores marquantes, comme celle de la molécule d’eau ou des embouteillages, il illustre le concept de propriétés émergentes : certains phénomènes n’apparaissent qu’à un certain niveau d’organisation et ne sont pas réductibles à leurs composants atomiques.

Albert Moukheiber explore également les dérives de la neuroloi et l’impact des récits que nous nous racontons. Il rappelle que nos croyances sont performatives et façonnent notre réalité. En clôturant sur une note de solidarité, il souligne qu’en période de crise, l’humain tend naturellement vers l’entraide plutôt que vers l’individualisme, contrairement aux idées reçues. Un appel salutaire à la nuance et à l’émerveillement face au réel. »

Ceux et celles qui ont lu mon bouquin comprendront tout de suite à quel point « niveaux d’organisation et propriétés émergentes », « récits qui permettent de faire émerger nos mondes » et « fondements évolutifs profonds de l’entraide chez notre espèce » sont des thèmes qui me tiennent à cœur et auxquels j’ai accordé l’importance qu’ils méritent dans cet ouvrage intitulé justement « Notre cerveau à tous les niveaux » !

Autre résonance entre le travail de Moukheiber et le mien dans ce TEDx Talk qu’il donnait à LaRochelle il y a 9 ans : l’importance d’enseigner le doute. Autrement dit, de se méfier de ces réponses rapides, ces heuristiques que notre cerveau nous propose automatiquement en fonction de nos expériences passées. C’est utile, mais c’est rarement la réponse la plus juste, logique ou nuancée qu’on peut apporter. C’est toute l’importance de l’autorégulation, de notre capacité à résister, tellement mise à mal à l’heure des médias sociaux et de leurs notifications de tout acabit. En plus, vers la 11e minute, il montre une belle version de la figure bistable de la danseuse, que certains voient tourner dans un sens, et d’autres dans l’autre. Le genre de figure qui sert à étudier les corrélats neuronaux de la conscience, comme j’en ai parlé dans mon dernier club de lecture. Et qui montre qu’il n’y a pas une réalité qui est la même pour tout le monde, mais que chacun projette ou simule ses perceptions à partir de la rencontre entre des stimuli sensoriels (« bottom up« ) et des concepts ou modèles du monde (« top down« ) qu’on a intériorisé tout au long de notre expérience de vie.

Ou encore il y a deux ans ici, quand Moukheiber résume en moins de deux minutes l’importance de renverser la vieille conception du cerveau qui reçoit passivement ses inputs (inspirée de l’ordinateur) par celle de l’organe proactif et prédictif que les sciences cognitives contemporaines décrivent maintenant. Et pour ceux et celles qui débarqueraient sur ce blogue pour la première fois et qui ne m’auraient jamais entendu insister aussi là-dessus, voici ce qu’on peut lire à la page 387 de mon livre :

« L’approche du predictive processing en science cognitive permet de mieux comprendre que nos catégories conceptuelles et les stimuli sensoriels sont en interaction permanente. En d’autres termes, le top-down et le bottom up interagissent constamment. Ce qui fait qu’il ne peut pas exister de frontière étanche entre percevoir et concevoir. Évoquer un concept peut activer plusieurs zones sensorielles et motrices. Et la moindre perception nécessite la mobilisation d’un concept, d’un modèle issu de notre expé­rience qu’on projette sur le monde et qui est notre meilleure supposition dans les circonstances. Notre cerveau produit ainsi continuellement, de manière automatique et inconsciente, des prédictions sur la nature des nouveautés qui se présentent à lui pour essayer de les comprendre, c’est-à-dire pour essayer de les intégrer par analogie dans une catégorie concep­tuelle qu’il connaît déjà. »

On aura sûrement l’occasion de reparler de tout ça ici ou lors de mes clubs de lecture dont je vous présenterai le 12e la semaine prochaine.

P.s.: je ne peux passer sous silence la participation le 11 avril prochain d’Albert Moukheiber à une levée de fonds pour son pays d’origine, le Liban, actuellement sous les bombes de l’armée israélienne, soirée à laquelle participera aussi Samah Karaki, autre excellente vulgarisatrice des neurosciences dont je vous ai déjà parlé, elle aussi d’origine libanaise.

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 30 mars 2026
Quelques antidotes contre les méfaits environnementaux du capitalisme sur la santé

Après un an de rencontres mensuelles, je peux dire que le “club de lecture” de mon livre, Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale, aura été une expérience enrichissante à… tous les niveaux ! Tant pour les échanges avec les gens qui y assistent que pour l’occasion qu’il me donne de continuer mes lectures sur les sujets de chaque rencontre et d’en offrir une synthèse encore un peu plus à jour que dans le livre. Ce fut particulièrement le cas de la 11e rencontre de mardi passé sur les grandes théories contemporaines sur la conscience, présentation qui se trouve maintenant en pdf sur la page du club sur le site web de l’UPop Montréal. Comme toujours, l’enregistrement audio de la conférence sera aussi éventuellement disponible d’ici quelques semaines / mois sur le même site web de l’UPop. Je commence donc aujourd’hui à structurer notre prochaine rencontre qui aura lieu le mercredi 22 avril prochain, à 19h, au bar les Sans-Taverne au Bâtiment 7 (1900 rue le Ber, Montréal). Et en commençant à relire le contenu de cette rencontre peut-être la plus « consistante » du livre, je me rends compte qu’il me faudra encore faire des choix pour ne pas que ça parte dans toutes les directions. Pour aujourd’hui, je tombe sur deux notes qui rejoignent les « conseils santé » qui concluent la rencontre. Des conseils en lien avec une santé pas seulement individuelle mais aussi planétaire, et c’est donc de ça que j’aimerais vous parler  rapidement aujourd’hui. (suite…)

L'émergence de la conscience, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 23 mars 2026
Des clarifications essentielles pour lever un peu la confusion autour de « la conscience »

À chaque fois c’est la même chose. Chaque fois que j’ai eu à travailler sur « le mot en c » (la conscience !), je me fais happer dans quelque chose de plus grand que moi. J’en ressors toujours plus riche de connaissances sur moi-même et les autres, mais aussi un peu ébranlé et en retard sur mes autres « affaires à faire » ! Ce fut le cas lorsque j’ai rédigé le thème sur la conscience dans mon site web, sorti en 2008. Normalement ça me prenait environ 6 mois pour écrire un thème et celui-là m’en avait pris… 16 ! Ensuite pour mon livre je me souviens que ça avait été un effort de synthèse épique pour réussir à en parler en une quinzaine de pages seulement. Et cette fois-ci ne fait pas exception, alors que le club de lecture du bouquin m’amène à revisiter cette 11e rencontre pour vous en parler demain soir, mardi le 24 mars à 19h à l’Espace des possibles de la Petite-Patrie (1052, rue Beaubien Est, Montréal). Depuis trois semaines, j’ai pratiquement mis sur pause toutes mes autres lectures pour préparer convenablement cette soirée. Heureusement, on m’a demandé de présenter sur le même thème en avril et en mai, donc je vais pouvoir « optimiser » ce travail de clarification. C’est d’ailleurs un avant-goût de quelques-une de ces clarifications terminologiques et épistémologiques que je ferai au début de mon exposé que je voudrais vous livrer ce matin en guise de « teaser » du riche contenu que nous allons aborder demain. Parce qu’une bonne part de la confusion qui accompagne généralement les discussions sur « la conscience » viennent du fait, justement, qu’on ne fait pas ces distinctions de base avant d’en parler. Car comme disait le philosophe Daniel Dennett, le problème avec la conscience n’est peut-être pas tant dans « conscience » que dans le « LA » qui précède et qui laisse sous-entendre qu’il s’agirait d’une chose (alors que c’est un processus), ou pire encore, une chose unique (alors que le mot peur renvoyer à plusieurs phénomènes). (suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 16 mars 2026
« Toute est dans toute », de la conscience à l’orientation, en passant par les pratiques alternatives de notation !

C’est rare que je commence par trouver le titre de mon billet avant même de l’avoir écrit, mais c’est le cas ce matin. D’habitude c’est évidemment plutôt à la toute fin où, en considérant l’ensemble du billet, je trouve le titre le plus adéquat, ce qui est beaucoup plus logique comme façon de faire. Mais aujourd’hui j’ai comme un « gut feeling », après avoir lu mes notes éparses de la dernière semaine à partir desquelles je décide sur quoi je vais écrire, que c’est la ligne directrice qui se dégage de ce que j’aurais le goût de vous parler. Alors j’essaie cette forme de « rétro-ingénierie», juste pour voir ce que ça va donner. Après tout, bloguer est pour moi une forme de thérapie, et les associations libres font partie depuis Freud de la boîte à outil de nos explorations intérieures ! Alors bienvenue dans mon cortex associatif du lundi matin… (suite…)

Du simple au complexe, L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 9 mars 2026
Un 11e club de lecture de mon livre consacré uniquement aux grandes théories sur la conscience

Il ne reste que 3 clubs de lecture pour couvrir les 3 dernières rencontres de mon livre « Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale ». Or je me rends compte de la très grande variété des thèmes qui y sont abordés, avec un enchaînement qui fonctionne bien par écrit, mais qui n’est peut-être pas le meilleur pour les présentations orales que j’en fais dans ces clubs de lecture. J’ai donc pris la liberté de remanier ce contenu en le resserrant pour chacune de nos rencontres restantes autour d’un sujet plus circonscrit pour pouvoir s’y plonger véritablement et ne pas trop papillonner ou se disperser. Je n’ai pas encore tout recadré pour la 12 rencontre et l’épilogue, mais pour la prochaine 11e rencontre du mardi 24 mars prochain à 19h à l’Espace des possibles dans La Petite-Patrie (1052, rue Beaubien Est, Montréal), voici ce que ça donne. (suite…)

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