Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






mardi, 12 octobre 2021
Francisco Varela : une pensée vivante

De retour d’une bouffée de belle nature campagnarde durant la journée fériée de l’action de grâce d’hier, je me contenterai cette semaine de vous transmettre l’information sur une autre journée d’étude hommage à la pensée de Francisco Varela que m’a transmis un lecteur (merci Dominique !). Elle a eu lieu à Paris le 28 mai dernier, donc très exactement 20 ans jour pour jour après la disparition prématurée du neurobiologiste chilien le 28 mai 2001.

Je dis « une autre » car en cette année anniversaire de son décès, qui coïncidait aussi avec les 30 ans de son ouvrage phare « The Embodied Mind » coécrit avec Evan Thompson et Eleanor Rosch, d’autres événements hommages dont j’avais parlé ici ont aussi été organisés. Comme cette journée hommage sur Zoom qui a eu lieu le 20 mai dernier au célèbre Centre culturel international de Cerisy. Ou encore le colloque virtuel « Ouroboros 2021: Life and Work of Francisco Varela » avec sa douzaine de conférences sur l’œuvre de Franciso Varela, où l’on entre de façon plus pointue dans les articles de celui qui a grandement contribué à réintroduire le corps et la phénoménologie dans les sciences cognitives modernes.

Ou finalement le colloque international en ligne « L’énaction en perspective et en prospective » qui a eu lieu du 23 au 27 août  dernier organisé par le GRIMTÉ, Groupe de Recherche International et Multidisciplinaire sur les Théories Énactives, affilié à la Faculté des sciences de l’éducation de l’université de Montréal, et où j’ai eu le plaisir de donner l’un des ateliers préparatoires le 16 juin dernier. Intitulé Embodiment et énaction 101, le pdf du Power Point de cette présentation est accessible ici et la vidéo ici). Il s’agissait, comme le titre l’indique, d’une introduction au concept d’énaction et, de façon plus large, de ce qu’on appelle l’embodiment ou la cognition incarnée.

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas Varela, cette entrée en matière permettra sans doute de vous rendre plus accessibles tous les autres événements mentionnés plus haut, y compris, donc, cette journée d’étude hommage à la pensée de Francisco Varela du 28 mai dernier dont je voulais vous parler aujourd’hui. Elle a été organisée par le CRI, un organisme fondé en 2006 et qui est soutenu entre autres par l’Université de Paris. Le CRI cherche à partager et à co-construire de nouvelles manières d’apprendre, d’enseigner et de faire de la recherche. Et ce, autant dans les domaines des sciences du vivant, de l’éducation et du numérique où les idées énactives influencent de plus en plus les pratiques. Et parfois là où on l’attend le moins, comme l’évoque cet extrait de la présentation de la journée :

« Paradoxalement, cette représentation du monde vivant en opposition à la représentation computationnelle de la pensée peut prendre appui sur les outils numériques pour guider notre attention vers des éléments capacitaires de cet environnement hybride réel / virtuel. Cette pensée autopoïétique est fondamentalement vivante, c’est à dire quelle cherche l’atteinte d’un but d’équilibre pour l’individu et non une simple reproduction d’actions. Cette recherche de soi, en acte, par une exploration “directe vécue” demande une pratique “régulière et soutenue. »

Encore une fois, je note la présence à cette journée de quelques figures familières de la cognition incarnée, tel Jean-Philippe Lacchaux dont j’ai déjà couvert les travaux, ou encore Germain Poizat qui était impliqué dans le colloque L’énaction en perspective et en prospective.

Les différentes tables rondes de cette journée hommage à la pensée vivante de Francisco Varela peuvent être visionnées ici et .

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 4 octobre 2021
Les multiples dimensions de la douleur, du moléculaire au social

« Si tu ressens la douleur, tu es un être vivant. Si tu ressens la douleur des autres, tu es un être humain. »  – Léon Tolstoï

 

Je suis tombé par hasard ce matin sur cette citation attribuée à Léon Tolstoï au sujet de la douleur alors que j’ai justement eu une discussion là-dessus hier avec un ami. Et tout de suite après, j’apprends que le prix Nobel de physiologie ou de médecine a été décerné plus tôt aujourd’hui aux Américains David Julius et Ardem Patapoutian, pour leur découverte sur les “récepteurs concernant la température et le toucher”. Et comme Julius a utilisé la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure, pour caractériser un récepteur qui réagit à la chaleur, cet autre lien avec la douleur venait me convaincre d’en faire le sujet de mon billet d’aujourd’hui ! (suite…)

Le plaisir et la douleur | Pas de commentaires


lundi, 27 septembre 2021
À quel moment un ensemble de données devient-ils assez certain pour modifier nos pratiques ?

Aujourd’hui j’aimerais réfléchir avec vous sur la drôle de question qui titre ce billet. Elle m’est venue en voyant passer cet article intitulé L’activité physique est bonne pour la santé mentale des garçons lors de ma revue de presse matinale aujourd’hui. Mon réflexe a été de ne même pas l’ouvrir et de passer à d’autres articles. Un peu comme si le titre avait été « Une étude montre que la Terre est ronde » ! Dans le sens où je me suis dit que l’accumulation des données montrant toujours des effets bénéfiques de l’activité physique sur le corps et le cerveau était telle, que ça ne valait pas la peine de perdre du temps pour lire pour la millième fois la même conclusion. J’en ai d’ailleurs très souvent parlé dans ce blogue, comme en 2013, en 2016, en 2020 ou encore en juin dernier. (suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 20 septembre 2021
L’influence de notre biologie sur nos affinités politiques

Si vous mettez un rat dans une nouvelle cage, il va d’abord avoir peur et rester dans son coin un instant pour voir s’il n’y aurait pas de prédateurs dans les parages. Au bout d’un moment, si tout semble beau, il va se mettre à explorer la cage parce qu’il a un corps à maintenir en vie et que cet impératif le force à explorer son environnement pour trouver ses ressources. Depuis les tout début de la vie, les organismes vivants sont constamment partagés entre les deux mêmes grandes forces qui œuvrent à la conservation de leur structure : la curiosité qui pousse à l’exploration, à la recherche nouvelles ressources d’une part; et d’autre part la prudence et la peur pour éviter les menaces et les dangers. Il y a là un lien avec ce qu’on appelle, dans notre espèce, la politique. En cette journée d’élection au Canada, j’aimerais rappeler quelques études sur les bases biologiques des deux grandes idéologies politiques qui s’opposent plus ou moins tout le temps dans tous les pays et à tous les niveaux de gouvernement, l’idéologie progressiste, ou « libérale » dans le sens général du terme, et l’idéologie conservatrice. (suite…)

De la pensée au langage, Le bricolage de l'évolution | Pas de commentaires


lundi, 13 septembre 2021
L’isolement social long et répété durant la pandémie révèle ses effets désastreux sur les adolescents

Problèmes cognitifs, perte de motivation, troubles d’anxiété, troubles alimentaires, hospitalisation en hausse, les impacts du confinement durant la pandémie sur la santé mentale des jeunes ont été très graves. Très peu relayées par les grands médias qui n’en avait que pour le coronavirus et les mesures sanitaires discutables imposées par le gouvernement Legault, ces « dommages collatéraux » forcent aujourd’hui les pédiatres, psychologues et philosophes à lancer des cris d’alarme tellement le manque de contacts sociaux a fragilisé l’équilibre mental de nombreux jeunes. (suite…)

Les troubles de l'esprit, Non classé | Pas de commentaires