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lundi, 6 décembre 2021
« Redécouverte » des traces d’une autre espèce d’Hominiens ayant côtoyé Lucy

Les plus vieilles traces de bipédie sont associées à l’espèce du fameux fossile de Lucy, Australopithecus afarensis. Une autre espèce ayant laissé d’autres traces, différentes des premières, et datant exactement de la même époque, viennent toutefois d’être authentifiées, si l’on en croit une étude récente qui vient d’être publiée dans la revue Nature.

La lignée humaine s’est séparée de celle des chimpanzés, nos plus proches cousins, il y a au moins 7 millions d’années. Le caractère le plus notable reconnu aux Hominiens (notre lignée) est la bipédie. Bien qu’on ait des preuves indirectes que les plus anciens représentants de notre lignée aient pu marcher debout, du moins sur de courtes distances, la preuve directe la plus ancienne remonte à il y a 3,66 millions d’années. C’est en effet l’âge de la cendre volcanique durcie du site de Laetoli, en Tanzanie, où  Mary Leakey et Richard L. Hay ont découvert en 1978 des traces de pas d’un Hominien marchant debout.

Ils avaient aussi découvert en 1976, non loin de là, un autre site particulièrement riche en empreintes animales de toutes sortes (environ 18 000 !), dont cinq qui semblaient être celle d’un animal marchant debout (à gauche sur la photo ci-dessus). Mais les traces plus larges et leur espacement suggéraient pour plusieurs paléontologues qu’il s’agissait davantage d’un animal de la famille des ours. Et lorsqu’on a découvert les traces de l’autre site en 1978, beaucoup plus convaincantes (à droite sur la photo ci-dessus), ces premières traces découvertes en 1976 sont tombées dans l’oubli.

Jusqu’à ce que l’équipe de Ellison J. McNutt les reconsidère récemment à l’aide de techniques plus modernes comme le scan 3D (l’image en couleur ci-dessous) et en les comparant minutieusement avec les empreintes d’ours vivant aujourd’hui et ayant une taille comparable à celle des empreintes.

Leur étude publiée le 1er décembre dernier et intitulée Footprint evidence of early hominin locomotor diversity at Laetoli, Tanzania ne laisse pas de doute sur leur nature : ces traces semblent bien provenir d’une autre espèce d’Hominidé, différente de celles découvertes en 1978. Il y aurait donc eu, à cette époque, au moins deux espèces d’Hominidés qui aurait vécu en même temps et se seraient possiblement côtoyées. Un peu comme pour Homo sapiens et Homo neandertalis le feront beaucoup plus tard.

On s’accorde pour dire que l’avènement de la bipédie au cours de l’évolution de notre lignée a été l’un des facteurs importants qui a permis par la suite l’expansion du volume cérébral humain (p.139 et suivantes de ce lien). Si l’on en croit cette découverte, il semble donc que plusieurs espèces d’hominidés aient eu cet avantage de départ en même temps.

Le bricolage de l'évolution | Pas de commentaires


lundi, 29 novembre 2021
Des neurones humains différents de ceux des autres mammifères

Je vous ai parlé la semaine dernière de capacités computationnelles insoupçonnées dans les dendrites des neurones pyramidaux de la couche 2/3 du cortex humain. Ces fins prolongements seraient capables, localement, d’intégrer des signaux et même d’effectuer des opérations logiques de base qu’on a coutume d’attribuer au neurone tout entier. L’étude que je voudrais vous signaler cette semaine met aussi en lumière des caractéristiques singulières des neurones du cerveau humain. Ceux-ci seraient ainsi les seuls à ne pas voir leur densité de certains canaux transmembranaires augmenter avec la taille des neurones et du cerveau en général chez les mammifères. Un phénomène susceptible de nous faire économiser de l’énergie. Pourquoi sommes-nous les seuls à nous démarquer ainsi ? Où est alors réallouée cette énergie épargnée ? Une découverte qui, comme souvent, soulève plus de questions qu’elle n’apporte pour l’instant de réponses. (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 22 novembre 2021
Une puissance computationnelle insoupçonnée dans les dendrites des neurones du cortex humain

La science en général, et les neurosciences en particulier, ont le don de provoquer un drôle de sentiment que j’appellerais « découragement-émerveillement ». Il nous envahit par exemple lorsque lisant à propos d’une nouvelle découverte, on se rend compte que celle-ci remet en question tout un pan de la discipline qu’on avait pris longtemps à comprendre. Et en même temps, la nouveauté est si surprenante qu’on ne peut qu’être ébahi devant tant de raffinement. C’est de l’une de ces études publiée récemment dont j’aimerais vous parler en ce lundi matin de novembre, question de bien se réveiller pour commencer la semaine ! En gros, on vient de confirmer que ce ne sont pas les neurones qui sont les unités computationnelles de base du cerveau humain, mais que ce peut être simplement un petit bout de dendrite. Rien que ça… (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 15 novembre 2021
Les jeunes écopent durement de la pandémie et des mesures sanitaires associées

On sait que la Covid-19 a eu plus d’effets négatifs au niveau économique et au niveau de la santé physique chez les populations au statut socio-économique plus bas. Mais qu’en est-il au niveau de la santé mentale et des habiletés cognitives ? J’en ai déjà parlé ici, mais de plus en plus d’études  commencent à sortir là-dessus. Et comme on pouvait s’y attendre, les résultats ne sont pas joyeux. Ainsi, une étude qui vient tout juste d’être publiée dans la revue PNAS indique que les adolescents vivant dans des familles à statut socio-économique bas et ayant eu à transiger avec la Covid-19 voient leurs aptitudes prosociales diminuer de façon plus marquée que les adolescents provenant de familles plus aisées. (suite…)

Les troubles de l'esprit | Pas de commentaires


lundi, 8 novembre 2021
Du nouveau sous le sommeil

Après avoir reculé d’une heure hier (mais pas de quatre ans, les Montréalais.es soulagé.es de l’issue heureuse du « remake » électoral d’hier me comprendront…!) et d’avoir ainsi gagné une heure de sommeil, j’en profite pour simplement mettre à jour aujourd’hui deux phénomènes reliés à ce comportement nocturne apparemment banal mais réellement fascinant. Premièrement notre façon de dormir, en un bloc d’environ huit heures, qui était vraisemblablement scindé en deux blocs de quatre heures avant la révolution industrielle. Et deuxièmement, un taux d’évacuation des déchets métaboliques plus élevé durant le sommeil que durant l’éveil, notamment pour les protéines bêta-amyloïdes qui sont associées à l’Alzheimer (bien que les détériorations cognitives associées « aux Alzheimers » ne se superposent pas toujours bien avec la présence ou l’absence de ce marqueur biologique). (suite…)

Dormir, rêver... | Pas de commentaires