Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






mardi, 21 mai 2024
Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale.

À un mois de son envoi chez l’imprimeur, alors que je suis à fond dans la mise en page avec mes allié.es de chez Écosociété, il est peut-être temps de faire le point sur ce livre dont je vous ai parlé dans mon blogue en tenant son « journal de bord » depuis janvier 2022. Comme j’écris ce billet également pour le public de deux autres plateformes, soit celui d’Éloge de la suite, mon site consacré à la vie et l’œuvre d’Henri Laborit, et de Praxis, un commun numérique québécois, je vais tenter de vous présenter ce projet un peu fou sous sa plus simple expression d’abord, tout en évoquant tout de même ensuite un peu ses ramifications tentaculaires qui plonge dans la complexité du vivant et des sociétés humaines ! Mais je ne pourrai évidemment pas tout couvrir, l’idée étant de présenter le bouquin qui, lui, plonge en détail dans ce véritable tourbillon. Bouquin dont la date de parution est fixé pour le 1er octobre au Québec (le 25 en Europe) et le lancement déjà booké pour le 3 octobre à Montréal !

Donc d’abord son titre, « Notre cerveau à tous les niveaux », et son sous-titre, « Du Big Bang à la conscience sociale », donnent à penser qu’il y a de la place pour dire une couple d’affaires… 😉  Il s’agit en fait de l’intrication de trois livres: un ouvrage de référence sur le cerveau; une histoire des origines de la pensée; et un journal bord d’une dis­cussion politique où l’enjeu n’est rien d’autre que l’avenir de notre espèce.

C’est le récit le plus à jour possible que j’ai pu faire, scientifiquement parlant, sur ce que signifie, aujourd’hui, « être humain ». Un récit que j’ai tenté de rendre accessible à toute personne curieuse qui a le goût de rentrer dans cette complexité grâce à la forme parlée directe des dialogues entre deux amis. Je ne peux pas encore tout dire sur mon précieux collaborateur, ni des lieux où se sont déroulées nos rencontres, mais cela viendra peu de temps avant la sortie du livre, question d’entretenir un petit suspense jusqu’à la fin…

Si j’essaie maintenant de développer un peu, ce livre part du constat que « le gros bon sens » et « la psychologie populaire » qui circulent depuis des siècles et sous-tendent la façon dont on conçoit notre cerveau, notre raison ou nos émotions, expriment une mécon­naissance profonde de ce que les sciences cognitives contemporaines ont à dire sur ce que nous sommes. Il s’inscrit dans une démarche de « Big History », c’est-à-dire qu’il explore la totalité de l’aventure humaine en s’appuyant sur la science la plus à jour de toutes les disciplines pertinentes, en particulier les neurosciences, domaine où j’œuvre comme vulgarisateur scientifique depuis 25 ans. Au fil de mes rencontres avec mon acolyte, j’espère montrer que ces connaissances sur nos comportements ne sont pas que des découvertes scientifiques fascinantes en soi, mais le prérequis à toute transformation sociale véritablement durable et profonde.

Et ces rencontres, il y en eu une douzaine, dont j’avais présenté le sommaire visuel sur mon blogue en mars dernier. Je m’étais alors contenté de ces images, qui évoquent le cœur de chaque rencontre, parce que les titres de chacune d’elles n’étaient pas encore définitifs. Mais maintenant ils le sont, et je vous en fais donc la liste, suivi pour chacun d’eux d’une seule petite phrase qui tente elle aussi de saisir, ou du moins de compléter, l’idée centrale de chaque rencontre.

1ère Rencontre: Le « connais-toi toi-même » de Socrate à l’heure des sciences cognitives

2e Rencontre: De la « poussière d’étoile » à la vie : l’évolution qui fait qu’on est ici aujourd’hui 

3e Rencontre: L’humain découvre la grammaire de base de son système nerveux 

4e Rencontre: La plasticité neuronale à la base de l’apprentissage et de la mémoire

5e Rencontre: Des structures cérébrales reliées en réseaux de milliards de neurones 

6e Rencontre: L’activité dynamique de nos rythmes cérébraux durant l’éveil, le sommeil et le rêve 

7e Rencontre: Cerveau et corps ne font qu’un : l’origine des émotions 

8e Rencontre: Prédire et simuler le monde pour décider quoi faire

9e Rencontre: Le langage : émergence de mondes symboliques communs et tremplin pour la pensée

10e Rencontre: Rationalisation, motivations inconscientes, et cerveau prédictif

11e Rencontre: Where is my mind ? La personne humaine consciente et ses questions existentielles

12e Rencontre: Cultures et institutions sociales : des vieux mondes dystopiques aux utopies concrètes

À vous maintenant de retourner voir les images du sommaire qui vont sans doute prendre plus « d’épaisseur » à la lumière de ces titres, en attendant la mise en page de ceux-ci qui les associera chaque titre à la bonne image dans le livre !

Et pour continuer d’ajouter une dernière couche au contenu du bouquin, je vous propose de le résumer en 12 phrases, qui ne correspondent pas exactement à chaque rencontre, mais qui en suivent la même logique constructive et évolutive.

* * *

Ce livre part d’une question apparemment anodine mais qui nous embarquera pour une grande aventure : d’où nous viennent nos connaissances ?

Car comme on ne peut appréhender le monde qu’avec les sens et le cerveau particulier d’un être humain, il va falloir comprendre d’où vient ce système nerveux en adoptant une approche évolutive qui sera notre guide tout au long de l’ouvrage.

Une approche qui enracine la cognition dans le vivant, dont on ne peut saisir le mode d’organisation qu’en considérant ses nombreux niveaux d’organisation et les propriétés émergentes qui en découlent.

Cet éclairage essentiel sur la pensée humaine permet d’écarter un grand cadre théorique qui a pourtant traversé toute la deuxième moitié du XXe siècle : la métaphore du cerveau-ordinateur qui résout des problèmes grâce à des représentations symboliques du monde manipulées selon des règles.

Ce modèle a montré ses limites qui ont conduit à de nombreux changements de paradigmes qui ont traversé les sciences cognitives depuis deux ou trois décennies.

La cognition est maintenant vue comme quelque chose d’incarné et de situé, c’est-à-dire comme émergeant d’un corps-cerveau en constante interaction dynamique avec son environnement.

Un cerveau qui n’attend pas passivement ses inputs, mais projette constamment sur le monde les meilleures hypothèses basées sur son expérience mémorisée du monde pour expliquer la nature des fluctuations sensorielles qui lui parvient.

Bref, un cerveau prédictif qui génère constamment de l’activité endogène où même les émotions sont considérées comme des prédictions pour expliquer des affects corporels fondamentaux.

Ces révolutions scientifiques ouvrent la voie à une véritable naturalisation des phénomènes humains où, loin du désuet débat nature / culture, c’est le caractère foncièrement bio-social de l’espèce humaine qui est déchiffré ici étape par étape.

En bout de ligne, ce sont des questions comme le libre arbitre, la responsabilité individuelle ou le mérite personnel qui perdent des plumes au profit d’une reconnaissance du contexte et de l’environnement social comme des facteurs déterminants qui vont tirer l’être humain vers le meilleur ou vers le pire.

À partir de là, le capitalisme global dans lequel baigne le monde échoue lamentablement comme mode d’organisation social favorisant le bien-être et l’émancipation de chaque individu.

L’auto-organisation au sens large, qui est une tendance naturelle derrière la complexification de la matière, apparaît alors la voie alternative à suivre, notamment par la création de communs, l’appellation actuelle de tous les modes d’autogestions qui ont traversé l’humanité sans créer les basculements destructeurs vers lesquels le capitalisme nous entraîne.

* * *

En terminant, on m’a demandé combien de temps ça m’a pris pour écrire ce livre. Ça dépend comment on calcule ça. On peut dire 4 ans pratiquement à temps plein pour l’écriture et le travail sur les images plus techniques du livre. Mais comme il est fortement inspiré des séries de cours que je donne un peu partout depuis 2014, on pourrait presque dire aussi que ça fait 10 ans que je l’ai commencé. Et comme ces cours sont le fruit du travail que j’ai commencé avec mon site web « Le cerveau à tous les niveaux », en ligne depuis 2002, ben ce livre est peut-être aussi quelque part le fruit de 20 ans de cogitation sur comment fonctionne cette drôle de bibitte qu’on appelle un être humain !

Je vous laisse donc ici, en vous promettant de vous revenir un peu plus tard sur la forme un peu spéciale de l’ouvrage.

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 13 mai 2024
Quand des reconstitutions spectaculaires des neurones du cortex humain s’invitent à la fin d’un projet de livre

Le problème avec la recherche scientifique, c’est que ça n’arrête jamais. À plus forte raison quand on fait le pari un peu fou de présenter dans un livre l’état d’un vaste domaine de recherche comme les sciences cognitives et son histoire depuis un siècle ! Et donc il peut arriver que tu te retrouves à la toute fin du projet, en train de peaufiner la mise en page, et qu’un ami qui suit de près les publications neuroscientifiques dans les grands journaux (merci Jean-Pierre) te signale une publication majeure dans Science sur la reconstitution, à partir d’image en microscopie électronique, de neurones du cortex humain avec une précision inégalée. Et comme tu te rends compte que c’est l’équipe de Jeff Lichtman à Harvard qui est derrière ces travaux et que tu en as déjà parlé dans ton blogue il y a dix ans, tu te dis, de un, que tu dois en faire un autre billet parce que les images des neurones qu’ils réussissent à produire sont rendues trop spectaculaires (l’image ci-haut représente par exemple un neurone avec 5 600 axones (bleus) qui y font des connexions (en vert)); et de deux, que ce serait formidable d’essayer d’en inclure dans ton livre, au grand dam de ton éditeur qui cherche plutôt à réduire la taille d’un bouquin en question déjà assez costaud merci ! (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 6 mai 2024
Samah Karaki : les neurosciences au service d’un bien-être individuel et surtout collectif

Toujours dans l’achèvement de mon livre pour encore quelques semaines en collaboration avec la précieuse équipe des éditions Écosociété (mise en page, références, index, etc.), je continue cette semaine, comme j’ai fait à plusieurs reprises depuis le début de l’année, à alterner entre le dévoilement de certaines particularités de ce livre et des petits articles sur divers sujets, rapidement rédigés pour me permettre de retourner travailler sur le bouquin dès que possible. Après avoir rendu public la semaine dernière la date du lancement de l’ouvrage le 3 octobre prochain (deux jours après sa parution le 1er octobre au Québec, alors que ce sera le 25 du même mois en Europe), je me conterai donc cette semaine de vous signaler une vidéo en provenance justement de la France. Il s’agit d’un entretien de plus d’une heure et demi avec Samah Karaki, docteure en neurosciences et autrice du livre « Le talent est une fiction : déconstruire les mythes de la réussite et du mérite » (2023). C’est aussi une communicatrice hors-pair des sciences cognitives contemporaines comme me l’a montré l’écoute des vingt premières minutes de cet entretien, l’un des nombreux des nombreux vidéos et podcast où elle est invitée. (suite…)

De la pensée au langage | Pas de commentaires


lundi, 29 avril 2024
Date de lancement de mon livre au Québec, et découverte du « geôlier » de nos neurones

Pour faire suite à mon billet du 1er avril dernier où, à travers d’autres grosses annonces, je dévoilais la date de parution de mon livre exactement six mois plus tard, soit le 1er octobre au Québec (et le 25 octobre en Europe), je peux aujourd’hui vous confirmer la date et le lieu de son lancement. Ce sera donc deux jours après sa parution, soit le jeudi soir 3 octobre 2024 ! Si vous avez un agenda qui se rempli rapidement en début d’automne, vous pouvez donc dès maintenant réserver cette soirée qui promet d’en être… toute une ! Je garde pour un peu plus tard la divulgation du lieu très lié au livre où se déroulera ce lancement. Mais sachez que c’est l’un des endroits autogérés les plus emblématiques de Montréal ! Pour ce qui est d’aujourd’hui, je me contenterai pour les raisons relatives au livre déjà évoquées dans mon billet du 8 avril dernier de vous mentionner simplement un phénomène lié à la plasticité neuronale dont je n’avais jamais entendu parler et qui provient du livre de Stanislas Dehaene « Face à face avec son cerveau » dont je vous parlais dans ce billet d’il y a trois semaines. Un phénomène qu’il a poétiquement nommé « le geôlier » de nos neurones. (suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


lundi, 22 avril 2024
Journal de bord de Notre cerveau à tous les niveaux : Rémy Guenin, l’illustrateur du bouquin !

Ça fait plus d’un mois maintenant que j’ai envoyé mes dernières corrections à l’épilogue de mon livre dont je tiens ici le journal de bord depuis plus de deux ans. Plus d’un mois aussi, donc, que la mise en page de l’ouvrage va bon train. Je suis actuellement dans la gestion des images et des références (on parle de plus de 1500 entrées ici…) et comme plus vite je passe au travers, plus vite on va pouvoir peaufiner la mise en page (avant l’envoi en impression prévue fin juin), et meilleur sera le livre ! C’est pourquoi je me contenterai cette semaine de répondre à la petite énigme que j’avais proposée dans ce blogue le 30 octobre dernier. J’y montrais en effet que la partie supérieure d’un dessin en questionnant son lien avec le livre. Eh bien la voilà au complet cette semaine (voir l’image ci-dessus) ! Il s’agit d’un dessin pris de l’une des nombreuses rencontres avec mon collègue qui servent de toile de fond au contenu du livre. Or ces rencontres, toujours situées dans un lieu différent, ont été croquées sur le vif par un ami commun à moi et mon collègue, l’artiste Rémy Guenin. Il me fait donc grand plaisir de dévoiler cette semaine officiellement la présence inestimable de Rémy dans ce projet. Une présence pas de tout repos (il pourrait vous en parler !) mais inestimable puisque c’est lui qui apporte une grande partie de la facture visuelle de l’ouvrage. (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires