Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 17 janvier 2022
Journal de bord de Notre cerveau à tous les niveaux – #1 : Vue d’ensemble du livre

Pour souligner les 20 ans du Cerveau à tous les niveaux ce mois-ci, j’ai résumé la semaine dernière sa genèse et son évolution, du site web au blogue, et des conférences au livre ! Au livre ? Y’a-t-il un livre associé au Cerveau à tous les niveaux ? Non, pas encore. Mais tout porte à croire qu’il y en aura un quand la Terre aura fait un autre tour autour du Soleil ! Car comme je l’écrivais la semaine dernière, l’arrêt forcé de mes autres activités durant la dernière année et demi m’a permis d’accoucher d’un premier jet de ce qui commence effectivement à ressembler à un livre.

Mais comme tout accouchement, celui-ci ne se fait pas sans douleur ! Que tout cela est complexe et comme je me sens tout petit par moment… Voilà pourquoi de longs mois de relecture, de vérifications et d’améliorations de toutes sortes m’attendent. Mais en même temps, comme je suis pas mal tout le temps là-dedans, que ça me suscite toutes sortes de réflexions par rapport aux comportements humains, et que plus d’un an avant de vous les partager c’est long, eh bien j’ai pensé faire un « journal de bord » associé à la création du livre. Une sorte de « making of », pour employer une analogie cinématographique…

En fait ce n’est pas moi qui y ai pensé tout seul, mais un ami ex-éditeur qui me l’a suggéré (Merci David Widgington!). Une façon de sortir de la solitude de l’écriture et de commencer à faire exister cet « artéfact d’une autre époque », qui a néanmoins encore bien des qualités ! En tout cas, quand je regarde le catalogue des Éditions Écosociétés où ce livre sera publié, je me mords les doigts de ne pas avoir plus de temps pour plonger dans tant d’ouvrages intéressants et critiques sur les grands enjeux sociaux actuels. Que viendra faire un livre sur le cerveau dans tout ça ? Peut-être rappeler qu’en-dessous du crâne de chaque acteur social, il y a justement un cerveau. Et que son mode de fonctionnement, ses biais et prédispositions ne sont peut-être pas étrangers aux problèmes sociaux auxquels nous faisons face.

Car il s’agit d’un livre grandement inspiré du cerveau À TOUS LES NIVEAUX, ne l’oublions pas ! 😉 Donc avec un souci constant qui traverse tout l’ouvrage de montrer ce qui lie le moléculaire au cellulaire, qui devient le neuronal dans le cerveau, puis des circuits de milliers de neurones, puis des structures cérébrales avec des millions de neurones, puis des réseaux cérébraux avec des milliards de neurones, puis ces milliards de neurones (et autant de cellules gliales) qui sont connectées au corps entier par tous les grands systèmes avec lesquels ils communiquent en permanence, et enfin ces cerveaux-corps qui interagissent avec leur environnement et avec d’autres individus pour former des familles, des communautés, des quartiers, des villes, des provinces, des états, et cette humanité… dont l’histoire est maculée de sang et de souffrances sans nom. Mais aussi de partage, de coopération, d’entraide et de bonheur partagé.

C’est donc à partir de ce « grand bout de la lorgnette » que nous nous sommes rejoint, David Murray et moi, à travers les bières qu’on a prises ensemble aux six mois pendant des années comme je l’évoquais la semaine dernière. Ami de longue date devenu éditeur chez Écosociété, tout cela est un peu de sa faute ! (voilà déjà ma parade pour m’enlever de la pression, désolé David… ;-P )  Car c’est suite à ces rencontres stimulantes que j’ai finalement trouvé l’approche qui me motivait suffisamment pour me lancer dans cette grande aventure. Parce que des livres sur le cerveau, il s’en écrit quand même pas mal. J’ai donc cherché pendant longtemps un angle ou une forme originale, un peu comme l’idée des deux boîtes de navigation par niveaux du Cerveau à tous les niveaux qui lui donne sa signature unique. Un pari risqué, et qui demandait une couche de travail de plus comme je l’expliquais la semaine dernière. Mais un pari au final réussi, même si j’en ai douté au début. Comme actuellement pour la forme du livre. Mais j’aime les paris, les audaces, les formes à inventer… « Le chemin se fait en marchant », disait aussi le poète Antonio Machado, souvent cité par Francisco Varela pour décrire l’énaction, une approche incarnée de la cognition à laquelle ce livre fait la part belle.

Voilà donc pourquoi j’ai décidé de me lancer là-dedans, parce que la forme particulière de cet ouvrage m’amène l’excitation et le plaisir nécessaire pour mener à bien une telle entreprise. Mais de cette forme, vous n’apprendrez pas grand-chose en lisant ce journal de bord : il faut bien que je garde un petit suspense pour la sortie du livre !  (tu vois David que je ne suis plus tout à fait aussi nul qu’avant côté marketing… ;-P )

Je m’en servirai plutôt pour vous parler des difficultés inhérentes et des  questionnements que suscitent une telle aventure. Mais quelle est-elle au juste, cette aventure ? De quoi ça parle ce foutu bouquin ? (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 10 janvier 2022
Les 20 ans du Cerveau à tous les niveaux : du site web au blogue, des conférences au livre !

J’avais prévu écrire ce billet il y a plusieurs semaines. Et puis il y a eu cette 5e vague qui est venue encore une fois nous compliquer la vie et nous saper le moral. Alors je me suis demandé si ce billet était encore approprié dans les circonstances… Et puis je suis tombé vendredi dernier sur ce beau texte de Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, qui se terminait ainsi :

« Il faut certes continuer de nous protéger : santé physique, mais aussi santé mentale. Il ne faut pas cesser de vivre : il faut bouger, prendre l’air, parler à celles et ceux qu’on aime, se détendre, s’amuser, être indulgents pour nous-mêmes comme pour nos proches, développer une tolérance à l’incertitude. Et surtout, surtout, rappelons-nous que tout ça aura une fin. Même si, en temps de crise, tout paraît urgent, je préfère, à l’instar d’Edgar Morin, me rappeler qu’« à force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on oublie l’urgence de l’essentiel ». »

C’est dans cet esprit que j’ai finalement écrit ce billet. Car si l’on espère que 2022 sera enfin l’année où l’on pourra sortir de ce brouillard pandémique, il est déjà clair pour moi que ce sera en tout cas une grosse année du côté de mon travail en vulgarisation scientifique. À commencer par le 20e anniversaire de ce site web que je souligne donc aujourd’hui ! Et en allant, de plus en plus au cours de l’année, vers la réalisation d’un artéfact d’une autre époque dont je vous parle un peu plus bas…

Le site web

C’est donc il y a exactement 20 ans, en janvier 2002, que je commençais à construire le site Le cerveau à tous les niveaux ! Quelques mois plus tard je publiais le premier thème intitulé « Du simple au complexe », avec un sous-thème sur l’anatomie et un autre sur les fonctions des cinq niveaux d’organisation que j’avais défini pour le site, soit le moléculaire, le cellulaire, le cérébral, le psychologique et le social. Et pour chacun je déclinais l’information en trois niveau d’explication : débutant, intermédiaire et avancé (cliquez ici pour agrandir le poster qui détaille tout ceci). C’était la contrainte que je m’étais donnée, celle d’inclure dans la navigation même du site un dispositif interactif pour que les gens puissent explorer leur cerveau « à tous les niveaux ». L’idée était bonne, je crois, car on m’écrit encore aujourd’hui pour me le signifier. Mais je m’étais en même temps embarqué dans une galère dont je ne soupçonnais pas l’ampleur… (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 13 décembre 2021
Les « vrai ou faux » sur le cerveau : souvent il y a du vrai dans le faux et du faux dans le vrai !

Les Sceptiques du Québec sont un organisme basé à Montréal dont le principal objectif est de promouvoir la pensée critique et la rigueur scientifique dans le cadre de l’étude d’allégations de nature pseudoscientifique, religieuse, ésotérique ou paranormale. Plus largement, les Sceptiques souhaitent faire progresser un débat factuel et rationnel sur divers enjeux de société, entre autres par des conférences mensuelles (le 13 de chaque mois !) qu’ils offrent depuis près de vingt ans. C’est dans ce cadre qu’on m’a invité à y causer cerveau ce soir à 19h. J’avais accepté dans l’espoir de donner cette conférence en présentiel mais ce ne sera malheureusement pas le cas et cette présentation aura lieu à distance, par Zoom (ce qui en facilitera toutefois l’accès aux gens loin de Montréal). Son titre sera le même que celui de ce billet, et je retranscris d’abord ci-dessous son résumé. (suite…)

Du simple au complexe | Comments Closed


lundi, 6 décembre 2021
« Redécouverte » des traces d’une autre espèce d’Hominiens ayant côtoyé Lucy

Les plus vieilles traces de bipédie sont associées à l’espèce du fameux fossile de Lucy, Australopithecus afarensis. Une autre espèce ayant laissé d’autres traces, différentes des premières, et datant exactement de la même époque, viennent toutefois d’être authentifiées, si l’on en croit une étude récente qui vient d’être publiée dans la revue Nature. (suite…)

Le bricolage de l'évolution | Comments Closed


lundi, 29 novembre 2021
Des neurones humains différents de ceux des autres mammifères

Je vous ai parlé la semaine dernière de capacités computationnelles insoupçonnées dans les dendrites des neurones pyramidaux de la couche 2/3 du cortex humain. Ces fins prolongements seraient capables, localement, d’intégrer des signaux et même d’effectuer des opérations logiques de base qu’on a coutume d’attribuer au neurone tout entier. L’étude que je voudrais vous signaler cette semaine met aussi en lumière des caractéristiques singulières des neurones du cerveau humain. Ceux-ci seraient ainsi les seuls à ne pas voir leur densité de certains canaux transmembranaires augmenter avec la taille des neurones et du cerveau en général chez les mammifères. Un phénomène susceptible de nous faire économiser de l’énergie. Pourquoi sommes-nous les seuls à nous démarquer ainsi ? Où est alors réallouée cette énergie épargnée ? Une découverte qui, comme souvent, soulève plus de questions qu’elle n’apporte pour l’instant de réponses. (suite…)

Du simple au complexe | Comments Closed