Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 25 janvier 2021
« L’école des profs » toujours active, même en temps de pandémie !

Crédit image : M.C. Escher

J’ai présenté mercredi dernier une conférence d’une heure en ligne dans le cadre de mes « Écoles de profs », ces perfectionnements en sciences cognitives que je donne surtout aux professeurs de cégep du Québec. Je vous en parle aujourd’hui pour deux raisons : d’abord pour vous en signaler le contenu accessible comme toujours en pdf sur le site, et aussi pour rappeler que cette activité peut se tenir en ligne et que je suis plus que disponible pour en donner dans les mois qui viennent !

Le sujet proposé par des profs de philo du collège de Maisonneuve à Montréal tournait autour des  « théories contemporaines de l’esprit ». Cela m’a permis de faire une petite synthèse de différents éléments de contenu que j’avais accumulé au fil des ans sur la question et qui se retrouvent donc dans la présentation Cerveau, corps, conscience et environnement : l’apport des sciences cognitives accessible directement en suivant ce lien.

L’approche chronologique couvre assez large : de Platon et Descartes à la cognition incarnée et sa variante énactive, en passant par un rapide survol des grands paradigmes du XXe siècle en sciences cognitives. En termes de plan, ça se déclinait en trois parties principales :

1) Des théories philosophiques sur la nature de la conscience

– Quelques grands paradigmes matérialistes des sciences cognitives depuis un siècle

2) L’apport des neurosciences : clarifications terminologiques et épistémologiques

3) Les sciences cognitives incarnées :

– Autonomie
– Couplage sensori-moteur
– Sense-making
– Quatre conséquences à ce sense-making énacté

La 3e et dernière partie étant inspirée d’une autre formation d’une heure donnée début décembre à des professionnel.les soignant.es en psychiatrie de l’université de Sherbrooke et intitulée L’approche énactive et la psychiatrie.

Conçues depuis 2014 pour être donnée évidemment « en présentiel » souvent sur une demi-journée ou une journée entière, ces présentations à la carte peuvent aussi se donner en Zoom dans les circonstances actuelles. Elles permettent à des profs de biologie, de psychologie, de soins infirmiers, mais aussi comme récemment de philosophie ou de psychiatrie, de se mettre un peu à jour en ce qui concerne les avancées récentes dans le vaste domaine des sciences cognitives. J’ai peine à suivre cette effervescence avec mes billets de blogue hebdomadaires, alors imaginez un prof à temps plein avec plusieurs groupes au cégep ! C’est d’ailleurs comme ça que je justifie un peu cette petite « longueur d’avance » que j’essaie de leur faire partager.

Alors que vous soyez une dizaine ou une trentaine, du même département ou de disciplines variées (ce qui ajoute souvent à la richesse des échanges), n’hésitez pas à me contacter pour discuter de vos besoins. Il me fera plaisir de créer pour vous des présentations sur mesure à partir du travail de recherche continuel que je suis appelé à faire pour les billets hebdomadaires de ce blogue depuis plus de dix ans maintenant. Merci, donc, de signaler cette offre à toute personne susceptible d’être intéressée!

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 18 janvier 2021
Une devinette sur la mémoire humaine

La semaine dernière, je rappelais qu’on ne dit jamais assez à quel point notre cerveau est plastique, que l’on peut durant toute notre vie renforcer nos synapses qui forment l’engramme de nos apprentissages. Et que cette conception des choses amène une meilleure attitude devant les difficultés d’apprentissage et les erreurs puisqu’elles deviennent alors autant d’occasions d’améliorer nos conceptions et nos idées sur le monde. Or il y a une petite devinette que j’aime poser lorsque je fais des présentations sur la plasticité neuronale et la mémoire humaine. Je crois ne jamais avoir eu l’occasion de la faire sur ce blogue, alors je vous la propose cette semaine.

À quoi associez-vous votre mémoire parmi les 4 choix suivant : 1) à une immense bibliothèque où sont rangés tous nos souvenirs ? 2) à un disque dur d’ordinateur où les données sont stockées en code binaire avec des 0 et des 1 ? 3) à une commode avec plein de tiroirs qui renferment autant de souvenirs ? 4) Au jeu du téléphone arabe où l’on se chuchote une phrase qui finit par être déformée après plusieurs personnes ? (suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


lundi, 11 janvier 2021
Faire l’effort d’apprendre de ses erreurs

C’est aujourd’hui que les enfants québécois du primaire retournent à l’école. Ils vont cependant le faire dans des classes qui, malgré le discours rassurant du ministre de l’éducation, sont souvent encore mal ventilées. Et ce, alors même qu’était publié la semaine dernière une lettre ouverte de 363 experts canadiens avec l’appui d’experts internationaux et d’autres professionnels implorant les décideurs de s’attaquer de front à la transmission de la COVID-19 par les aérosols en suspension dans l’air des espaces mal ventilés avec une forte densité de personnes, ce qui correspond malheureusement assez bien à nombre de classes de nos écoles primaires. Tout cela dans le climat anxiogène de la pandémie accentué récemment par le couvre-feu imposé par un gouvernement très prompt à faire porter le blâme sur les individus, avec la fragilisation de la santé mentale de plusieurs qui s’ensuit, que de reconnaître ses propres cafouillages (par exemple sa position pas si lointaine pour le moins assez tiède sur le port du masque, pourtant déjà reconnu à l’époque comme la mesure barrière numéro un). (suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


lundi, 21 décembre 2020
Un ebook gratuit sur le cerveau et l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle gagnerait à s’inspirer davantage du cerveau. C’est du moins la conviction de Matthieu Thiboust, auteur du ebook « Insights from the brain : The road towards Machine Intelligence » sorti en avril dernier. Thiboust est chercheur en intelligence artificiel (IA). Fasciné par les neurosciences, il s’est tapé livres après livres sur le sujet pendant des mois et en a fait une synthèse fort bien présentée dans ce ebook gratuit (mais en anglais) destiné à ses collègues. Il voudrait en effet que davantage de ceux-ci s’intéressent plus directement aux avancés de nos connaissances sur le cerveau pour s’en inspirer dans leurs travaux. Comme il le dit lui-même, l’évolution a eu des millions d’années pour explorer ce qui marche et ce qui ne marche pas en termes de réseaux capables d’apprendre et de raisonner. L’IA peut donc faire ses propres essais et erreurs (ce qui pourrait être long…), mais elle peut aussi s’inspirer de l’organisation neuronale dans notre cerveau (et probablement avancer plus vite ainsi). C’est de toute façon ce que fait depuis des décennies l’approche connexionniste de l’apprentissage machine (« deep learning »), avec justement des succès assez remarquables. Mais Thiboust tente de montrer que d’autres intuitions pourraient sans doute surgir si la communauté de l’IA regardait davantage du côté des neurosciences. C’est en tout cas le travail remarquable qu’il a de son côté réalisé dans cet ouvrage. (suite…)

Du simple au complexe, L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 14 décembre 2020
Percée majeure dans notre compréhension du repliement des protéines

Le 30 novembre dernier, les résultats d’une compétition de prédiction de la structure des protéines appelée « CASP » (Critical assessment of structure prediction) ont été rendus publics. À chaque deux ans, une centaine d’équipe dans le monde tentent de découvrir à l’aide de logiciels la structure tridimensionnelle de certaines protéines que l’on a réussi à identifier par d’autres moyens expérimentaux. Depuis 2006, les taux de succès de ces logiciels oscillaient entre 30 et 40%. Puis, en 2018, le logiciel AlphaFold de la branche Deep Mind de Google, qui utilisent les réseaux de neurones artificiels (le fameux « deep learning »), a fait une entrée fracassante dans la partie avec un taux de succès de près de 60% ! C’est la même approche que Deep Mind avait déployé dans son logiciel AlphGo qui avait battu en 2016 le champion du monde du jeu de Go. Or les performances d’AlphaFold(2), la version 2020 du logiciel, lors de la compétition de cette année marquent, selon certains, un tournant majeur dans l’un des plus grands défis de la biologie puisque le logiciel a décrit la structure tridimensionnelle des protéines avec un taux de succès médian de 92% pour l’ensemble des protéines soumises et de 87% pour les protéines dont la structure était jugée comme étant particulièrement difficile à résoudre ! Est-ce le début d’une nouvelle ère ? C’est ce qu’affirment en tout cas certaines personnes qui travaillent dans le domaine. (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires