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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 30 janvier 2023
Journal de bord de notre cerveau à tous les niveaux : les trop méconnues cellules gliales. Partie 2, les oligodendrocytes.

Étant toujours dans la phase de relecture finale de mon livre jusqu’à la fin du printemps, je poursuis aujourd’hui le «journal de bord» de ce projet avec la stratégie expliquée il y a deux semaines pour raccourcir un ouvrage actuellement trop long, c’est-à-dire transformer certains encadrés du livre en billets de blogue. Le livre entretenant déjà des rapports étroits avec le site web Le cerveau à tous les niveaux et son blogue grâce à différents renvois, cette conversion ne fait donc qu’étendre une approche déjà présente depuis le début du projet. Je poursuis donc aujourd’hui le « nettoyage » du chapitre 3 avec le deuxième morceau enlevé au sujet des fonctions de deux types de cellules gliales très importantes dans le cerveau. Après les astrocytes la semaine dernière, voici donc un bref aperçu de quelques caractéristiques des oligodendrocytes.

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Les oligodendrocytes sont donc ces cellules gliales dont la membrane cellulaire s’enroule autour des axones pour former la gaine de myéline qui les entoure chez de nombreux neurones. Cette gaine de myéline produite par les oligodendrocytes ne couvre pas entièrement l’axone mais en laisse de petites sections à découvert. Ces petits bouts d’axone exposés s’appellent les nœuds de Ranvier. La gaine de myéline accélère la conduction nerveuse parce que le potentiel d’action saute littéralement d’un nœud de Ranvier à l’autre : il n’a pas le choix, c’est seulement à cet endroit que les échanges ioniques qui produisent le potentiel d’action peuvent avoir lieu. On parle alors de « conduction saltatoire », c’est-à-dire qui saute d’un nœud à l’autre, par opposition à la propagation continue beaucoup plus lente qui survient dans les axones non myélinisés.

On a estimé que la vitesse de l’influx nerveux pouvait être des dizaines de fois, et même jusqu’à 100 fois plus rapide dans les axones myélinisés. Un exemple concret ce serait le corps calleux, ce gros faisceau d’axones qui relie nos deux hémisphères cérébraux, et que les influx nerveux traversent en 150 à 300 millisecondes dans les axones non myélinisés et seulement en 30 millisecondes dans les fibres myélinisées.

Dans les nerfs périphériques et la moelle épinière, c’est un autre type de gliale, les cellules de Schwann, qui produisent la myéline et qui vont myéliniser les axones où la vitesse de l’influx nerveux doit être rapide, comme dans ceux qui forment les nerfs produisant la contraction des muscles qui nous font bouger.

Ce qui est particulier avec la « myélinisation » des axones, c’est qu’elle se termine très tard durant le développement : pas avant le milieu ou la fin de la vingtaine ! En plus, ce sont les axones de la partie frontale du cerveau qui sont parmi les derniers à être myélinisés. Comme c’est une région globalement importante pour la régulation et l’inhibition des impulsions comportementales, plusieurs pensent que c’est relié aux capacités plus limitées de contrôle de soi durant l’adolescence.

Le lien étroit entre l’axone et sa gaine de myéline est aussi évident chez les personnes atteintes de sclérose en plaques où des cellules du système immunitaire attaquent la gaine de myéline, entraînant non seulement des troubles de conduction dans l’axone démyélinisé, mais aussi l’altération et la destruction des axones. Beaucoup d’études ont aussi montré une baisse d’oligodendrocytes dans plusieurs régions cérébrales des patients schizophrènes.

Et c’est sans doute loin d’être la fin des découvertes sur l’importance de la myélinisation qui ne s’achève sans doute jamais complètement à la fin de la vingtaine, finalement. En fait, comme la formation des synapses ou même de nouveaux neurones dans certaines parties du cerveau, elle demeurerait un processus dynamique durant une bonne partie de notre vie. Un processus sensible à ce qui se passe dans notre environnement, et qui semble de plus en plus impliqué dans l’apprentissage et la grande plasticité de notre cerveau. Comme plusieurs expériences le montrent, la myélinisation peut varier en fonction de l’utilisation des voies neuronales. Elle pourrait ainsi en venir à mieux ajuster la vitesse de conduction pour que les influx nerveux provenant de différents axones arrivent de façon plus synchrone sur un même neurone. Avec tous les effets de sommation spatiale et de plasticité synaptique que cela peut déclencher.

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lundi, 23 janvier 2023
Journal de bord de notre cerveau à tous les niveaux : les trop méconnues cellules gliales. Partie 1, les astrocytes.

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Comme je l’expliquais la semaine dernière, je continue le «journal de bord» de l’écriture de mon livre dont je suis dans sa phase de relecture finale jusqu’à la fin du printemps. Et comme il est actuellement trop long, on a décidé de retirer certains encadrés donnant des compléments d’information dans le livre et de les transformer en… billets de blogue ! Le livre entretenant déjà des rapports étroits avec le site web Le cerveau à tous les niveaux et son blogue grâce à différents renvois, cette transformation de certains encadrés en billets de blogue ne fait donc qu’étendre une approche déjà présente depuis le début du projet. J’entame donc aujourd’hui le « nettoyage » du chapitre 3. Les deux morceaux enlevés détaillent un peu différentes fonctions de deux types de cellules gliales très importantes dans le cerveau : les astrocytes, dont on va parler aujourd’hui, et les oligodendrocytes, la semaine prochaine. (suite…)

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lundi, 16 janvier 2023
Journal de bord de notre cerveau à tous les niveaux : la relation circulaire entre les gènes et le métabolisme

Comme je l’évoquais dans mon billet de la semaine dernière, je compte alimenter encore dans les mois qui viennent mon « journal de bord » de l’écriture de mon livre qui entre dans sa phase de relecture finale. Et l’une des choses qu’on savait déjà depuis longtemps mais que j’ai dû m’avouer officiellement récemment, c’est que c’est beaucoup trop long ! Je ne vous dirai pas le nombre de page qu’il fait actuellement de peur de vous effrayer, et n’évoquerai que vaguement les plusieurs centaines de pages de notes avec lesquelles je commençais à écrire chaque chapitre (et il y en a 12, plus prologue et épilogue…), mais il eut tout un travail de synthèse à faire pour arriver à la version actuelle qui est, donc, encore trop longue. Que faire alors ? Enlever des phrases pas essentielles ici et là ? À ce rythme, je n’y arriverai jamais… Il me fallait enlever carrément quelques « gros morceaux » par chapitre pour espérer voir le nombre de page diminuer substantiellement, la force d’un bras humain pour tenir un livre ayant ses limites… Chaque chapitre comportant plusieurs encadrés venant donner certains compléments d’information, on a donc décidé d’en retirer certains et de les transformer en… billets de blogue ! (suite…)

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lundi, 9 janvier 2023
Journal de bord de notre cerveau à tous les niveaux : épilogue avec Carl Sagan et un aperçu de 2023 !

Pour commencer cette année 2023, je vais « boucler la boucle » de l’aperçu des chapitres de mon livre commencé dans ce « journal de bord » il y a exactement un an, en janvier dernier. Un livre qui pourrait, si tout se passe bien, se retrouver entre vos mains également à pareille date… l’année prochaine ! J’entre donc dans l’année « sprint final » de ce gros projet commencé à la fin du printemps 2020, alors que la pandémie me faisait perdre à peu près tous mes contrats de conférences et « d’École des profs« . Après un an et demi d’écriture, alors que l’ouvrage prenait forme et que je comprenais que j’en aurais encore pour aussi longtemps à réécrire le tout, je lançais donc l’année dernière, dans la foulée du 20e anniversaire du Cerveau à tous les niveaux, ce « journal de bord » où, une fois par mois, je vous ai donné des nouvelles de l’avancement de ma révision des chapitres un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze et douze. Or cette mécanique céleste derrière la succession des années que l’on vient de souligner collectivement, j’y fais allusion dans l’épilogue de mon livre. C’est donc une réflexion inspirée d’un texte célèbre mais aussi de l’ensemble du parcours que l’on aura fait dans le bouquin, du Big Bang à la conscience humaine, que je vous livre aujourd’hui. Je conclurai ensuite brièvement avec un aperçu de ce qui vous attends sur ce blogue dans les mois à venir. (suite…)

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lundi, 19 décembre 2022
Journal de bord de notre cerveau à tous les niveaux : une approche intégrative de la psychiatrie inspirée de l’énaction

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Pour ce dernier billet de 2022, on termine l’année avec le « journal de bord » de mon livre inspiré par son dernier chapitre, le douzième. Un journal, je vous le rappelle,  commencé en janvier dernier dans la foulée du 20e anniversaire du Cerveau à tous les niveaux et qui donne un aperçu de l’avancement d’un livre commencé au printemps 2020, suite à la perte de mes contrats de conférencier à cause de la pandémie. Donc après les chapitres un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix et onze, voici une petite réflexion en lien à la fois avec l’une des nombreuses thématiques de mon douzième chapitre, et à la fois avec le billet de la semaine dernière intitulé : « La baisse du taux de sérotonine comme cause de la dépression : la fin d’un paradigme?« . Ce chapitre 12 essaie, entre autres, de suggérer de meilleures alternatives au niveau de nos institutions politiques, scientifiques et, dans le cas qui nous intéresse ici, médicales. En allant par exemple vers un changement de paradigme souhaitable en médecine qui nous ferait passer d’une approche réductionniste et interventionniste à une approche préventive et intégrative centrée sur la personne, particulièrement en ce qui concerne les troubles psychiatriques. (suite…)

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