Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 20 juin 2016
Reconsidérer les fondements des sciences cognitives (suite et fin)

Nous concluons cette semaine le résumé amorcé la semaine dernière de la présentation faite par le Dr. Paul Cisek le 17 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre des rencontres CRISCo. Il s’agit donc de quelque chose d’un peu plus long que d’habitude qui s’inspire des capsules du Cerveau à tous les niveaux, c’est-à-dire une tentative de synthèse plus vaste d’un programme de recherche.

Nous avions donc terminé, la semaine dernière, en montrant que plusieurs problèmes classiques en sciences cognitives (l’ancrage des significations, la perception consciente, etc.) devenaient beaucoup plus simples si l’on considérait nos perceptions comme des occasions d’agir (des « affordances ») et la plupart de nos représentations comme pragmatiques plutôt que symboliques. J’aimerais maintenant donner un aperçu de l’« Affordance competition hypothesis », de Paul Cisek et ses collègues, qui est un modèle de la prise de décision inspiré de ces repréesentations pragmatiques.

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Un organisme vivant situé dans un environnement a constamment devant lui des « occasions d’actions ». Comment décide-t-il à tout moment du prochain comportement qu’il va exécuter ? La question de la décision a traditionnellement été posée dans le cadre de l’approche computationnelle comme une résolution de problème, l’exemple paradigmatique étant peut-être celui du jeu d’échecs.

Comment décide-t-on du prochain coup aux échecs ? Constatons d’abord que ce type de « problème » à résoudre par un raisonnement rationnel nécessitant une longue délibération n’est pas le type de décisions que nous prenons le plus souvent dans une journée et que nos ancêtres ont eu à prendre constamment durant notre longue évolution. Celles-ci s’apparentent beaucoup plus à un choix entre prendre cette pomme-ci ou cette pomme-là, attaquer ce groupe de zèbres ou celui-là, ou simplement passer à droite ou à gauche de cet arbre devant nous.

S’inspirant de processus de haut niveau plutôt minoritaires et récents en termes évolutifs comme les décisions aux échecs, le modèle classique d’une prise de décision peut se décliner comme suit : d’abord la consultation des informations mémorisées pertinentes –> puis le choix d’une option adéquate (la décision) –> et finalement la planification d’une action qui va ensuite être exécutée par le système moteur (vu ici comme un simple effecteur corporel de l’action). C’est aussi ce qu’on pourrait appeler le modèle « neuro-économique » de la prise de décision, avec un calcul des coûts – bénéfices, des risques encourus, une simulation mentale des conséquences possibles, etc.

Le problème, c’est que cela ne correspond pas aux données que l’on observe. Simplement parce qu’on ne peut pas généraliser la prise de décision à partir de processus de si haut niveau bien trop récents évolutivement parlant pour avoir ce pouvoir explicatif global. Il faut donc revenir à la pomme (j’allais dire d’Adam…) et aux… lions ! (Lire la suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


Jeudi, 9 juin 2016
Reconsidérer les fondements des sciences cognitives

Voilà un titre pour le moins accrocheur. C’était celui d’une présentation faite par le Dr. Paul Cisek le 17 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre des rencontres CRISCo. Je me suis donc fait accrocher et j’y suis allé, sans savoir que cet événement allait m’amener à écrire un billet un peu différent de ce que j’ai l’habitude de faire sur ce blogue.

Ce que vous allez lire n’est donc pas, comme d’habitude, un court texte présentant une étude récente, mais plutôt quelque chose de semblable aux capsules du Cerveau à tous les niveaux, c’est-à-dire une tentative de synthèse plus vaste d’un programme de recherche. Le billet sera ainsi plus long et agrémenté de plus d’images pour aider à en faire comprendre certains concepts qui correspondent peut-être plus au niveau avancé du Cerveau à tous les niveaux. Mais rassurez-vous, l’été s’en vient et il y aura des billets estivaux plus faciles à digérer bientôt !

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Partons donc de la conférence de Paul Cisek et de son titre : reconsidérer les fondements des sciences cognitives (tout cela se passait en anglais et toutes les traductions sont donc de moi…). Quels sont ces « fondements » et d’où viennent-ils ? De très loin, en fait. D’aussi loin que Platon ou Descartes selon plusieurs, dont Cisek. (Lire la suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


Lundi, 6 juin 2016
Quand changer de pièce nous fait oublier ce qu’on allait y faire

Parmi tous les effets qui ont reçu un nom particulier (effet placebo, effet McGurk, effet Coolidge, etc.), le « doorway effect » est l’un des plus familiers et à la fois des plus surprenants (je ne connais pas de traduction française…). On a tous vécu cela : on est dans une pièce de notre maison, on pense à un truc à faire, on se déplace dans une autre pièce et, arrivé là, on se demande ce qu’on est venu y faire ! (Lire la suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


Mardi, 24 mai 2016
La métaphore cerveau / ordinateur : « petite » controverse récente…

Ceci n’est pas un billet de blogue. C’est plutôt une tentative de justification de l’absence de billet qui s’est transformée en leçon d’humilité sur la complexité des débats en sciences cognitives. Explications (évidemment).

Tout cela a commencé par la rébellion des Patriotes au Québec en 1837-38… ;-) En effet, pour nos lecteurs et lectrices de la francophonie hors Québec, c’était hier jour férié au Québec pour commémorer ces événements tragiques. (Lire la suite…)

De la pensée au langage | Pas de commentaires


Lundi, 16 mai 2016
Réfléchir sur le raisonnement et l’apprentissage à Montréal

Dans les prochaines semaines se tiendront à Montréal deux événements d’envergure internationale sur les sciences cognitives. D’abord l’école d’été de l’Institut des sciences cognitives de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), dont on a ici souvent suivi les activités. Pour sa sixième édition qui se tiendra du du 20 juin au 1er juillet prochain, c’est sur la question du raisonnement que se pencheront plus d’une cinquantaine de chercheur.es (en anglais, étant donné la nature internationale de l’événement). (Lire la suite…)

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