Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 22 août 2016
La cognition incarnée : 14 cours à l’UQAM et sur ce blogue cet automne

J’avais déjà mentionné ici il y a deux mois que je donnerai cet automne à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) un cours sur la « cognition incarnée », c’est-à-dire le rapport de la cognition avec non seulement son substrat neuronal, mais également avec le reste du corps ainsi que l’environnement dans lequel ce corps-cerveau évolue.

Si je vous en reparle aujourd’hui, c’est parce que j’ai décidé d’utiliser ce cours pour faire quelque chose d’un peu différent sur ce blogue durant la session d’automne : essayer de vous résumer le lundi le cours que je vais donner deux jours plus tard le mercredi soir de 18 à 21h ! L’idée étant de rendre accessible aux gens loin de Montréal ce parcours auquel je consacrerai la majorité de mon temps cet automne. Et aussi, question de joindre l’utile à l’agréable, de me sauver du travail en m’évitant de faire des recherches supplémentaires sur d’autres sujets pour mes billets de blogue hebdomadaires…  ;-)

Je reproduis ci-dessous la présentation du cours que j’ai écrite sur le site de l’UQAM pour pouvoir y ajouter des hyperliens vers des pages de mon site explicitant quelques notions clés (le cours s’inscrit dans le cadre du Séminaire d’introduction aux sciences cognitives: éléments et méthodologies (ISC8001)).

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Si depuis les années 1950 des disciplines comme la psychologie, la linguistique et l’informatique ont été au coeur des sciences cognitives, les neurosciences ont pris une place de plus en plus prépondérante depuis deux décennies. Parallèlement, les critiques des modèles cognitivistes et connexionnistes ont débouché sur des approches dites « incarnées » de la cognition qui s’éloignent du cadre théorique traditionnel centré sur les représentations.

La cognition incarnée se tourne plutôt résolument vers l’action, vers un savoir-faire impliquant le corps entier et ses incessantes interactions avec son environnement. Ce cours essaiera de montrer qu’une part importante de notre machinerie mentale n’a pas été sélectionnée pour jouer aux échecs ou pour faire de la philosophie, mais bien pour décider rapidement s’il vaut mieux passer à droite ou à gauche de ce rocher pour fuir un prédateur ou attraper une proie…

Une présentation de cette configuration plus récente des sciences cognitives ne peut donc pas faire l’économie d’une forte perspective évolutive. Nos capacités cognitives sont en effet le fruit d’une longue évolution conservatrice et bricoleuse, et il ne sera pas inutile de retourner aux origines de la vie et des systèmes nerveux pour mieux en distinguer les finalités proximales et ultimes. L’idée de « recyclage neuronale » reviendra aussi constamment, permettant par exemple de relier l’orientation spatiale à la mémoire déclarative. Ce concept est aussi au cœur de ce qu’on appelle la linguistique cognitive, un courant de la linguistique qui sera aussi abordé.

Du côté des neurosciences, les projets de « connectome » qui ont vu le jour à différentes échelles depuis une quinzaine d’années se heurtent à des problèmes méthodologiques et épistémologiques que nous tenterons de discerner. Cela nous ramènera vers la question de la spécialisation fonctionnelle des aires cérébrales et, pour paraphraser le titre d’un ouvrage récent, à nous demander ce qu’il pourrait y avoir « après la phrénologie ».

Pour ce faire, il nous faudra considérer un certain nombre de renversements conceptuels, notamment le passage d’une vision passive du cerveau à une vision active. On commence en effet à mieux saisir le rôle de l’activité endogène du cerveau avec ses oscillations et synchronisations d’activité. C’est cette activité dynamique qui rend possible l’émergence des réseaux neuronaux transitoires et distribués associés à la moindre tâche cognitive. En d’autres termes, le « top down » devient tout aussi important que le « bottom up », comme en fait foi l’effervescence actuelle autour des hypothèses basées sur le codage prédictif.

Celles-ci sont d’autant plus intéressantes qu’elles s’avèrent compatibles avec les approches incarnées ou, comme on les surnomme parfois en anglais, les « 4E » (embodied, embedded, extended and enacted cognition). La forme particulière de l’énaction au sein de cette constellation nous ramènera à nos préoccupations premières, à savoir le substrat biologique de nos choix comportementaux de tous les jours, fortement influencés par les occasions d’agir (ou « affordances ») de notre environnement et par tous les autres grands systèmes biologiques internes d’un organisme, notamment hormonal et immunitaire.

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Je commence l’expérience lundi prochain en vous présentant le plan de la session que j’ai concocté cet été en m’inspirant de mon travail pour les « Écoles des profs » : 42 heures de pur plaisir, de l’autopoïèse aux affordances sociales en passant par le connectome et les oscillations cérébrales ! ;-P

Donc on se reparle de tout ça très bientôt, par blogue interposé ou en personne…

Du simple au complexe | Pas de commentaires


Lundi, 15 août 2016
Dernière parenthèse estivale avant la rentrée…

Je donne toute la journée aujourd’hui une « École des profs » au cégep de Trois-Rivières (dont les Power Point en pdf seront éventuellement ajoutés sur le site).

Ensuite je prends quelques jours de vacances à vélo pour finir la semaine (je vous invite à faire de même, paraît que ça fait du bien).

Et puis je vous reviens lundi prochain avec l’annonce de quelque chose de nouveau pour l’automne sur ce blogue (relié à un truc dont je vous ai parlé il y a deux mois…).

« Stay tuned », comme y disent… ;-)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 8 août 2016
Pour mieux retenir, attendez quelques heures, puis allez courir !

C’est toujours l’été et comme vous peut-être j’essaie de profiter au maximum de la belle saison. D’où cette randonnée en montagne que je ferai les prochains jours et dont l’organisation me contraint à faire court sur ce blogue cette semaine. Je m’en remettrai donc une fois de plus à une étude de circonstance signalée par le toujours pertinent Deric Bownds, étude de Eelco V. van Dongen et ses collègues intitulée: « Physical Exercise Performed Four Hours after Learning Improves Memory Retention and Increases Hippocampal Pattern Similarity during Retrieval ».

En gros, pour paraphraser le titre du billet de Bownds : pour mieux vous souvenir d’une association nouvelle que vous venez de faire, attendez une couple d’heure, puis aller faire de l’exercice ! (Lire la suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 1 août 2016
Apprendre l’empathie

L’article ci-dessous est d’abord paru dans le magazine Versus N3 (http://versusmagazine.co/). Je les remercie de me permettre de le reproduire ici. 

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L’empathie et les comportements altruistes ne sont plus à démontrer dans le monde animal. L’éléphant réconforte un congénère apeuré, en aide un autre coincé dans un trou ou dans la vase, adopte parfois de jeunes animaux orphelins, etc. Il adopte aussi, tout comme les chimpanzés et les bonobos, des comportements altruistes sophistiqués devant un compagnon handicapé et affaibli, essayant de le redresser, lui apportant de la nourriture ou le couvrant de végétation lorsqu’il s’est assuré qu’il était bien décédé.

Homo sapiens ne fait pas exception. Avec leur grande interdépendance et leurs sociétés hypercomplexes, les êtres humains sont bien sûr capables de se mettre à la place de l’autre, de ressentir ce qu’il ressent et d’agir en conséquence. Les éthologues et biologistes évolutifs s’entendent pour dire que l’empathie s’est naturellement développée chez les espèces formant des sociétés complexes où la coopération et l’entraide constituent un avantage pour tout le groupe.

Mais force est de constater que cette empathie, comme la richesse et contrairement à la bêtise, n’est pas distribuée également… D’où la question: peut-on apprendre à être empathique? (Lire la suite…)

Que d'émotions! | Pas de commentaires


Lundi, 25 juillet 2016
À la mémoire d’un pionnier des neurosciences cognitives : Walter J. Freeman III

Un personnage important des neurosciences cognitives est décédé en avril dernier sans que les grands médias ne le soulignent. Walter J. Freeman, véritable pionnier de notre compréhension actuelle du cerveau comme un système dynamique, nous a en effet quitté à l’âge de 89 ans. Les grands médias, toujours plus préoccupé par le sensationnalisme qui fait vendre de la copie que par une réelle compréhension du monde, se souviendront sans doute davantage de son père au nom identique qui popularisa les lobotomies controversée (et souvent fatales…) des années ’40 et ‘50… Mais Walter J. Freeman III (pour le distinguer de son père qui était « II »…) sut tracer une voie fort différente et unique comme le raconte Joel Frohlich dans l’article « Chaos, Meaning, and Rabbits: Remembering Walter J. Freeman III » que je vous propose aujourd’hui (premier lien ci-dessous). (Lire la suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires