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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 5 décembre 2016
Les formes « radicales » de la cognition incarnée : se servir du corps et de l’environnement pour penser

Comme à chaque lundi de cet automne, voici un bref aperçu de la prochaine séance du cours sur la cognition incarnée que je donnerai mercredi prochain à 18h au local A-1745 de l’UQAM.  [les présentations en format pdf sont disponibles ici]

Il ne reste que deux séances au cours et nous arrivons donc bientôt au terme de cette aventure. Mais avant de conclure sur le thème du « cerveau prédictif », avec une séance qui promet puisqu’elle sera donnée entièrement par Maxwell Ramstead qui travaille à l’université McGill au cœur de cette question, la présentation de cette semaine va être un peu l’aboutissement de toutes les précédentes.

Car on va aujourd’hui donner un aperçu du large spectre des conceptions « incarnées » de la cognition. Et pour en comprendre les différents degrés, il fallait, je pense, faire le long parcours qui a été le nôtre, de l’autopoïèse à la théorie de la compétition des affordances, du canal NMDA à la potentialisation à long terme dans l’hippocampe, de la synchronisation d’activité nerveuse aux coalitions d’assemblées neuronales dans un cerveau dont les structures sont constamment réutilisées.

Plus que tout, il nous aura fallu prendre conscience que ce cerveau a toujours évolué dans un corps soumis au second principe de la thermodynamique (entropie croissante) et qu’il a par conséquent toujours cherché dans son environnement des ressources lui permettant de maintenir malgré tout l’intégrité de sa structure. Un cerveau et un corps indissociables, donc, comme nous l’avons vu la semaine dernière, qui interagissent depuis toujours et à tout moment avec l’environnement. Voilà ce qui a façonné et façonne encore notre cognition, notre pensée.

Oui mais on peut penser sans bouger, on peut imaginer, simuler des scénarios catastrophes (l’être humain y excelle…) dans le confort de notre foyer sans même lever le petit doigt, diront certains. C’est oublier un peu vite que ce « offline » est très récent en terme d’évolution et qu’il n’est que la pointe de l’iceberg que sont l’immense majorité des comportements « online » qui nous animent à tout moment dans le monde réel et à partir desquels nos pensées abstraites peuvent se construire.

On va donc présenter cinq degrés, cinq saveurs (et même deux variantes pour la dernière) de ces conceptions incarnées de la cognition qui rendent les sciences cognitives si fécondes et excitantes depuis une vingtaine d’années. Celles-ci s’inspirent directement d’une présentation vidéo du philosophe Shaun Gallagher faite pour le projet A History of Distributed Cognition.

(1) Avec l’incarnation minimale, on s’attarde essentiellement sur les représentations cérébrales qui découlent du fait d’avoir un corps, comme les représentations modales du modèle de Barsalou dont nous avons parlé à la séance 10.

Ce n’est donc qu’à travers des simulations dans les aires sensorielles et motrices que le corps est impliqué dans la cognition qui conserve donc ici l’idée maîtresse du modèle classique de la cognition, celle de représentations symboliques qui vont subir des computations.

Il n’y a donc pas encore de rupture catégorique avec les anciennes conceptions. (Lire la suite…)

De la pensée au langage, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 28 novembre 2016
« La cognition incarnée », séance 12 : Influences émotionnelles de l’environnement social (complémentarité du système nerveux, hormonal et immunitaire)

Comme à chaque lundi de cet automne, voici un bref aperçu de la prochaine séance du cours sur la cognition incarnée que je donnerai mercredi prochain à 18h au local A-1745 de l’UQAM.  [les présentations en format pdf sont disponibles ici]

Je voudrais d’abord vous signaler que c’est la Semaine des cycles supérieurs cette semaine à l’UQAM. Pendant cinq jours, les gens peuvent « assister à des conférences dans les domaines d’études qui les intéressent, s’informer sur le soutien et les outils à leur disposition afin de planifier leur projet d’études aux cycles supérieurs, réseauter avec des professeures/professeurs et des étudiantes/étudiants, et même assister à des séminaires de maîtrise et de doctorat »… comme mon cours sur la cognition incarnée !

En effet, ce cours dont le titre poétique officiel est « Séminaire d’introduction aux sciences cognitives éléments et méthodologie (ISC8001) », est l’une des 70 activités proposées durant cette semaine. Alors soyez les bienvenu.es si vous voulez assister à mon cours de cette semaine. D’autant plus que ça tombe sur une séance dont le thème est susceptible d’intéresser un large public : les nombreux liens entre le corps, les émotions et le cerveau. Et en particulier deux sujets que nous creuseront un peu plus, les effets néfastes du stress chronique et les mécanismes de l’effet placebo (ou plutôt « des » effets placebos). (Lire la suite…)

Que d'émotions! | Pas de commentaires


Lundi, 21 novembre 2016
« La cognition incarnée », séance 11 : Affordances et prise de décision

Comme à chaque lundi de cet automne, voici un bref aperçu de la prochaine séance du cours sur la cognition incarnée que je donnerai mercredi prochain à 18h au local A-1745 de l’UQAM.  [les présentations en format pdf sont disponibles ici]

Après avoir regardé la semaine dernière « comment l’environnement entre dans notre cerveau » avec les représentations modales qui permettent d’ancrer la cognition dans le monde, nous allons cette semaine faire un pas de plus (c’est le cas de le dire, comme vous allez voir…) dans la considération de cet environnement où nous naviguons sans cesse. (Lire la suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 14 novembre 2016
« La cognition incarnée », séance 10 : Comment l’environnement entre dans notre cerveau (cognition ancrée et représentation modale)

Comme à chaque lundi de cet automne, voici un bref aperçu de la prochaine séance du cours sur la cognition incarnée que je donnerai mercredi prochain à 18h au local A-1745 de l’UQAM.  [les présentations en format pdf sont disponibles ici]

On a vu la semaine dernière, en explorant l’ouvrage « After Phrenology: Neural Reuse and the Interactive Brain » de Michael L. Anderson, que les données appuyant la réutilisation neuronale sont très nombreuses. Tellement  qu’elles suggèrent qu’il s’agit probablement d’un principe fonctionnel fondamental très large permettant d’expliquer beaucoup d’autres phénomènes comme le recyclage neuronal (Stanislas Dehaene), les métaphores conceptuelle (George Lakoff) ou encore ce dont on va parler aujourd’hui, les représentations modales (Laurence Barsalou, par exemple).

Car après avoir abordé un peu les processus de haut niveau avec la linguistique cognitive il y a deux semaines, on va aujourd’hui parler d’un sujet assez proche du langage, celui de nos représentations conceptuelles ou, pour leur donner un nom qui évoque le système de mémoire du même nom, nos connaissances sémantiques. Bref, comment le cerveau humain traite-t-il les concepts ? (Lire la suite…)

De la pensée au langage | Pas de commentaires


Lundi, 7 novembre 2016
« La cognition incarnée », séance 9 : Le débat sur la spécialisation fonctionnelle du cerveau (ou comment sortir de la phrénologie)

Comme à chaque lundi de cet automne, voici un bref aperçu de la prochaine séance du cours sur la cognition incarnée que je donnerai mercredi prochain à 18h au local A-1745 de l’UQAM.  [les présentations en format pdf sont disponibles ici]

Comme l’indique le plan du cours, après avoir fait une brève incursion du côté des circuits cérébraux du langage la dernière fois, on va questionner cette semaine la notion même de région cérébrale spécialisée. Et on va le faire à l’aide d’un ouvrage bien précis, le très stimulant « After Phrenology: Neural Reuse and the Interactive Brain » publié en 2014 par Michael L. Anderson.

Comme je l’ai mentionné quand j’ai présenté ce livre pour la première fois dans ce blogue, c’est une façon de penser le cerveau relativement nouvelle qu’Anderson propose pour tenter d’aller au-delà d’une conception phrénologique du cerveau qu’adoptent encore trop souvent bien des études d’imagerie cérébrale cherchant à isoler des activations cérébrales spécifiques à certaines tâches.

On peut remonter l’origine de cette conception « modulaire » de l’esprit au moins jusqu’à Franz Joseph Gall qui avançait, au début du XIXe siècle, que le cerveau était constitué de différents centres correspondants à différentes fonctions psychologiques. (Lire la suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires