lundi, 8 juin 2026
Pourquoi la musique c’est bon pour la santé?
C’est le titre du podcast du 12 mai dernier de « Autour de la question, le magazine de toutes les sciences » sur Radio France Internationale. L’invitée était Isabelle Peretz, chercheuse en Neurocognition de la musique à l’université de Montréal. Fondatrice du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) qui vient de publier en avril dernier Soigner avec la musique (Odile Jacob). La musique nous fait du bien. Elle nous apaise, nous réconforte, nous relie aux autres et nous touche. Mais voilà que nombre d’études rapportées par Isabelle Peretz montre qu’elle peut aussi soigner.
Et ce, à tous les âges de la vie. Elle peut d’abord aider les bébés prématurés que l’on branche et pique loin de la chaleur de leur mère, une expérience qui doit être des plus traumatisante au début de cette vie commencée trop tôt. Eh bien la musique les apaise et fait baisser leur niveau de stress.
Son rôle bienfaisant chez l’adulte a aussi été maintes fois confirmé scientifiquement, comme en fait foi l’exemple de Music Care, un dispositif utilisant des compositions musicales structurées pour la prise en charge de la douleur et de l’anxiété, permettant une diminution des consommations médicamenteuses.
L’effet positif de la musique chez les personnes atteintes d’Alzheimer est aussi très bien établi. J’en avais parlé dans mon billet du 1er décembre dernier à l’occasion du documentaire « J’ai souvenir encore ». Comme je l’écrivais alors :
« on a depuis longtemps des données qui montrent les bienfaits de l’écoute musicale qui, en sollicitant de nombreuses régions corticales, peut raviver des « engrammes » mnésiques de ces pièces musicales qui y sont profondément enfouis. J’ai abordé ailleurs dans ce blogue les liens intimes qui unissent l’hippocampe et le reste du cortex en ce qui a trait au stockage et au rappel des souvenirs. Et comment après quelques mois ou années, la trace d’un nouvel apprentissage se retrouve engrammée solidement à différents endroits dans le cortex.
Or l’Alzheimer se traduite par une dégénérescence neuronale qui origine dans le lobe temporal médian, autrement dit dans l’hippocampe. C’est pour ça que les premiers symptômes sont la perte de mémoire et la désorientation spatiale, autre fonction primaire de l’hippocampe. Mais les vieux souvenirs engrammés ailleurs dans le cortex, eux, sont beaucoup moins affectés ou le sont en tout cas beaucoup plus tardivement. C’est pour ça que si on réussit à les réactiver sans passer par un indice venant de l’hippocampe (déficiente, et donc qui ne peut plus en donner spontanément comme avant), on peut retrouver ces souvenirs musicaux pratiquement intacts. Et entendre simplement ces pièces musicales qui ont marqué notre vie a exactement cet effet, celui de réactiver tous ces engrammes corticaux qui étaient toujours là, mais latents si vous voulez. »
Isabelle Peretz explique même que le traitement de la musique dans le cerveau est si global que les personnes atteintes d’Alzheimer peuvent même apprendre et mémoriser de nouvelles pièces musicales !
La liste des bienfaits de la musique ne s’arrête pas à cette seule pathologie. Le rythme de certaines pièces musicales pouvant aider les patients atteints de la maladie de Parkinson à initier leur mouvement et à les rendre plus fluides.
Même la stratégie controversée qui consiste à faire jouer de la musique classique dans les fermes laitières permettrait effectivement aux vaches d’être moins stressées et de donner ainsi un peu plus de lait ! Piètre consolation pour la cruauté inhérente à ce type d’élevage industriel.
* * *
Merci à Simon G. pour le signalement de ce podcast à l’origine de ce billet de blogue dont la longueur est inversement proportionnelle à celle des jours qui allongent. Façon comme une autre de dire que l’été s’en vient et que je vais bientôt lever le pied ici…
Les détecteurs sensoriels, Les troubles de l'esprit, Que d'émotions! | Pas de commentaires










