Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






mardi, 19 mai 2026
Changement de date du dernier club de lecture : mardi le 26 mai au lieu du 27 !

Nos chers Canadiens de Montréal ont gagné hier soir la série les opposant aux Sabres de Buffalo et on est bien content ! Sauf que je viens de regarder l’horaire des parties à venir contre leurs nouveaux adversaires en demi-finale, et il y en a un le mercredi 27 mai… le même soir que le dernier club de lecture de mon livre Notre cerveau à tous les niveaux prévu au Sans-Taverne ce soir-là !  ;-/  Considérant l’engouement collectif pour cette série (et ses racines anthropolitiques profondes en tant que rituel guerrier ancestral à la sauce contemporaine, voir là-dessus ce billet de Christophe Darmangeat dont je vous avais parlé il y a trois semaines), je me vois mal tenter de lui faire compétition. C’est pourquoi l’on va faire notre club la veille, soit le mardi 26 mai, au lieu du 27. Passez donc le mot aux personnes qui seraient moins « branchées » sur ce blogue ou les réseaux sociaux, et l’on se voir mardi prochain à 19h au bar Les Sans-Taverne du Bâtiment 7 (1900 rue le Ber, à Montréal),  toujours dans le cadre convivial de l’UPop Montréal. Et comme je l’ai expliqué la semaine dernière, deux grands sujets seront abordés dans ce dernier club de lecture qui boucle la boucle de notre grande aventure : la question du « soi », de qui nous sommes finalement, ce dont j’avais parlé la semaine dernière; et la question du « libre arbitre » qui en découle inévitablement en se demandant Quel est donc ce « soi » qui, en plus, se dit libre ? C’est de cette ultime question dont j’aimerais aujourd’hui vous donner un bref aperçu.

On distinguera d’abord ce qu’on pourrait appeler la « liberté politique », c’est-à-dire des forces sociales extérieures contraignent nos choix de vie. Dépendamment du hasard de votre naissance, vous vous retrouvez quelque part sur un gradient entre le fascisme ou la dictature militaire et la démocratie libérale. Où l’on imagine moins de contrainte vers ce second pôle, quoi que certains pourraient arguer avec raison qu’il s’agit davantage de la « longueur de notre laisse » et que l’État, peu importe sa forme, limite toujours grandement nos libertés individuelles… Et voilà le débat déjà parti !  😉

On va ensuite aborder la question du caractère intrinsèque (ou pas) du libre arbitre, à savoir si, nonobstant le niveau de contraintes politiques qui pèsent sur nous, à quel degré pouvons-nous considérer nos décisions comme étant libres (et idéalement éclairées…). Pour ce faire, je vais y aller en évoquant d’abord des positions radicalement déterministes, c’est-à-dire qui nie que nous ayant un tant soit peu de liberté. Dis comme ça, ça peut avoir l’air pas mal rebutant, mais quand on suit le raisonnement d’un Henri Laborit, d’un Robert Sapolsky, ou de nombre de neurobiologistes contemporains, on se rend compte que c’est loin d’être sans fondement comme position.

Car comme le dit par exemple Laborit :

« Pour agir, il faut être motivé et nous savons que cette motivation, le plus souvent inconsciente, résulte soit d’une pulsion endogène [biologique, physiologique…], soit d’un automatisme acquis [classe sociale, médias, publicité, etc.] »

Comment Laborit explique-t-il alors cette sensation de liberté que nous ressentons ?

« La sensation fallacieuse de liberté s’explique du fait que ce qui conditionne notre action est généralement du domaine de l’inconscient, [au sens de tous nos apprentissages implicites dont on a parlé à notre 4e rencontre ] et que par contre le discours logique est, lui, du domaine du conscient. [ rationalisations langagières a posteriori dont on a parlé à notre 10e rencontre ] C’est ce discours, logique et conscient qui nous permet de croire au libre choix. »

Des réactions ? Vous n’êtes pas convaincu ? Pas de problème, je vous réserve alors pour le cours le raisonnement de Robert Sapolsky et les arguments dévastateurs pour le libre arbitre de son livre « Dertermined. A Science of Mind Without Free Will » que j’ai déjà présenté dans ce blogue (2023).

Mais quand même, dirons certains, même si on peut être convaincu par ces arguments, pourquoi on le ressent si fort ce sentiment d’être un agent libre à l’origine de nos actes ? Sans doute à cause du sentiment de responsabilité que ça génère en même temps, répondront des spécialistes des sciences cognitives comme Michael Gazzaniga, auteur de « Who’s in Charge ? Free Will and the Science of the Brain », dont j’avais aussi parlé dans ce blogue (2011).

C’est l’idée qu’on est une espèce extrêmement sociale et que sans cesse, notre cerveau tente de percer les intentions des autres pour pouvoir agir en conséquence. Or si on passe son temps à essayer de se déresponsabiliser en disant des choses comme « j’étais hors de moi » ou « j’ai été émotif, je n’étais pas moi-même », ça ne crée pas de très bons liens sociaux…

Pour Gazzaniga, le libre arbitre et la responsabilité individuelle découlent de ces règles sociales qui émergent quand plusieurs cerveaux interagissent les uns avec les autres. Et pour lui, une espèce comme la nôtre, où les individus sont extrêmement interdépendants, n’aurait pas pu évoluer sans ce sentiment que chacun est un agent libre et responsable de ses actes… Autrement dit, malgré tous nos déterminismes biologiques et ceux issus de notre histoire de vie, socialement, on semble condamné à « faire comme si » l’on était libre.

D’accord ? Pas d’accord ? Le goût d’en jaser ? Cet ultime club de lecture de « Notre cerveau à tous les niveaux » sera l’endroit idéal pour vous exprimer sur cette toujours fascinante question… Mardi le 26 mai à 19h au Sans-Taverne (et non plus le 27) !

 

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 11 mai 2026
Dernier club de lecture de « Notre cerveau à tous les niveaux » : nos multiples « soi »

Ces jours-ci, je suis en train de préparer le dernier club de lecture de mon livre Notre cerveau à tous les niveaux qui aura lieu mercredi le 27 mai à 19h au bar Les Sans-Taverne du Bâtiment 7 (1900 rue le Ber, à Montréal),  toujours dans le cadre convivial de l’UPop Montréal. De la première rencontre qui portait sur le « connais-toi toi-même » de Socrate à l’heure des sciences cognitives en mars 2025 jusqu’à celle du mois dernier sur notre espèce si culturelle pouvant être tirée vers le meilleur ou vers le pire, le temps est venu de « boucler la boucle » avec l’une des questions qui traverse l’épilogue du bouquin : on est qui, nous, finalement ? Avec tout ce qu’on a pu mettre dans notre sac à dos durant ce long voyage, on va pouvoir maintenant revenir à la question initiale de notre démarche, celle de notre subjectivité. Cette subjectivité qui, pour la comprendre, nous a obligé à nous intéresser à notre corps et en particulier à notre système nerveux, en retraçant la longue histoire de son émergence. Et ce, tant à l’échelle du temps long de l’évolution, qu’à celle d’une vie durant le développement d’un individu. Cette question du « soi », on verra qu’elle en soulève inévitablement une autre qu’on avait repoussée lors de notre 11e rencontre où elle est abordée dans le livre : celle du libre arbitre ! Quel est donc ce « soi » qui, en plus, se dit libre ? C’est cette ultime question qu’on abordera dans la deuxième heure de notre dernière rencontre, et dont je détaillerai les principales critiques dans mon billet de la semaine prochaine. Car vous ne pensiez tout de même pas qu’après tous les « tours » qu’on a vu que notre cerveau était capable de nous jouer, le sentiment de libre arbitre allait s’en tirer intact, quand même !  😉 (suite…)

Du simple au complexe, L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 4 mai 2026
Manifs du 1er mai et victoire au hockey : « emporté par la foule »…

(Crédit photo : Bruno Dubuc / André Querry / Montreal Now)

Les récentes manifestations de la fête des travailleurs et des travailleuses et le premier tour des séries éliminatoires de la ligue nationale de hockey remporté hier soir par le Canadien de Montréal m’ont suggéré quelques drôles de liens que j’aimerais vous partager ce matin. Des liens sur la nature profonde de l’être humain et les institutions sociales dans lesquelles il évolue (il faut quand même qu’il y ait un lien avec la mission de ce blogue !). J’essaie de vous exposer ça ici d’une traite, comme à mon habitude, en y distinguant trois actes (j’allais dire trois périodes…) : la manif populaire du vendredi soir 1er mai à Montréal; la manif syndicale du 2 mai, toujours à Montréal; et le sentiment d’identification au Canadien… de Montréal ! Qu’ont en commun ces trois événement soulevant les foules ? Peut-être de nous en dire un peu, justement, sur notre comportement au sein desdites foules, et peut-être aussi un peu (beaucoup même) sur comment nos institutions (politiques, médiatiques et policières, dans ces cas-ci) gèrent ou contrôlent ces mouvements de foule. (suite…)

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