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lundi, 7 mai 2012
Pourquoi on ne peut avoir qu’environ 150 vrais amis

Vous êtes fiers de vos 500 ou même 1000 ami(e)s Facebook ? Désolé de vous l’apprendre, mais vous en avez probablement beaucoup moins s’il faut en croire Robin Dunbar, professeur d’anthropologie évolutive à l’Université d’Oxford en Angleterre. Aussi peu que 150, en fait. C’est le fameux « nombre de Dunbar », une limite d’environ 150 personnes au-delà de laquelle on ne pourrait entretenir de véritables relations d’amitié.

Mais qu’est-ce que l’amitié ? On sait quand on est dans une relation d’amitié, mais il n’est pas facile de définir ce concept. Montaigne disait qu’il était l’ami de La Boétie « parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Pour Dunbar, elle est une réaction affective qui s’inscrit dans une histoire personnelle. Et un critère important est qu’il est facile d’obtenir une faveur dans une véritable relation d’amitié. Mais alors pourquoi ce type de relation privilégiée  plafonnerait-il autour de 150 ami(e)s ?

Principalement pour deux raisons, avance Dunbar. D’abord la charge cognitive serait trop lourde pour qu’on puisse demeurer informés des faits et gestes de plus d’individus.

Il faut rappeler que le nombre de Dunbar provient d’une corrélation trouvée entre la taille du cortex du cerveau des primates et le nombre d’individus dans les groupes qu’ils forment. Dunbar a ensuite fait une extrapolation, en considérant la taille du cerveau humain, qui lui a donné cette valeur autour de 150. Une valeur qui correspond justement à la taille estimée des communautés de chasseurs cueilleurs ancestrales ou à la taille moyenne des villages dans les sociétés pré-industrielles.

Ensuite, si nous n’avons pas plus de vrai(e)s ami(e)s, ce serait simplement parce que le temps commence à manquer quand on veut investir minimalement dans plus de 150 amitiés. Les réseaux sociaux sont bien pratiques pour partager un bon article ou pour dire ce qu’on est en train de se cuisiner. Mais une véritable amitié a besoin de plus pour être entretenue. Elle a besoin de contacts verbaux, visuels et physiques qui demandent du temps.

Car nous sommes le produit d’une très longue histoire évolutive où nos structures sociales se sont établies selon ces modalités bien concrètes. Et celles-ci sont profondément ancrées dans notre biologie, et donc dans notre psychologie. On n’a qu’à penser à un autre concept clé mis de l’avant par Dunbar, celui du « gossip » (ou potinage) qui occupe une si grande place dans nos conversations et aurait une fonction analogue à l’épouillage chez les singes, selon l’anthropologue. Une activité d’ailleurs réservée chez les primates à un nombre restreint « d’amis ».

Alors quand quelqu’un affirme qu’il a plus de 200 « ami(e)s Facebook », il serait sans doute plus juste de parler simplement de connaissances, ou même de spectateurs de notre vie privée…

i_lien Robin Dunbar: we can only ever have 150 friends at most…
i_lien Book : How Many Friends Does One Person Need?
i_lien Video : How Many Friends Does One Person Need?
i_lien Dunbar’s number

De la pensée au langage | Pas de commentaires


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