Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Mercredi, 13 février 2019
Le système glymphatique : les égouts du cerveau

On le sait, le cerveau humain est extrêmement énergivore. Il consomme 20 à 25 % de l’énergie que nous ingérons pour un organe qui ne représente que 2% du poids du corps humain. Il produit donc forcément des quantités importantes de déchets potentiellement toxiques pour lui (en fait, on estime qu’il en produit l’équivalent de son poids en déchets en un an !). Comment il se débarrasse de ces déchets est longtemps resté mystérieux. On pensait que le nettoyage du cerveau se faisait par diffusion passive du liquide céphalo-rachidien à partir des ventricules cérébraux. Ce mécanisme d’évacuation paraissait cependant très lent pour un organe aussi actif que le cerveau. Ce n’est que vers 2012 que des études sur la souris ont pu démontrer l’existence d’un système d’évacuation des déchets plus rapide et plus efficace propre au cerveau.

Chaque vaisseau sanguin cérébral est ainsi entouré d’un espace, dit périvasculaire, défini par les extensions d’astrocytes (un type de cellule gliale) qui entourent complètement les artères, les capillaires et les veines cérébrales. Le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau pénètre dans celui-ci via des espaces périvasculaires situés le long des artères et ressort le long des veines (voir l’image ci-haut).

On a appelé ce système le « système glymphatique » pour signifier que ce sont des cellules gliales qui rendent possible la fonction que joue le système lymphatique dans le reste du corps, celui de drainer les déchets hors des différents tissus. Cette découverte n’est survenue que récemment car on ne peut pas voir ce système glymphatique sur des cerveaux prélevés post-mortem. Il a fallu avoir recours à une technique appelée microscopie à 2 photons qui permet de visualiser en temps réel les flux de sang et de liquide céphalorachidien dans le cerveau d’un animal vivant.

Cette découverte s’agence parfaitement, si l’on peut dire, avec une autre dont on avait parlé ici, celle de la découverte récente elle aussi de vaisseaux lymphatiques présents dans la dure-mère (l’un de nos trois méninges, des membranes qui enveloppent le cerveau).

Elle donne aussi du sens à d’autres observations comme celle voulant que durant le sommeil l’espace intercellulaire s’accroit jusqu’à 60 % permettant sans doute une meilleure circulation du fluide. L’évacuation de la protéine β-amyloïde (une protéine dont l’accumulation semble être reliée à l’Alzheimer) se révèlerait par exemple deux fois plus efficace chez les souris endormies que chez les souris éveillées.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule vertu protectrice qu’aurait notre sommeil. On a accumulé durant ces dernières années d’impressionnantes données sur son rôle protecteur pour un très grand nombre de pathologie. Nous aurons l’occasion d’y revenir ici très bientôt.

Non classé | Pas de commentaires


Mardi, 5 février 2019
Trois atlas de vrais cerveaux humains accessibles en ligne

Ayant peu de temps pour écrire cette semaine parce que je donne quatre cours différents en 5 jours, je me contenterai de vous signaler trois atlas du cerveau humain accessibles en ligne. Vous pourrez ainsi suivre votre curiosité pour explorer jusque dans ses moindres racoins l’objet le plus complexe de l’univers connu dont on dispose tous d’un exemplaire entre les deux oreilles. Ce billet risque donc finalement de vous faire passer autant de temps devant votre ordi que d’habitude, sinon plus ! (Lire la suite…)

Non classé | Pas de commentaires


Mardi, 29 janvier 2019
La cognition étendue : externaliser pour mieux penser

En 1998 paraissait un article intitulé « The Extended Mind » qui allait faire grand bruit dans le milieu des sciences cognitives. Leurs auteurs, les philosophes Andy Clark et David Chalmers y posaient la question de la frontière de nos processus cognitifs. Étaient-ils restreints au cerveau, comme on serait prêt à la penser de prime abord ? Où débordaient-ils, pour ainsi dire, jusque dans notre corps et même dans certains artéfacts de notre environnement ? Qu’en est-il vingt ans plus tard de cet audacieux concept de « cognition étendue » qui a fait couler beaucoup d’encre depuis ? (Lire la suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


Mardi, 22 janvier 2019
Pourquoi l’oubli peut vous sauver la vie

Quand on parle de la mémoire humaine, on a toujours l’impression, implicitement, que plus égalerait mieux. Mais voilà que de plus en plus de neurobiologistes affirment le contraire : oublier permet de nous rendre plus efficace ! Deux questions importantes surgissent alors : 1) oublier quoi ? et 2) plus efficace pour quoi ? C’est ce que tente d’expliquer l’article du blogueur scientifique Tom Siegfried publié la semaine dernière sous le titre « Why forgetting may make your mind more efficient ». Oublier, donc. Mais quoi au juste ? (Lire la suite…)

Non classé | Pas de commentaires


Lundi, 14 janvier 2019
Faut-il avoir peur du sucre et de l’intelligence artificielle ?

Je voudrais cette semaine essayer de faire quelques liens entre deux sujets qui ne semblent pas en avoir de prime abord : le sucre et l’intelligence artificielle (IA). Plus précisément, d’une part, la trop grande quantité de sucre de la nourriture industrielle qui a quelque chose d’effrayant tellement on découvre à quel point elle est néfaste pour la santé (directement ou par l’excès calorique qu’elle entraîne). Et d’autre part une seconde peur, celle d’une IA qui serait en train de s’immiscer à notre insu dans tous les domaines de nos vies, soumettant imperceptiblement celles-ci à ses algorithmes productivistes et de contrôle social. (Lire la suite…)

De la pensée au langage | Pas de commentaires