Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 21 juin 2021
L’Énaction en perspective et en prospective

C’est le titre d’un colloque international en ligne qui aura lieu du 23 au 27 août 2021. Il est organisé par le GRIMTÉ, Groupe de Recherche International et Multidisciplinaire sur les Théories Énactives, affilié à la Faculté des sciences de l’éducation de l’université de Montréal, et vise à faire connaître l’approche énactive et à étendre sa visibilité au sein des sciences cognitives.

Le colloque portera sur les pratiques scientifiques ou d’intervention sociale qui s’inspirent de différentes perspectives énactives ainsi que leur apport sur le plan de la connaissance et de l’action au cours des trente dernières années. Il coïncide avec le 20 anniversaire du décès de Francisco Varela, et du trentième de son livre phare The Embodied Mind. Dans l’esprit de l’héritage très large et multidisciplinaire de Varela, le colloque regroupe une brochette impressionnante de conférencier.ère.s dont plusieurs ont été des collègues proches de Varela, comme Michel Bitbol, Natalie Depraz ou Shaun Gallagher. Il s’adresse à des chercheur.eure.s, mais aussi aux étudiant.e.s et praticien.enne.s. À cette fin, des ateliers préparatoires ont été organisés afin d’introduire les perspectives énactives, qui commencent à peine à être connues hors des spécialistes en sciences cognitives. Et ce, malgré ses applications potentielles très vastes, notamment en psychiatrie.

J’ai eu le plaisir de donner l’un de ces ateliers mercredi dernier intitulé Embodiment et énaction 101 (dont le pdf du Power Point est accessible ici). Il s’agissait d’une introduction au concept d’énaction et, de façon plus large, de ce qu’on appelle l’embodiment ou la cognition incarnée. Après un bref rappel historique des paradigmes cognitivistes et connexionnistes qui ont dominé la seconde moitié du XXe siècle, j’ai présenté différentes formes ou degrés de cognition incarnée. D’abord la simple incarnation biologique d’un organisme dont l’anatomie et la physiologie influencent la cognition. Puis la façon dont cette incarnation se manifeste dans le langage au niveau sémantique. J’ai ensuite évoqué une forme de cognition incarnée qui met l’accent sur les contingences sensorimotrices avant de m’attarder plus longuement sur l’énaction, cette version particulière proposée par Francisco Varela et ses collègues. L’énaction fait appel à plusieurs idées interreliées comme l’autonomie, le couplage avec l’environnement, la création de sens et l’idée d’une continuité entre la vie et la cognition. Elle débouche sur une neurophénoménologie qui permet d’explorer l’aspect subjectif de l’expérience humaine.

Deux autres ateliers sont prévus avant le colloque. Le premier, intitulé Comprendre l’activité des enseignants dans la classe grâce au cours d’action: petit travail dirigé méthodologique sur les signes hexadiques, aura lieu le 23 juin à 9h. Et le second, intitulé Documenter l’expérience : un exemple dans le domaine du pilotage en éducation, aura lieu le 9 juillet à 13h. Il s’agit donc dans les deux cas de conférences en ligne. Les liens pour s’inscrire sont disponibles sur les pages des deux ateliers.

L'émergence de la conscience, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 25 janvier 2021
« L’école des profs » toujours active, même en temps de pandémie !

Crédit image : M.C. Escher

J’ai présenté mercredi dernier une conférence d’une heure en ligne dans le cadre de mes « Écoles de profs », ces perfectionnements en sciences cognitives que je donne surtout aux professeurs de cégep du Québec. Je vous en parle aujourd’hui pour deux raisons : d’abord pour vous en signaler le contenu accessible comme toujours en pdf sur le site, et aussi pour rappeler que cette activité peut se tenir en ligne et que je suis plus que disponible pour en donner dans les mois qui viennent !

Le sujet proposé par des profs de philo du collège de Maisonneuve à Montréal tournait autour des  « théories contemporaines de l’esprit ». Cela m’a permis de faire une petite synthèse de différents éléments de contenu que j’avais accumulé au fil des ans sur la question et qui se retrouvent donc dans la présentation Cerveau, corps, conscience et environnement : l’apport des sciences cognitives accessible directement en suivant ce lien. (suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 9 novembre 2020
Comment expliquer nos pensées les plus abstraites ?

Poursuivant ces jours-ci la lecture de l’ouvrage “Enactive Psychiatry dont je vous ai parlé en septembre dernier, je retombe sur cette expression évocatrice de « representation-hungry phenomena » que j’avais découverte en lisant d’autres bouquins sur l’histoire des sciences cognitives. Il s’agit, comme le rappelle Sanneke de Haan, de ces pensées que nous avons souvent à propos de choses qui ne sont pas concrètement présentes sous nos yeux. Ou alors de pensées à propos de concepts abstraits comme la justice ou la liberté. Comment notre cerveau s’y prend-il pour actualiser ce genre de pensées qui sont loin de ce que nos sens peuvent percevoir ? L’une des réponses qui semble aller de soi est donc justement cette idée de « représentation ». Autrement dit, on se présente mentalement quelque chose, inspiré de nos interactions passées avec le monde, qui « équivaut » ou qui est « mis à la place » de ce qui est physiquement absent. Comme le livre de de Haan porte sur l’approche énactive, elle rappelle que l’on peut considérer ce problème autrement. (suite…)

De la pensée au langage | Pas de commentaires


lundi, 19 octobre 2020
L’approche énactive et les problèmes techniques sur Le cerveau à tous les niveaux

Deux sujets bien distincts aujourd’hui, mais qui se rejoignent dans leur quête d’autonomie ! Je parlerai du site et de certains problèmes techniques à résoudre dans la deuxième partie de ce billet. Pour ce qui est du sujet de la première partie, il part d’une d’une présentation que j’avais faite à l’hiver 2019 dans le cadre d’un cours sur le raisonnement pédagogique de l’enseignant à l’Université de Montréal. L’ayant redonnée dans une nouvelle mouture le 8 octobre dernier suite à l’invitation du professeur Francisco Loiola, je l’ai rendu disponible en pdf dans la section Présentations du Cerveau à tous les niveaux, comme je le fais systématiquement pour toutes les conférences que je donne. Celle-ci avait eu lieu en Zoom, Covid oblige, mais a donné lieu par la suite quand même à de bons échanges avec la quinzaine d’étudiant.es gradué.s qui y ont assisté. Je précise un peu le “public cible” pour donner une idée du niveau de la présentation. (suite…)

Du simple au complexe, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 28 septembre 2020
Réfléchir à la science et à la psychiatrie avec deux ouvrages récents

Toujours dans ma tentative d’écrire des billets de blogue un peu moins longs afin de me laisser plus de temps pour un gros projet d’écriture, je vous propose cette semaine simplement deux livres qui ont attiré mon attention dernièrement.

Le premier est “Le goût du vrai”, petit texte que vient de publier Étienne Klein en juillet dernier chez Gallimard dans la collection Tracts. Le physicien, mais surtout ici le philosophe des sciences, y propose quelques réflexions sur notre rapport à la science que lui ont inspirées les premiers mois de la crise sanitaire mondiale. Celle-ci a exacerbé ou du moins mis en lumière certains biais cognitifs humains qui posent problème à la prise de décision éclairée par les données scientifiques disponibles. Par exemple, affirmer des choses avec aplomb sans se rendre compte qu’on est sorti de son champ de compétence. Ou encore, adhérer à telle idée sans savoir d’où elle vient, seulement par ce qu’elle nous plait et est conforme à notre système de valeur. (suite…)

Du simple au complexe, Les troubles de l'esprit | Pas de commentaires