Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 16 mars 2026
« Toute est dans toute », de la conscience à l’orientation, en passant par les pratiques alternatives de notation !

C’est rare que je commence par trouver le titre de mon billet avant même de l’avoir écrit, mais c’est le cas ce matin. D’habitude c’est évidemment plutôt à la toute fin où, en considérant l’ensemble du billet, je trouve le titre le plus adéquat, ce qui est beaucoup plus logique comme façon de faire. Mais aujourd’hui j’ai comme un « gut feeling », après avoir lu mes notes éparses de la dernière semaine à partir desquelles je décide sur quoi je vais écrire, que c’est la ligne directrice qui se dégage de ce que j’aurais le goût de vous parler. Alors j’essaie cette forme de « rétro-ingénierie», juste pour voir ce que ça va donner. Après tout, bloguer est pour moi une forme de thérapie, et les associations libres font partie depuis Freud de la boîte à outil de nos explorations intérieures ! Alors bienvenue dans mon cortex associatif du lundi matin…

On y trouve bien sûr ce qui habite ma mémoire de travail chaque jour depuis un bon deux semaines, la préparation du 11e club de lecture de mon livre sur les grandes théories contemporaines sur nos processus conscients. Je vous ai annoncé la semaine dernière que cette rencontre porterait essentiellement sur cet aspect de la 11e rencontre du bouquin qui ratisse plus large. Trop de choses à dire, comme à chaque fois que je me suis attaqué à ce sujet vertigineux, un de nos processus de plus « haut niveau ». C’est pas pour rien que dans mon bouquin, sur 12 rencontres ce n’est qu’à la 11e que je me risque à en parler un peu. Pour la même raison, lors du club de lecture, je vais prendre la première moitié de la séance juste pour rappeler les bases neuronales du système dynamique complexe que constitue notre cerveau et à partir duquel peut émerger nos expériences sensibles et tous nos processus conscients associés. Car voilà une première manifestation du « toute est dans toute » qui se manifeste ici !

Et si je vais résumer en dix minutes plus de deux millénaires de théories philosophiques sur la conscience, c’est parce qu’elles ne tenaient pas compte du substrat biologique qui la rend possible et qui contraint grandement son expression. Et donc c’est seulement une fois qu’on aura rappelé l’essentiel de l’anatomie cérébrale et de son activité rythmique propice à la synchronisation et à la désynchronisation rapide de son activité neuronale que nous pourrons, dans la seconde partie de la séance, aborder cinq grandes théories de la conscience, probablement non mutuellement exclusives, qui suggèrent comment ce sentiment intime et ineffable peut émerger de tout ça. Ce « tout ça » ne se limitant pas uniquement au cerveau, mais incluant aussi le corps, l’environnement et la culture particulière d’un individu. Et tout ça sans magie, mais avec des concepts issus des systèmes dynamiques complexes comme « ignition », « intégration » ou « bifurcation », qui permettent d’appréhender ces phénomènes tant au niveau psychologique qu’au niveau neuronal, une condition sine qua non pour toutes ces théories.

* * *

Ah les différentes niveaux d’organisation du vivant… S’il y a bien un concept qui a guidé mon travail au fil des ans (l’incluant même directement dans l’ergonomie de navigation de mon site web), c’est bien celui-ci. Et l’importance de toujours rappeler que lorsqu’il se passe quelque chose à un niveau, il se passe toujours en même temps plein d’autres choses à pleins d’autres niveaux. Ce que montrent bien mes deux autres notes prises la semaine dernière en prévision de ce billet.

D’abord celle faisant suite au courriel d’un ami (merci Marc-Antoine !) qui me signalait cet article du labo du couple Moser qui a découvert les « grid cells », ces neurones du cortex entorhinal, près de l’hippocampe, qui sont essentiels à notre orientation dans l’espace. Intitulé « Toroidal topology of grid-cell activity precedes spatial navigation during development », l’article qui est sorti en “preprint” la semaine dernière montre que le câblage initial des circuits neuronaux de ces cellules de grille est déjà en place chez le bébé rat avant même que les yeux ou les oreilles s’ouvrent et que l’animal se tienne sur ses pattes et commence à explorer le monde. Autrement dit, que l’architecture cellulaire de base de cette fonction fondamentale qu’est l’orientation spatiale est « hard wired », c’est-à-dire pré-câblée par l’histoire évolutive de l’espèce. Ici du rat, mais fort probablement de toutes les espèces de mammifères, nous y compris. « Toute étant dans toute », c’est grâce à la plasticité neuronale de ces mêmes neurones et de ceux de l’hippocampe voisin que ces « canevas » de cartes, en quelque sorte, vous pouvoir ensuite s’actualiser en fonction du territoire que l’animal va explorer. C’est donc une nécessaire collaboration entre le niveau comportemental et le niveau génétique et cellulaire qui va encore une fois mettre en place une fonction essentielle qu’on appelle le sens de l’orientation.

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Finalement, je voulais vous parler d’un dossier que j’ai commencé à suivre un peu, celui des pratiques alternatives de notation (PAN) dans certains établissements collégiaux du Québec. En particulier des profs du département de chimie du cégep André-Laurendeau qui explorent concrètement cette approche et publient un billet de blogue hebdomadaire sur les PAN « qui regroupent une variété de façons de noter les étudiant·es en soutenant mieux les apprentissages et témoignant avec plus de justesse des acquis. » Autrement dit, qui cesse de ne mettre en avant que les sempiternelles notes, avec tout le stress et la contre-productivité éducative qui vient avec, au profit d’approches d’évaluation qui sont bien plus en accord avec ces que les sciences cognitives nous ont permis de comprendre sur la façon dont notre cerveau apprend. Je ne vais pas élaborer là-dessus davantage pour l’instant vu que ce billet commence à être long, mais je vous invite à aller lire par exemple le billet de la semaine dernière intitulé « Quand les PAN croisent la science de l’apprentissage ». Il présente présentons trois « effets collatéraux » très positifs des PAN sur l’apprentissage, soit l’effet de test, de l’effet d’espacement et de l’effet d’entrelacement, dont j’ai aussi déjà parlé dans mes conférences et dans mon livre.

Une autre preuve, s’il en fallait encore, que lorsqu’il s’agit de bonnes pratiques inspirées des sciences du vivant organisé par multiples niveaux d’organisation, eh bien… toute est dans toute !

Du simple au complexe, L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


lundi, 9 mars 2026
Un 11e club de lecture de mon livre consacré uniquement aux grandes théories sur la conscience

Il ne reste que 3 clubs de lecture pour couvrir les 3 dernières rencontres de mon livre « Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale ». Or je me rends compte de la très grande variété des thèmes qui y sont abordés, avec un enchaînement qui fonctionne bien par écrit, mais qui n’est peut-être pas le meilleur pour les présentations orales que j’en fais dans ces clubs de lecture. J’ai donc pris la liberté de remanier ce contenu en le resserrant pour chacune de nos rencontres restantes autour d’un sujet plus circonscrit pour pouvoir s’y plonger véritablement et ne pas trop papillonner ou se disperser. Je n’ai pas encore tout recadré pour la 12 rencontre et l’épilogue, mais pour la prochaine 11e rencontre du mardi 24 mars prochain à 19h à l’Espace des possibles dans La Petite-Patrie (1052, rue Beaubien Est, Montréal), voici ce que ça donne. (suite…)

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lundi, 16 septembre 2024
Notre cerveau à tous les niveaux : diffusion sur les réseaux sociaux et passage à la radio

Comme mon livre « Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale » paraît au Canada le 1er octobre prochain, donc dans exactement deux semaines (le 24 octobre en Europe), l’éditeur Écosociété en a fait l’annonce sur les réseaux sociaux comme Facebook. Ils commencent ainsi :

« Nous sommes particulièrement excité·es de vous dévoiler aujourd’hui un projet qui nous a à la fois passionné·es et mis·es au défi. Un livre hors norme, comme il s’en fait peu… »

C’est quand même beau la maîtrise des euphémismes… 😉 Dans le sens où c’est un projet qui s’est étalé sur quatre ans et qui, de par sa taille et l’ampleur des thèmes abordés, en a fait voir de toutes les couleurs à tous les membres de la maison d’édition qui y ont contribué, tout comme à Rémy Guenin au niveau des illustrations et à… moi-même ! Mais la bonne nouvelle c’est qu’on est tous et toutes bien contents du résultat qu’ils terminent en décrivant comme suit :

« Des connaissances scientifiques aux préoccupations sociopolitiques, Bruno Dubuc propose ici un voyage à la portée de toute personne curieuse de remonter aux origines d’Homo sapiens pour mieux envisager son avenir. »

(suite…)

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lundi, 18 décembre 2023
Le cerveau n’est pas une navette spatiale et la vulnérabilité doit être au coeur de la science

On a porté à mon attention deux choses ces derniers jours (merci Jérémy et Jean-Pierre) qui m’ont inspiré ce billet à saveur un peu épistémologique, histoire de vous donner un peu de « nourriture pour l’esprit » à l’approche de la relâche du temps des Fêtes. La première est une impressionnante carte de la circuiterie cérébrale qui aspire, un peu comme celles des biochimistes avec le métabolisme cellulaire, à représenter la connectivité cérébrale inspirée des données neuro-anatomiques actuelles. Et la seconde est une réflexion du neuroscientifique Alex Gomez-Marin qui revient sur l’article publié il y a quelques mois par une centaine de scientifique accusant la théorie intégrée de l’information sur la conscience humaine d’être rien de moins que de la « pseudoscience ». C’est, en fait, un vibrant plaidoyer pour une science pluraliste qui doit demeurer ouverte à des approches qui s’écartent de la science « normale ». Simplement parce que c’est son essence et que c’est toujours comme ça qu’elle a progressé. (suite…)

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mardi, 10 octobre 2023
Une collaboration « adversariale » qui sème l’émoi dans le milieu de la recherche sur la conscience

Entre la révision d’images pour mon livre et la préparation de deux conférences à donner demain, je me contenterai cette semaine de vous relayer des extraits d’un article en français qui relate les derniers développements d’un « concours » pour le moins original et mouvementé visant à tester deux grandes théories rivales sur la conscience dont je vous avais déjà parlé ici en janvier 2020. (suite…)

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