Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 25 mai 2026
Dernier club de lecture de « Notre cerveau à tous les niveaux » mardi le 26 mai : boucler la boucle

C’est donc demain soir que nous allons nous retrouver pour une dernière fois à 19h au bar Les Sans-Taverne du Bâtiment 7 (1900 rue le Ber, à Montréal, où l’on peut boire de bonnes bières et manger), là où cette grande aventure a commencé avec Yvon en 2022, où elle s’est poursuivie pour le lancement du livre en 2024, et où elle se termine en 2026 en bouclant la boucle de ce club de lecture. Des rencontres mensuelles commencées il y a un peu plus d’un an qui ont permis de faire ressortir les concepts clés du bouquin, de les enrichir au passage de lectures plus récentes et surtout d’en explorer la richesse et parfois les angles morts avec vous. Comme annoncé ici dans mes deux billets précédents, on va aborder lors de cette dernière séance deux grands thèmes classiques, la question du soi et du libre arbitre, que l’on va revisiter à la lumière de tous les niveaux d’organisation sous-jacents que l’on a explorés dans les rencontres précédentes en suivant le sommaire du livre que je remets comme image pour ce billet et qui évoque cette approche évolutive par croissance de la complexité qui fut la nôtre. Je commencerai d’ailleurs la séance par un dernier rapide tour de piste, tel un accéléré de nos clubs de lecture, où j’irai chercher une notion par rencontre qui pourra nous être utile pour réfléchir ensuite sur qu’est une personne humaine à la lumière de tout ça. Et essayer de voir ensuite ce qui nous reste comme libre arbitre. Car je vous le dis tout de suite, il va sans doute falloir revoir vous attentes… à la baisse ! Ça promet donc pour la discussion, car j’essaierai de montrer que ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour autant. Et donc dans cette esprit de résumé préparatoire, je vous fais ci-dessous la liste des liens menant vers les 12 séances passées sur le site de l’UPop Montréal où vous trouverez le pdf de ma présentation Power Point pour chacune d’elle. L’idée étant d’évoquer pour chacune un élément pertinent pour la séance de demain et de permettre à ceux et celles qui en auraient manqué et voudraient y jeter un coup d’œil de le faire.

1ère rencontre : Le « connais-toi toi-même » de Socrate à l’heure des sciences cognitives, où l’on découvre que notre cerveau peut s’étudier comme objet mais aussi être ressenti comme sujet.

2e rencontre : De la « poussière d’étoile » à la vie : l’évolution qui fait qu’on est ici aujourd’hui, où l’on situe l’individu comme un niveau d’organisation émergeant des niveaux sous-jacents (molécules, cellules, organes, etc.) et contraint par le niveaux d’organisation sus-jacents (famille, communauté, culture, institutions sociales, etc.).

3e rencontre : L’humain découvre la grammaire de base de son système nerveux, où l’on voit que nos interactions avec l’environnement durant l’enfance et l’adolescence vont sculpter littéralement nos circuits neuronaux à la base de notre pensée et de notre personnalité.

4e rencontre : La plasticité neuronale à la base de l’apprentissage et de la mémoire, où l’on constate que la plasticité neuronale nous permet d’engrammer dans notre système nerveux durant toute notre vie énormément de choses sans que l’on en ait conscience.

5e rencontre : Des structures cérébrales reliées en réseaux de milliards de neurones, où l’on constate qu’il n’y a jamais de « centre » de quoi que ce soit dans le cerveau, mais des réseaux de nombreuses régions interconnectées, comme le réseau « du mode par défaut » centré sur notre identité passée et future.

6e rencontre : L’activité dynamique de nos rythmes cérébraux durant l’éveil, le sommeil et le rêve, où l’on comprend que grâce à la synchronisation d’activité nerveuse, notre cerveau adopte globalement des configurations transitoires adaptées aux situations dans lesquels nous nous retrouvons.

7e rencontre : Cerveau et corps ne font qu’un : l’origine des émotions, où l’on se rend compte que pour notre cerveau, les affects qui lui parviennent de notre corps sont comme d’autres signaux sensoriels en provenance du monde extérieur : il va les interpréter avec les meilleures catégories, ici émotionnelles, apprises dans sa culture durant son histoire de vie.

8e rencontre : Prédire et simuler le monde pour décider quoi faire, où l’on apprend qu’avec l’approche prédictive du cerveau, le soi est associé à la succession de nos meilleures prédictions basées sur nos souvenirs et nos croyances pour expliquer notre présence au monde d’instant en instant.

9e rencontre : Le langage : émergence de mondes symboliques communs et tremplin pour la pensée, où à travers des mécanismes complexes qu’on a décrit, on va pouvoir articuler une impression ou un jugement sur une autre personne qui va le recevoir et l’intégrer à son identité.

10e rencontre : Rationalisation, motivations inconscientes et cerveau prédictif, où l’on comprends que l’on accumule durant toute notre vie des modèles du monde (habitudes, automatismes, préjugés, etc.) qui permettent des réponses comportementales rapides sur lesquelles on va plaquer des justifications langagières a posteriori pour les expliquer.

11e rencontre : Where is my mind? Conscience humaine et questions existentielles, où l’on se rend compte que la « conscience de soi », le fait d’être capable de se représenter en tant qu’individu particulier, avec son histoire de vie, ses projets, etc., est une forme particulière de contenu conscient.

12e rencontre : Structures et institutions sociales: des vieux mondes dystopiques aux utopies concrètes, où l’on découvre qu’au lieu de se représenter l’être humain comme un espace vide d’entrecroisement de multiples contenus culturels, il faut reconnaître l’existence de structures sociales humaines universelles qui agissent comme points d’accroche des variations culturelles qui façonnent tout individu.

Voilà donc un aperçu des bases issues de notre parcours « du Big Bang à la conscience sociale » à partir desquelles nous réfléchirons ensemble demain sur la drôle de « bibitte » que nous sommes, qui est l’intégration de tous ces niveaux.

* * *

Si vous êtes ou avez des ami.es dans la région de Québec samedi prochain le 30 mai, je participerai également au 68e Salon Politique et Critique de la Nouvelle Académie Vulgaire organisé par Dominique Uhde, un événement semble-t-il fort sympathique.

Voici le résumé de ma présentation [MISE À JOUR : et voici le pdf du Power Point présenté] que je leur ai envoyé : « J’ai le goût de me payer un gros luxe avec vous dans le cadre de ce salon: celui de questionner ce qu’on n’a jamais le temps de questionner ailleurs, parce que la job, la famille et le militantisme, avec l’urgence de « changer le monde », ne nous laissent pas ce temps. Justement. Pourquoi la politique politicienne est si déprimante et la révolution si difficile à faire? Pourquoi les débats sont si affectifs et polarisés? En fait, qu’est-ce qu’une émotion? C’est quoi le langage ou la culture? Se pourrait-il qu’il y ait des lois, ou du moins des contraintes ou des lignes de force derrière tout ça? Si oui, d’où viennent-elles? Je propose une piste de réponse qui en fait encore frémir plusieurs: de notre biologie, ou plus précisément, de notre (très) longue évolution biologique. Si je cherche à être encore plus précis, je dirais qu’elles viennent de l’histoire de l’émergence du cerveau humain, qui nous fait percevoir, ressentir, agir et avoir conscience de tout ça avec plus ou moins le même «package deal», celui du «predictive processing» (le grand cadre théorique actuel en sciences cognitives). C’est seulement après ce long détour (qui constitue l’essentiel de mon livre « Notre cerveau à tous les niveaux. Du Big Bang à la conscience sociale » (Écosociété, 2024)) qu’il me semble qu’on peut commencer à voir un peu plus clair dans les débats sur «l’intelligence artificielle», la question du libre arbitre ou celle du «soi», à savoir c’est quoi, au fond, la bibitte humaine? Nous faisons le pari que mieux la comprendre peut contribuer au bien-être individuel et à l’harmonie collective. »

C’est au 350 5ème Rue App.15

Portes: 19h30

Conférence: 20h00

Événement Fb ici

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