Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






mardi, 6 avril 2021
Biais cognitifs et colloques sur Francisco Varela

Suite au long congé de Pâques, j’ai peu de temps aujourd’hui pour écrire un billet, alors je me contenterai de relayer quelques articles et événements intéressants qu’on m’a envoyés récemment. Ils portent sur les biais cognitifs, l’esprit critique, et pourquoi celui-ci est si souvent compromis par les premiers. Je vous parlerai également de deux colloques virtuels sur Francisco Varela organisés pour souligner le 20e anniversaire de son départ prématuré en 2001.

Dans l’excellent article « Why Facts Don’t Change Our Minds publié dans The New Yorker en février 2017 (quelques mois après l’élection de Trump…), Elizabeth Kolbert expose plusieurs expériences qui montrent que l’exposition de faits qui ne vont pas dans le même sens que ce que l’on pense ne sont pas très efficaces pour nous faire changer d’idée. Pourquoi en est-il ainsi ? Selon l’ouvrage « The Enigma of Reason” de Hugo Mercier et Dan Sperber, un phénomène comme le biais de confirmation cité plus haut devrait être renommé « myside biais » et ne peut être compris que dans une perspective évolutive où il a eu par le passé une fonction adaptative. Et celle-ci, selon ces auteurs, est à chercher du côté de la nature hyper sociale de l’espèce humaine. Par la suite, notre environnement a simplement évolué trop vite et nous sommes encore pris pour « vivre avec » cette façon automatique de penser.

On peut toutefois s’en prémunir un peu en apprenant à reconnaître ces biais cognitifs humain. Et pour cela, un bon moyen semble être ce cours en ligne de l’université de Genève intitulé « Exercer son esprit critique à l’ère informationnelle ». Les séances sont données par Mireille Bétrancourt et Emmanuel Sander et la première commence… aujourd’hui même ! J’avais déjà parlé d’Emmanuel Sander ici à propos du très stimulant ouvrage qu’il avait co-rédigé avec Douglas Hofstadter, « L’analogie, cœur de la pensée ».

Parlant d’événements qui débutent, le colloque virtuel « Ouroboros 2021: Life and Work of Francisco Varela » comptera une bonne douzaine de conférences sur l’œuvre de Franciso Varela, dont une de Evan Thompson demain mercredi le 7 avril ! Si l’on en croit la première qui a été donnée le 17 mars dernier, les présentations sont enregistrées et mises en ligne par la suite pour écoute en différé. Il y aura en tout une bonne douzaine de conférences à toutes les deux semaines environ jusqu’à cet automne. Beaucoup de proches collaborateurs et collaboratrices de Varela y commenteront des articles précis de celui qui a grandement contribué à réintroduire le corps et la phénoménologie dans les sciences cognitives modernes.

Enfin, un peu plus tard ce printemps, du 19 au 25 mai, aura lieu le colloque « Francisco Varela, une pensée actuelle » au célèbre Centre culturel international de Cerisy. Depuis 1952, ce château du XVIIe siècle a accueilli plus de 800 colloques dont les plus célèbres sont rapportés ici. Encore une fois, toute une brochette d’ami.e et de scientifiques qui poursuivent les voies ouvertes par Varela ont été réuni pour cet événement.

De la pensée au langage, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


mardi, 7 janvier 2020
Remerciements et deux conférences pour commencer l’année

Je voudrais commencer cette nouvelle année en remerciant du fond du cœur tous ceux et celles qui ont répondu la petite campagne de « socio-financement » de mon dernier billet. Le passage de 2019 à 2020 s’en trouve pas mal facilité pour moi au niveau financier, sans parler de ces nombreux mots d’encouragement qui donnent un sens à mon travail hebdomadaire sur ce blogue. Merci donc d’être là, fidèle au poste. Et merci encore pour vos contributions, tant les petites que les grosses qui me touchent toutes autant pour différentes raisons (les intéressé.es se reconnaîtront !). Comme je vous l’ai déjà écrit dans mes réponses à chacun.e  : soyez assuré.es que je fais tout mon possible pour continuer l’aventure ! (suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


mardi, 27 août 2019
La cognition incarnée enfin devenue « mainstream » !

Le dossier principal du numéro de septembre 2019 de la revue Cerveau & Psycho porte sur la « cognition incarnée ». Cela donne un bon prétexte pour mesurer le chemin parcouru depuis trois décennies au sein de ce qu’on appelle aujourd’hui les «sciences cognitives» et qui incluent les neurosciences, la psychologie, la philosophie, la linguistique, etc. Bref, toutes les disciplines qui s’intéressent de près ou de loin à « l’esprit humain ». Cela fait beaucoup de guillemets en peu de phrases (incluant le titre du billet!), mais c’est symptomatique d’une difficulté que rencontrent depuis toujours ceux et celles qui s’intéressent à l’être humain, à la façon dont il pense et se comporte. Les mots sont en effet les moins pires outils à notre disposition pour penser le monde, mais ils comportent de nombreuses limites et de nombreux pièges. À commencer par la catégorisation dichotomique, la plus célèbre en ce qui nous concerne aujourd’hui étant celle du corps et de l’esprit. (suite…)

De la pensée au langage, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


mardi, 15 mai 2018
Que pouvons-nous connaître ?

“Ce que l’on observe n’est pas la nature en soi mais la nature révélée par nos méthodes de questionnement.”

C’est avec cette citation du physicien quantique Werner Heisenberg, l’auteur du principe d’incertitude qui porte son nom, que Marcelo Gleiser, lui-même professeur de physique et d’astronomie, commençait un article publié dans la revue Nature la semaine dernière.

Intitulé « How Much Can We Know? », ce court texte soulève plusieurs questions fondamentales au sujet de la science en général, et a fortiori des sciences cognitives. Parce que dans la foulée des travaux de Heisenberg, on s’est rendu compte que nous n’avons pas, et n’auront probablement jamais, ce qu’on pourrait appeler un « accès direct » à la nature (ou au monde réel, appelez ça comme vous voulez). Bien sûr il y a des forces, des lois et des principes physiques universels que la science a permis de découvrir et qui nous sont fort utiles. La machine sur laquelle j’écris ce texte, par exemple, en utilise plein !

Mais ce n’est pas parce qu’on a pu révéler une partie de la structure de l’univers que c’est nécessairement une question de temps avant qu’on ait décrit l’entièreté de ses lois, de ses constituants et de ses principes. (suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


mardi, 23 janvier 2018
Deux livres sur l’approche énactive en sciences cognitives

J’ai commencé l’année 2018 sur ce blogue en décrivant certaines expériences bien concrètes qui, tant au niveau du fonctionnement du neurone que du cerveau dans son ensemble, remettait en question des conceptions établies. Mais les sciences cognitives, comme toutes les sciences, ont aussi besoin de s’inscrire dans des cadres théoriques et de définir certains concepts pour être fécondes. Et donc des débats philosophiques émergent forcément à ce moment-là. C’est à ce niveau que l’on se situe dans le billet d’aujourd’hui.

Mais comme je recommence mes activités régulières comme bien des gens cette semaine (dans mon cas des cours à l’UTA comme la session dernière), ce qui me laisse moins de temps pour écrire, je me contenterai de vous signaler la parution de deux ouvrages récents en philo des sciences cognitives. Deux ouvrages que je n’ai pas eu le temps de lire encore, d’où ce billet en guise de «to do list»…

Les deux livres concernent l’approche énactive mise de l’avant à partir du début des années 1990 par des pionniers comme Francisco Varela et Evan Thompson. (suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires