Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 20 avril 2026
12e club de lecture de « Notre cerveau à tous les niveaux » : cultures et institutions sociales

C’est donc ce mercredi le 22 avril à 19h, au bar Les Sans-Taverne, Bâtiment 7, 1900 rue le Ber, à Montréal que va avoir lieu la 12e et avant-dernière rencontre du club de lecture de mon livre Notre cerveau à tous les niveaux, toujours dans le cadre convivial de l’UPop Montréal. Je viens de relire mon billet de la semaine dernière où j’explique pourquoi c’est un peu le point culminant de ces rencontres mensuelles débutées il y a un an. Et c’est vrai que l’approche évolutive qui traverse cet ouvrage nous aura permis de gravir les nombreux niveaux d’organisation à partir des atomes et des molécules qui nous constituent jusqu’à la personne humaine que nous sommes, et qu’on peut être considérée comme un système dynamique complexe indissociable de son milieu. Or c’est ce milieu, principalement socio-culturel en ce qui nous concerne, dont on va explorer toute la richesse mercredi. Les grandes lignes évoquées dans ce dernier billet sont toujours celles que je compte développer lors de cette soirée. Mon plan de match est cependant maintenant plus clair et je vous partage donc ici le fil d’Ariane qui va nous permettre de cheminer à travers toutes ces thématiques sans trop se perdre (cliquez sur le plan pour l’agrandir) :

J’ai eu des choix difficiles à faire considérant qu’avec ses 70 pages, cette 12e rencontre est la plus longue du bouquin. Je ne vais donc pas reprendre toute la critique de la croissance économique et du capitalisme en général, inspirée dans mon ouvrage entre autres par le livre Guérir du mal de l’infini, d’Yves-Marie Abraham, qui avait d’ailleurs donné plusieurs cours sur ce sujet à l’UPop en 2015, 2017 ou 2022. Mais c’est certain que cette critique transparaîtra dans les exemples que je donnerai des autres thématiques abordées.

Pour les mêmes raisons, je n’évoquerai pas comme dans le livre l’apport de plusieurs autres disciplines comme l’archéologie, l’anthropologie ou l’histoire pour avoir une vue d’ensemble des nombreux facteurs socio-culturels qui modulent notre évolution. De cette approche multidisciplinaire essentielle, je me concentrerai sur un seul champ d’étude, la primatologie, où je puiserai quelques exemples démontrant dans ce cas-ci la pertinence de la comparaison inter-espèces pour mieux donner à voir la spécificité humaine.

Derrière cette démarche, tant celle du bouquin que de ce club de lecture depuis un an, il y a, au fond, toujours le même pari : celui d’essayer de comprendre un peu plus profondément d’où l’on vient, pour nous aider à passer des vieux mondes des vieux mondes dystopiques qui nous pourrissent encore l’existence à des utopies qui sont localement de plus en plus concrètes et qu’on doit faire se multiplier. Par exemple ce merveilleux projet du Bâtiment 7, cette « fabrique d’autonomie collective », dont fait partie le bar les Sans-Taverne où aura lieu cette 12e rencontre, comme dans le livre !

De la pensée au langage, Du simple au complexe | Pas de commentaires


lundi, 13 avril 2026
12e club de lecture de mon livre : une espèce sociale et très culturelle pouvant être tirée vers le meilleur ou vers le pire

« En effet, la question n’est pas de savoir quelle est la part d’inné et d’acquis, de contrainte ou de déterminisme génétique et de contrainte ou de déterminisme culturel, dans tel ou tel comportement social, mais de savoir en quoi l’espèce humaine, en tant qu’elle est le produit d’une longue histoire des espèces vivantes, est, par ses caractéristiques biologiques propres (altricialité secondaire, partition sexuée, grande longévité, uniparité, etc.), d’emblée porteuse de contraintes sociales qui vont peser très lourdement sur l’ensemble de son histoire culturelle. »

– Bernard Lahire, Les structures fondamentales des sociétés humaines (2023)

Un billet de blogue n’est pas un chapitre de livre et encore moins un ouvrage entier, et c’est rare que j’en commence un avec une citation. Mais comme je veux vous parler aujourd’hui de la 12e et avant-dernière rencontre du club de lecture de mon livre Notre cerveau à tous les niveaux, et comme c’est la plus chargée du bouquin, je trouve que cette phrase en exergue en résumait bien le point culminant, en quelque sorte. Car on arrive au terme de notre long voyage (il ne restera ensuite que l’épilogue) où grâce à une perspective évolutive sur nous-même on a tenté de comprendre d’abord comment la complexité de notre cerveau a pu se mettre en place, et comment par la suite (ou plus justement en coévolution avec) s’est complexifiée notre vie sociale si riche et culturellement diversifiée. Voilà donc venu ce moment où l’on va s’immiscer dans le merveilleux monde des « sciences sociales » où les démarches comme la nôtre n’ont pas toujours été les bienvenues. Heureusement, les choses changent et la transdisciplinarité est mise de l’avant (du moins dans les discours) comme la seule approche possible pour comprendre un tant soit peu les innombrables facteurs derrière le moindre fait humain. Inutile de dire que mon travail habituel pour ces clubs de lecture qui consiste à faire ressortir les concepts clés de cette rencontre est particulièrement ardu cette fois-ci, avec près de 70 pages à résumer ! Je ne pourrai donc aujourd’hui que vous en donner un aperçu, une dizaine de jours avant cette soirée qui aura donc lieu mercredi le 22 avril prochain à 19h, au bar Les Sans-Taverne, Bâtiment 7, 1900 rue le Ber, à Montréal (comme dans le bouquin, où tout a commencé et va finir…). (suite…)

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lundi, 21 novembre 2022
Journal de bord de notre cerveau à tous les niveaux : le meilleur et le pire de nos institutions sociales

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Voici donc quelques notes du « journal de bord » de mon livre inspiré par son avant dernier chapitre, le onzième. Un journal commencé en janvier dernier dans la foulée du 20e anniversaire du Cerveau à tous les niveaux et qui vous donne un aperçu du processus d’écriture, et surtout de réécriture depuis les derniers mois. Car après les chapitres un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit et neuf, j’avais dû, comme je l’expliquais la dernière fois dans mes réflexions autour du chapitre dix, revoir en profondeur toute la fin de l’ouvrage. C’est qu’un livre concocté sur plus deux ans et demi maintenant, qui aspire à raconter l’histoire des humains du Big Bang aux mouvements sociaux (rien que ça…), peut nous amener quelques bifurcations imprévues, ne serait-ce qu’à cause de tous les phénomènes que je croyais comprendre au début mais dont l’intransigeance de l’écriture a révélé les angles morts. Et je ne parle pas non plus de tous les liens faits en cours de route et que je ne pouvais même pas imaginer au début de cette aventure. Car après être passé au travers des nombreux niveaux d’organisations de notre système nerveux, de la synapse à ce corps-cerveau qui forme un tout indissociable, et en passant par son caractère dynamique et prédictif à toutes les échelles intermédiaires, et après avoir décortiqué un peu la mécanique du langage et tout ce qu’il peut comporter d’inconscient, j’en arrive aux cultures et aux institutions sociales. Et je vais tenter de comprendre pourquoi, à ce niveau, comparé par exemple à nos cousins primates contemporains, l’être ’humain fait exploser les possibles, et pas toujours pour le meilleur… (suite…)

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lundi, 24 décembre 2012
Parenté et origine évolutive des sociétés humaines

Le temps des Fêtes est un des prétextes de choix pour se retrouver en famille. Le fait d’avoir de la parenté est toutefois si universel et si commun pour nous tous  qu’on n’est pas porté à en questionner les origines. Et pourtant, cette parenté a joué et joue toujours un rôle déterminant dans la façon dont s’organisent nos sociétés.

Le primatologue montréalais Bernard Chapais le démontre de façon convaincante dans son livre Primeval Kinship: How Pair-Bonding Gave Birth to Human Society, publié en 2008 et pour lequel il a reçu un prix important en anthropologie en 2010 (voir le 2e lien ci-bas). (suite…)

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lundi, 7 mai 2012
Pourquoi on ne peut avoir qu’environ 150 vrais amis

Vous êtes fiers de vos 500 ou même 1000 ami(e)s Facebook ? Désolé de vous l’apprendre, mais vous en avez probablement beaucoup moins s’il faut en croire Robin Dunbar, professeur d’anthropologie évolutive à l’Université d’Oxford en Angleterre. Aussi peu que 150, en fait. C’est le fameux « nombre de Dunbar », une limite d’environ 150 personnes au-delà de laquelle on ne pourrait entretenir de véritables relations d’amitié. (suite…)

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