Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 17 mai 2021
Un arbre généalogique de nos comportements et des structures cérébrales associées (suite et fin)

J’avais commencé la semaine dernière à vous résumer l’article Resynthesizing behavior through phylogenetic refinement de Paul Cisek publié en 2019. Cet article m’a beaucoup éclairé sur la façon dont nos différentes structures cérébrales ont pu se mettre en place des premiers animaux multicellulaires jusqu’à nous, générant progressivement, à partir de comportements de base pour la survie, des comportements de plus en plus élaborés. Comme Cisek, je pense que c’est de là qu’il faut partir pour espérer un jour mieux comprendre les comportements de haut niveau chez l’humain. Car comme je le dis souvent en boutade, on n’a pas évolué pour pourvoir jouer aux échecs. On a évolué pour pouvoir trouver de la bouffe et des partenaires pour se reproduire en se déplaçant sans se casser la gueule ! Parce qu’essayer de comprendre nos processus cognitifs de haut niveau sans perspective évolutive, c’est un peu comme mettre la charrue devant les bœufs, ça ne fonctionne pas très bien…

Continuons donc de suivre l’apparition de nos grandes structures cérébrales et des comportements associés. (suite…)

Le bricolage de l'évolution | Pas de commentaires


lundi, 10 mai 2021
Un arbre généalogique de nos comportements et des structures cérébrales associées

Il y a, dans le cerveau humain d’aujourd’hui, certaines structures nerveuses qui sont apparues il y a très longtemps, d’autres plus tard, et d’autres encore plus récemment. Dès les années 1960, le neuroanatomiste Paul MacLean avait popularisé cette approche évolutive avec son cerveau à trois étages, le reptilien, le limbique et le néocortex. J’ai écrit ailleurs pourquoi on sait aujourd’hui qu’il s’agit d’une simplification dépassée. Mais comme souvent, ce premier débroussaillage allait être ensuite raffiné par des gens comme Jaak Panksepp dont j’ai aussi déjà parlé des considérations évolutives dans la genèse des émotions qui font la part belle aux structures sous-corticales communes à tous les mammifères. Aujourd’hui on va s’intéresser à un chercheur contemporain qui approfondit encore davantage cette tradition. Il s’agit de Paul Cisek que j’ai eu la chance de voir quelques fois en conférence puisqu’il travaille à l’université de Montréal. J’ai donc déjà parlé de ses travaux dans ce blogue ici, et encore.  Plus récemment,  en 2019, Cisek a publié un articles intitulé Resynthesizing behavior through phylogenetic refinement qui poursuit la réflexion de ses travaux antérieurs sur l’origine phylogénétique de nos comportements. Je vous propose cette semaine un survol de cet article qui m’a grandement intéressé parce qu’il m’a rappelé un certain cours durant mon baccalauréat en biologie sur la morphologie évolutive des vertébrés. Cours que j’avais adoré mais trouvé très difficile. Vous me pardonnerez donc, je l’espère, ce retour aux sources un peu nostalgique. Je vais essayer de vous rendre cela le plus digeste possible. Et comme c’est dense et assez long, on terminera la semaine prochaine. (suite…)

Le bricolage de l'évolution | Pas de commentaires


lundi, 1 mai 2017
Cerveau-corps-environnement, l’indissociable trio qui nous permet de penser

La troisième et dernière séance de mon cours de l’UPop Montréal qui sera donnée ce mercredi le 3 mai au bar la Station Ho.st à Montréal (entrée gratuite) s’intitule Cerveau-corps-environnement (les sciences cognitives énactives). Il s’agira d’un condensé de plusieurs sujets déjà traités dans d’autres présentations, notamment dans le cadre du cours sur la cognition incarnée de l’automne dernier à l’UQAM. (suite…)

L'émergence de la conscience, Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 21 novembre 2016
« La cognition incarnée », séance 11 : Affordances et prise de décision

Comme à chaque lundi de cet automne, voici un bref aperçu de la prochaine séance du cours sur la cognition incarnée que je donnerai mercredi prochain à 18h au local A-1745 de l’UQAM.  [les présentations en format pdf sont disponibles ici]

Après avoir regardé la semaine dernière « comment l’environnement entre dans notre cerveau » avec les représentations modales qui permettent d’ancrer la cognition dans le monde, nous allons cette semaine faire un pas de plus (c’est le cas de le dire, comme vous allez voir…) dans la considération de cet environnement où nous naviguons sans cesse. (suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


lundi, 20 juin 2016
Reconsidérer les fondements des sciences cognitives (suite et fin)

Nous concluons cette semaine le résumé amorcé la semaine dernière de la présentation faite par le Dr. Paul Cisek le 17 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre des rencontres CRISCo. Il s’agit donc de quelque chose d’un peu plus long que d’habitude qui s’inspire des capsules du Cerveau à tous les niveaux, c’est-à-dire une tentative de synthèse plus vaste d’un programme de recherche.

Nous avions donc terminé, la semaine dernière, en montrant que plusieurs problèmes classiques en sciences cognitives (l’ancrage des significations, la perception consciente, etc.) devenaient beaucoup plus simples si l’on considérait nos perceptions comme des occasions d’agir (des « affordances ») et la plupart de nos représentations comme pragmatiques plutôt que symboliques. J’aimerais maintenant donner un aperçu de l’« Affordance competition hypothesis », de Paul Cisek et ses collègues, qui est un modèle de la prise de décision inspiré de ces repréesentations pragmatiques.

* * *

Un organisme vivant situé dans un environnement a constamment devant lui des « occasions d’actions ». Comment décide-t-il à tout moment du prochain comportement qu’il va exécuter ? La question de la décision a traditionnellement été posée dans le cadre de l’approche computationnelle comme une résolution de problème, l’exemple paradigmatique étant peut-être celui du jeu d’échecs.

Comment décide-t-on du prochain coup aux échecs ? Constatons d’abord que ce type de « problème » à résoudre par un raisonnement rationnel nécessitant une longue délibération n’est pas le type de décisions que nous prenons le plus souvent dans une journée et que nos ancêtres ont eu à prendre constamment durant notre longue évolution. Celles-ci s’apparentent beaucoup plus à un choix entre prendre cette pomme-ci ou cette pomme-là, attaquer ce groupe de zèbres ou celui-là, ou simplement passer à droite ou à gauche de cet arbre devant nous. (suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


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