Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 10 juillet 2017
Musique et émotions

Quand je cherche un sujet plus léger pour l’été, je me rends compte que je pense souvent à la musique, peut-être à cause de tous les festivals de musique estivaux. Peut-être aussi parce que je n’ai jamais eu le temps de faire un thème sur ce sujet dans le Cerveau à tous les niveaux, malgré tous les bienfaits connus de l’apprentissage de la musique sur le cerveau.

Voici donc simplement deux liens sur ce sujet. Le premier concerne une conférence d’Emmanuel Bigand sur le cerveau et la musique, rappelant à quel point celle-ci influence grandement nos émotions. Et le second rapporte de rares cas où des personnes sont justement incapables de ressentir l’émotion qui accompagne une pièce musicale. Comme l’écrit Monique Castro dans son article :

« L’anhédonie, du grec « a » (sans) et « hêdonê » (plaisir), définit l’incapacité de certaines personnes à ressentir des émotions positives, comme c’est souvent le cas pendant les dépressions. Mais la découverte que des personnes en parfaite santé se révèlent incapables d’éprouver de plaisir à l’écoute de la musique est plus étonnante. « Nous avions connaissance de trois ou quatre personnes devenues anhédoniques musicales à la suite de lésions cérébrales. Que des personnes sans handicap ni problème particulier en soient atteintes, est une révélation », affirme Josep Marco-Pallarés, de l’Université de Barcelone, auteur avec des collègues espagnols et canadiens de l’étude publiée dans la revue PNAS en novembre. »

Il est intéressant de noter que dans l’article, le spécialiste de la musique et du cerveau Robert Zatorre qui travaille à l’Université McGill de Montréal rappelle que l’écoute de la musique ne diffère pas de la plupart de nos comportements en ce sens que notre cerveau :

« essaie en permanence d’anticiper ce qui pourrait nous arriver. Pour établir ses prédictions, il puise dans la mémoire et fait des liens avec ce que nous avons déjà vécu, ou ce qui pourrait s’en approcher. »

Considérer ainsi le plaisir musical dans le cadre général du « cerveau prédictif » est très éclairant puisqu’il permet de comprendre pourquoi il est si difficile de ressentir des émotions quand nous écoutons une musique inconnue pour la première fois. Avec une pièce connue, au contraire, la réalisation de nos prédictions à propos de tel ou tel passage musical que l’on avait anticipé nous procure un grand plaisir.

Et les scans d’imagerie cérébrale avec les anhédoniques musicaux ont justement montré une activité plus faible au niveau du noyau accumbens, une structure sous-corticale essentielle du circuit de la récompense.

Que d'émotions! | Pas de commentaires


Pour publier un commentaire (et nous éviter du SPAM), contactez-nous. Nous le transcrirons au bas de ce billet.