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Lundi, 5 juin 2017
Pour une école qui donne vraiment envie d’apprendre

Comme je donne demain l’une de ces « Écoles de profs » dont je vous ai parlé ici il y a un mois, je n’ai malheureusement pas beaucoup de temps pour écrire aujourd’hui. Alors la parade que j’ai trouvée pour me faire pardonner est double. D’abord vous dire que ma présentation complète de demain intitulée « Les sciences cognitives axées sur l’enseignement des sciences et des mathématiques au collégial » sera accessible au complet en suivant ce lien dès mercredi (c’est donc maintenant chose faite si vous cliquez sur le titre de la présentation…).

Et puis comme on est dans le thème de l’école, j’en profiterai pour simplement vous signaler un excellent article qui porte sur un documentaire récemment sorti en France et donnant la parole à d’anciens mauvais élèves. Comme le résume bien Louise Tourret au début de l’article :

« Le documentaire Mauvais élèves (en salles ce 12 avril) donne la parole à ceux qui ont beaucoup souffert à l’école, s’y sont immensément ennuyé, se sont révolté et ont beaucoup, beaucoup, réfléchi au système scolaire, à la pédagogie et à la condition d’élève.

Écouter les mauvais élèves et anciens élèves, c’est s’exposer à une description sévère de l’école. Un endroit dans lequel on entre très tôt dans sa vie et où l’on va passer une énorme partie de son enfance. Or, quand la scolarité est une souffrance, quand l’école est le lieu de l’échec, les répercussions sont plus importantes qu’on ne le croit dans la vie des individus. L’identité de «mauvais élève» est perçue par des enseignants (pas tous), par certains parents, par les enfants eux-mêmes comme un échec ou une incapacité personnelle et cela laisse tes traces profondes sur la construction des personnalités. »

Ouch… Voilà un côté peu reluisant de l’école qu’il faut tout de même regarder en face pour comprendre ce qui ne va pas. En particulier la question du sens semble être au cœur du problème. Les élèves, souvent, ne voient pas à quoi peut leur servir ce qu’on leur demande d’apprendre. Il manque souvent un lien entre leur réalité et ce qui leur est enseigné, ce qui diminue motivation et attention, deux prérequis fondamentaux à tout apprentissage. Toujours dans l’article de Tourret, on peut lire :

« Une scène est à ce titre particulièrement géniale: un petit garçon dit à son père ne pas comprendre pourquoi la guerre de 1870 doit lui importer, pourquoi il doit apprendre cela. Le papa, dont on apprend qu’il est pratiquement pris pour un demeuré par sa famille car il n’a pas eu son bac, lui explique doctement que c’est l’horreur de cette guerre, puis de la guerre de 14, les conflits pour la domination de l’Europe, et enfin de la Seconde Guerre mondiale qui ont justifié la construction européenne, soit le visage du contient dans lequel vit l’enfant aujourd’hui. L’enfant semble tout à coup comprendre, son visage s’éclaire. Les réalisateurs m’ont expliqué que la scène n’avait pas été préparée. Pourtant, c’est un véritable condensé: l’absence d’intérêt pour un savoir abstrait et lointain, puis le plaisir de comprendre et d’accéder à un savoir qui a du sens. »

De quoi nous rappeler la belle phrase d’Hélène Trocme-Fabre : «apprendre c’est accueillir le nouveau dans le déjà-là» qui rappelle non seulement à quel point notre mémoire est associative, mais que ces associations doivent pouvoir s’accrocher à quelque chose qui fait déjà parti du vécu de l’apprenant.e. C’est seulement ainsi que de nouvelles informations pourront acquérir un sens, se faire une place au sein des modèles du monde déjà présents dans le cerveau d’un individu.

« Pour l’une, c’est de mieux incarner les savoirs dans la vie: la géométrie n’est pas inutile pour réaliser une construction ou faire de la couture.

Pour une autre, c’est de connecter les savoirs entre eux qui permettrait de mieux apprendre, «si Pythagore était quelqu’un, racontez-le nous!», explique l’une des interviewées. Faire du lien entre les disciplines peut, à son sens, donner du sens aux apprentissages. »

C’est ce qui rend d’ailleurs le travail de préparation de mes présentations si long, ce besoin (je dirais même parfois cette obsession…) d’offrir le plus de liens possibles entre les différents phénomènes présentés, et ce, bien sûr, à tous les niveaux… Sur ce, j’y retourne, en espérant que ce que vous pourrez lire à partir de mercredi contribuera à inspirer de nouvelles pratiques pédagogiques !

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