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Lundi, 17 septembre 2012
Malbouffe et Alzheimer : des liens plus étroits qu’on pensait

Avec le retour en classe, c’est aussi le retour des lunchs à faire le matin pour bien des parents. Un geste routinier, mais important puisqu’il peut influencer non seulement les futures habitudes alimentaires des enfants, mais aussi avoir des conséquences sur leur qualité de vie quand ils deviendront grands-parents…

C’est du moins ce que l’on peut déduire de nombreuses recherches des dernières années sur la démence de type Alzheimer. Comment ? En passant par  l’obésité et le diabète, deux facteurs de risque déjà connus de l’Alzheimer. Et le rapport avec la boîte à lunch ? Le « junk food » qu’on y met parfois parce que c’est plus simple et que ça fait moins de chicane avec l’enfant qu’une diète équilibrée avec des épinards et des carottes !

Or l’étau a commencé à se resserrer quand plusieurs travaux ont montré que ce lien de l’Alzheimer avec le diabète était peut-être un aspect fondamental de ce type de démence. Autrement dit, l’Alzheimer serait peut-être un dérèglement métabolique où l’insuline jouerait un rôle majeur. Certains ont même suggéré de parler d’un « diabète de type 3 » pour désigner l’Alzheimer.

Or ce lien est loin d’être anodin si l’on examine quelques chiffres. On pense qu’environ 35 millions de personnes souffrent d’Alzheimer dans le monde. Les projections actuelles, basées sur le taux de vieillissement de la population, suggèrent que ce chiffre pourrait atteindre 100 millions en 2050.

Par ailleurs, aux États-Unis, le pourcentage de la population souffrant de diabète de type 2, qui est fortement relié à l’obésité (elle-même liée à la malbouffe), a presque triplé en 30 ans. Qu’arrivera-t-il si l’Alzheimer a des liens plus étroits qu’on ne le pensait avec le diabète ? Le potentiel de souffrance humaine devient assez épouvantable.

On a donc ici un cas parfait où le fameux « principe de précaution » devrait s’appliquer non seulement au niveau personnel, mais au niveau politique. Car on aura beau répéter que le gras, le sucre et le sel qui abondent dans le fast food ne sont pas bons pour la santé, cela n’y changera pas grand-chose. Notre cerveau a évolué pour nous faire apprécier ces substances plus que tout (notre survie dans des environnements où ces ressources étaient rares en dépendait), et la morale bien-pensante des campagnes de sensibilisation va toujours perdre contre des millions d’années d’évolution.

C’est pourquoi il faut s’attaquer à « l’offre », comme le disent les économistes, et légiférer contre l’industrie du fast food qui abreuve, c’est le cas de le dire, les enfants de leurs pubs sucrées et pétillantes. Blâmer les parents où les enfants de se nourrir de croustilles, de boissons gazeuses ou de hamburgers en spécial, c’est encore une fois s’attaquer aux victimes, souvent de milieux pauvres de surcroît, qui n’ont pas les moyens de résister à la propagande de la malbouffe tolérée par nos gouvernements. Gouvernements qui ont le devoir, faut-il encore le rappeler, de se soucier davantage de la santé des gens que de celle de l’industrie et du commerce.

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d_lien Loi contre la malbouffe

Les troubles de l'esprit | 3 commentaires »


3 commentaires à “Malbouffe et Alzheimer : des liens plus étroits qu’on pensait”

  1. Alex Schmitt dit :

    Sans aller jusqu’à évoquer notre deuxième cerveau, avoir une bonne nutrition permet d’avoir un système digestif en bonne santé ; ce qui permet d’avoir un corps en bonne santé. Maintenant que la relation corps-esprit revient au devant de la scène, j’espère que l’on pourra à l’avenir faire plus de recherche sur ce sujet, et se rendre compte que nos systèmes émotionnel et homéostasique sont affectés par la mal bouffe. Je dis se rendre compte car c’est quelque chose que j’ai vécu personnellement, et donc subjective, de l’ordre de la phénoménologie, que j’aimerais voir objectivée, par d’autres méthodes, scientifiques, statistiques dotés de protocoles rigoureux.

    En attendant, bon appétit …

  2. [...] démontrant que ce fléau peut avoir de graves conséquences non seulement sur la santé (ça, on le sait depuis longtemps), mais sur les capacités cognitives mêmes des personnes qui peinent à « joindre les deux bouts [...]

  3. [...] démontrant que ce fléau peut avoir de graves conséquences non seulement sur la santé (ça, on le sait depuis longtemps), mais sur les capacités cognitives mêmes des personnes qui peinent à « joindre les deux bouts [...]