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lundi, 26 avril 2021
L’exercice régulier amplifie la production d’anticorps après une vaccination

En écrivant mon billet de la semaine dernière sur les splendeurs et misères des publications scientifiques, j’ai découvert la revue Brain, Behavior, and Immunity. Dans le numéro courant, l’article Physical activity: A coadjuvant treatment to COVID-19 vaccination? a attiré mon attention. Car j’ai souvent parlé dans ce blogue des innombrables bienfaits de l’activité physique, au point d’écrire que c’est probablement ce qui se rapproche le plus de la mythique panacée ! Qu’en est-il de son influence sur la réponse immunitaire suite à un vaccin ? On sait que celle-ci peut varier selon les individus, ce qui va donc inévitablement influencer l’efficacité du vaccin et l’immunité de groupe que l’on cherche à obtenir avec. Dans l’article en question, Pedro L. Valenzuela et ses collègues montrent que l’exercice semble améliorer significativement la réponse immunitaire aux vaccins. Permettez-moi de n’être pas surpris…

On y apprend ainsi que même s’il n’y a pas encore eu d’études spécifiques sur l’effet de l’exercice sur les vaccins contre la COVID-19, plusieurs études ont été menées sur des programmes de vaccination antérieur, comme pour l’influenza. Ces études suggèrent que l’exercice régulier est une stratégie efficace pour amplifier la production d’anticorps après une vaccination. En 2020 par exemple, l’une d’entre ellles portait sur de jeunes athlètes de haut niveau. Elle montre que ceux-ci ont eu une plus grande augmentation de lymphocytes T et d’anticorps qu’un groupe contrôle du même âge. Dans une autre études publiée en 2019, on a pu aussi noter l’effet bénéfique sur la réponse immunitaire post-vaccinale chez les personnes âgées qui marchaient beaucoup chaque jour. Dans leur cas, en plus des anticorps, c’était d’autres cellules immunitaires comme les monocytes dont le nombre était augmenté. Et en 2015, une autre étude avait démontré que les personnes de 65 à 85 ans qui s’entraînaient dans un sport depuis 17 ans ou plus en moyenne démontraient une réponse accrue à la vaccination contre l’influenza que des individus du même âge qui ne s’entraînaient pas. Enfin, une étude de 2009 avait démontré que des gens de 70 ans en moyenne qui étaient sédentaires mais qui se mettaient à faire de l’exercice cardiovasculaire d’intensité modérée voyaient leur réponse immunitaire s’améliorer considérablement comparé à un groupe contrôle resté sédentaire.

À l’heure où nos gouvernements continuent à distiller la peur et les menaces coercitives au lieu d’expliquer simplement aux gens comment être prudents pour éviter la transmission de la COVID-19, quand entend-on parler de l’importance d’être actif physiquement pour avoir une bonne réponse immunitaire ? Pratiquement jamais. Pourtant, comme on vient de le voir, de multiples données vont en ce sens, alors que l’on sait depuis des décennies que la peur et l’anxiété diminuent, elles, la réponse immunitaire. À la place, on impose un couvre-feu hâtif dont non seulement les avantages sont loin d’être démontrés, mais qui limite en plus les moments où l’on peut aller marcher ou courir à l’extérieur, alors même que la température nous y invite de plus en plus. Trouvez l’erreur…

Toujours dans la même revue Brain, Behavior, and Immunity, un autre article publié en octobre dernier faisait une revue systématique des études dont on disposait alors sur les impacts de la COVID-19 sur la santé mentale. Et les conclusions sont loin d’être reluisantes : les patients atteints de la COVID-19 montrent de hauts degrés de syndrome de stress post-traumatique et une augmentation du niveau de dépression; les patients qui souffraient déjà de troubles psychiatrique rapportent une détérioration de leurs symptômes; on note une augmentation du nombre de symptômes psychiatrique chez les travailleurs et travailleuses de la santé; et une diminution générale du bien-être psychologique est observé dans le grand public en général.

Encore une fois, sans être un remède miracle, on sait depuis longtemps que l’exercice physique régulier améliore aussi l’humeur et la santé mentale. Pourquoi alors les autorités de la santé publique ne font-elles pas de vastes campagnes d’information pour inciter les gens à bouger davantage dans le contexte de cette pandémie ? Une conception de la médecine de plus en plus axée sur les pilules et les vaccins plutôt que sur une bonne hygiène de vie qui prévient la maladie semble difficile à écarter comme problème à la source de cette énorme incohérence sur le plan strictement scientifique.

Sur le plan politique par ailleurs, on gagerait tous, nos dirigeant les premiers, à comprendre comment et pourquoi le capitalisme, c’est mauvais pour la santé. À moins, bien sûr, d’être à l’aise avec la situation actuelle où des intérêts privés passent avant le bien-être collectif

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