Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






lundi, 18 novembre 2019
Un café philosophique sous le thème « Sciences cognitives et libre arbitre »

Cette semaine, au lieu de vous faire un premier billet sur ma prochaine séance du cours «Notre cerveau à tous les niveaux» qui aura lieu le mercredi 27 novembre prochain, je fais une petite parenthèse pour vous parler d’un autre cours de l’UPop Montréal qui se donnera ce soir au même café Les Oubliettes. Il s’agit du cours Cafés philosophiques. 10 ans, 10 discussions animé par Frédéric Legris, professeur de philosophie au cégep de St-Jean-sur-Richelieu. Ce cours se veut une rétrospective bonifiée des 10 ans de l’UPop Montréal : un.e professeur.e d’un ancien cours de chaque année de l’UPop vient rappeler un enjeu majeur développé dans cet ancien cours qui devient le point de départ d’une discussion collective à visée philosophique. Et ce soir, en tant qu’ancien prof du cours Parlons cerveau de l’UPop, c’est moi qui ai l’honneur de démarrer la discussion avec une courte présentation sur le thème : « Sciences cognitives et libre arbitre : de nouveaux paradigmes qui éclairent la question« . (suite…)

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lundi, 20 juin 2016
Reconsidérer les fondements des sciences cognitives (suite et fin)

Nous concluons cette semaine le résumé amorcé la semaine dernière de la présentation faite par le Dr. Paul Cisek le 17 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre des rencontres CRISCo. Il s’agit donc de quelque chose d’un peu plus long que d’habitude qui s’inspire des capsules du Cerveau à tous les niveaux, c’est-à-dire une tentative de synthèse plus vaste d’un programme de recherche.

Nous avions donc terminé, la semaine dernière, en montrant que plusieurs problèmes classiques en sciences cognitives (l’ancrage des significations, la perception consciente, etc.) devenaient beaucoup plus simples si l’on considérait nos perceptions comme des occasions d’agir (des « affordances ») et la plupart de nos représentations comme pragmatiques plutôt que symboliques. J’aimerais maintenant donner un aperçu de l’« Affordance competition hypothesis », de Paul Cisek et ses collègues, qui est un modèle de la prise de décision inspiré de ces repréesentations pragmatiques.

* * *

Un organisme vivant situé dans un environnement a constamment devant lui des « occasions d’actions ». Comment décide-t-il à tout moment du prochain comportement qu’il va exécuter ? La question de la décision a traditionnellement été posée dans le cadre de l’approche computationnelle comme une résolution de problème, l’exemple paradigmatique étant peut-être celui du jeu d’échecs.

Comment décide-t-on du prochain coup aux échecs ? Constatons d’abord que ce type de « problème » à résoudre par un raisonnement rationnel nécessitant une longue délibération n’est pas le type de décisions que nous prenons le plus souvent dans une journée et que nos ancêtres ont eu à prendre constamment durant notre longue évolution. Celles-ci s’apparentent beaucoup plus à un choix entre prendre cette pomme-ci ou cette pomme-là, attaquer ce groupe de zèbres ou celui-là, ou simplement passer à droite ou à gauche de cet arbre devant nous. (suite…)

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jeudi, 9 juin 2016
Reconsidérer les fondements des sciences cognitives

Voilà un titre pour le moins accrocheur. C’était celui d’une présentation faite par le Dr. Paul Cisek le 17 mars dernier à l’Université du Québec à Montréal dans le cadre des rencontres CRISCo. Je me suis donc fait accrocher et j’y suis allé, sans savoir que cet événement allait m’amener à écrire un billet un peu différent de ce que j’ai l’habitude de faire sur ce blogue.

Ce que vous allez lire n’est donc pas, comme d’habitude, un court texte présentant une étude récente, mais plutôt quelque chose de semblable aux capsules du Cerveau à tous les niveaux, c’est-à-dire une tentative de synthèse plus vaste d’un programme de recherche. Le billet sera ainsi plus long et agrémenté de plus d’images pour aider à en faire comprendre certains concepts qui correspondent peut-être plus au niveau avancé du Cerveau à tous les niveaux. Mais rassurez-vous, l’été s’en vient et il y aura des billets estivaux plus faciles à digérer bientôt !

* * *

Partons donc de la conférence de Paul Cisek et de son titre : reconsidérer les fondements des sciences cognitives (tout cela se passait en anglais et toutes les traductions sont donc de moi…). Quels sont ces « fondements » et d’où viennent-ils ? De très loin, en fait. D’aussi loin que Platon ou Descartes selon plusieurs, dont Cisek. (suite…)

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lundi, 28 mars 2016
L’activité endogène du cerveau force à repenser plusieurs phénomènes

L’idée de ce billet m’est venue en regardant la forte pluie tomber ce matin sur Montréal. C’est qu’en boutade, je dis souvent, pour attirer l’attention sur l’activité endogène du cerveau, « qu’il pleut tout le temps dans notre tête » ! Qu’est-ce à dire ?

C’est que depuis quelques décennies, on peut dire qu’on est passé d’une conception passive d’un cerveau qui attend ses inputs de l’environnement pour y réagir à une conception d’un cerveau ayant toujours une activité endogène (et qui, comme on va le voir, influence ce qui parvient au cerveau de l’extérieur). (suite…)

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lundi, 20 mai 2013
Libre arbitre et neuroscience

La question du libre arbitre compte certainement parmi les (sinon LA) questions qui a fait couler le plus d’encre depuis que l’être humain s’interroge sur sa condition. Or depuis quelques décennies, les neurosciences se sont invitées dans le débat. Et les données qu’elles apportent ne peuvent plus être ignorées par les philosophes.

Tout a commencé quand on a découvert, dans les années 1960, qu’un mouvement volontaire (et donc librement initié) est précédé dans le cerveau d’une activité neuronale préparatoire détectable une bonne seconde avant l’exécution du mouvement. (suite…)

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