Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 10 février 2020
La suite du cours Notre cerveau à tous les niveaux

« Le long sentier vers l’humanisation de l’humanité est éclairé par trois luminaires: le désir de comprendre le monde (la science), de l’embellir (l’art) et d’aider les êtres vivants à vivre (l’empathie). »

- Hubert Reeves, Le banc du temps qui passe, p.145

Nous sommes « de la poussière d’étoile », comme le dit aussi Hubert Reeves. Mais de la poussière d’étoile méchamment bien organisée ! Une (auto)organisation qui défie, l’espace de quelques décennies, la tendance thermodynamique naturelle vers la désorganisation, l’entropie. Mais dans ce bref et fragile intervalle de temps qu’on appelle la vie, l’être humain a le temps de se poser quelques questions sur ce qu’il fait sur cette planète. Je reprends cette semaine une démarche commencée cet automne, et qui va en ce sens : le cours Notre cerveau à tous les niveaux, donné en collaboration avec l’UPop Montréal.

Il s’agit de la suite de cette série de 10 séances dont 5 ont été données cet automne au café Les Oubliettes. Comme je l’expliquais dans ce billet présentant la démarche générale du cours, celui-ci part d’une question toute simple mais fondamentale : que peut-on connaître ? Et très vite nous nous étions rendu compte que cette question est indissociable du type de système nerveux qui se la pose. (Lire la suite…)

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Lundi, 3 février 2020
L’hypothèse de l’expertise, ou pourquoi « l’aire de reconnaissance des visages » s’active devant une partie d’échecs

Ceux et celles qui lisent ce blogue régulièrement auront peut-être remarqué que je suis un amateur du jeu d’échecs. J’avais parlé il y a longtemps de ses vertus pour l’apprentissage à l’école et, à l’occasion du dernier championnat du monde des échecs à l’automne 2018, de son utilité générale dans la vie de tous les jours. Or je lisais récemment un article sur les processus cognitifs qui sont mis en jeux lorsqu’on joue aux échecs et un détail m’a fait tiquer. J’ai pensé en faire mon sujet d’aujourd’hui parce que ce détail ouvre sur un débat fondamental, celui de la spécialisation des aires cérébrales, autrement dit de la relation entre structure et fonction dans le cerveau. (Lire la suite…)

Le bricolage de l'évolution | Pas de commentaires


Mardi, 28 janvier 2020
Un « concours » pour tester deux grandes théories rivales sur la conscience

Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler la façon classique de faire de la science. Mais quand vient le temps d’étudier quelque chose d’aussi complexe et évanescent que la conscience humaine, il semble qu’on puisse en arriver à l’étonnant « concours » dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. Deux grandes théories rivales sur les corrélats neuronaux de la conscience vont en effet être testées littéralement l’une contre l’autre dans six laboratoires répartis sur trois continents ! C’est ce que nous apprenait un article de la revue Science en octobre dernier, tout en précisant que ce qui ressemblait à une sorte de pari fait entre scientifiques à la pause-café était tout de même assorti d’un budget de 20 millions de dollars venant d’une fondation subventionnant les recherches à l’intersection de la science et de la religion. (Lire la suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


Lundi, 20 janvier 2020
Quand notre système immunitaire se trompe et attaque nos récepteurs NMDA

On l’oublie trop souvent quand tout va bien, mais le bon fonctionnement de notre corps et de notre cerveau dépend à tout moment de milliers et de milliers d’interactions moléculaires tant à l’intérieur qu’entre nos cellules. Certaines de ces molécules sont petites et assez simples mais d’autres sont extrêmement complexes comme les protéines, ces « briques du vivants » formées de centaines et même souvent de milliers d’acides aminées qui s’enchaînent dans un ordre précis et se replient pour former une structure tridimensionnelle qui donnera sa fonction à la protéine. Tantôt ce sera une enzyme capable de couper ou de coller telle molécule à telle autre, tantôt de changer de forme pour faire se contracter nos fibres musculaires ou encore pour laisser passer des petits ions à travers la membrane d’une cellule comme dans le cas des protéines transmembranaires qui agissent comme des canaux ou des pompes. Quand tout va bien, on oublie l’extrême complexité et donc l’extrême fragilité de tout ça. Qu’arriverait-il si, par exemple, une seule de ces protéines se mettait à mal fonctionner ou à être détruite ? Le billet d’aujourd’hui en donne un exemple parmi tant d’autres, celui des encéphalites auto-immunes, et plus particulièrement la forme qui s’attaque à nos récepteurs NMDA. (Lire la suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 13 janvier 2020
Les effets bénéfiques de la méditation, des champignons magiques et du ski de fond !

On peut modifier son cerveau, et donc ses pensées et son comportement, de deux grandes façons : en répétant  certains comportements ou bien en introduisant des molécules dans le cerveau. Dans le premier cas, c’est ce qu’on appelle couramment des apprentissages. Et dans le second, la prise de drogues ou de médicaments. Notons tout de suite que le premier cas peut se subdiviser à son tour en deux. On peut apprendre en « offline », sans que le corps ne soit directement impliqué (comme en lisant ou en méditant) ou on peut apprendre en « online » quand c’est le corps qui bouge qui nous fait apprendre (comme en s’entraînant dans une discipline sportive). Et signalons que lorsqu’on apprend par des comportements, en bougeant ou non, on modifie évidemment la biochimie de son cerveau et éventuellement sa structure, exactement comme lorsqu’on introduit directement une molécule psychoactive dans cette forêt neuronale extrêmement riche et complexe qu’est notre cerveau.

Cette petite intro me semblait pertinente pour introduire les deux études dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. La première s’intitule “Psilocybin-assisted mindfulness training modulates self-consciousness and brain default mode network connectivity with lasting effects“ et a été publiée en août dernier dans le revue NeuroImage. (Lire la suite…)

Au coeur de la mémoire, Dormir, rêver... | Pas de commentaires