Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 15 juillet 2019
Les corrélats neuronaux de la beauté mathématique

Je fouille dans mes vieux articles classés « petits billets pour l’été » et je tombe sur celui-ci de 2014 intitulé « The experience of mathematical beauty and its neural correlates ».

On y rappelle d’abord deux choses. Premièrement que ce n’est pas d’hier que des mathématicien.nes parlent d’un véritable plaisir esthétique qui peut les envahir à la vue de certaines formules mathématiques. Et deuxièmement, que plusieurs expériences d’imagerie cérébrales ont montré que l’activation du cortex orbito-frontal médian (et particulièrement sa région A1) était l’un des corrélats neuronaux les plus associés à l’expérience esthétique perceptuelle (beauté d’une personne, d’un paysage, d’une pièce musicale, etc.). D’où la question à l’origine de cette étude : est-ce qu’un plaisir en apparence d’origine aussi abstraite que l’appréciation d’une formule mathématique active ce même cortex orbito-frontal médian chez les mathématicien.nes ému.es par une belle formule ? Et la réponse semble bien être oui…

Pour arriver à cette conclusion, Semir Zeki et son équipe ont demandé à une quinzaine de mathématicien.es de passer en revue une soixantaine de formules mathématiques et de les classer sur une échelle de – 5 (laides) à + 5 (superbes) selon ce qu’elles évoquaient comme sentiment en eux. Deux semaines plus tard, on les mettait dans un scan d’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf) et on leur demandait de refaire la même chose.

Parmi les formules mathématiques jugées comme les plus esthétiques revenaient souvent l’identité de Leonhard Euler, celle de Pythagore et les équations de Cauchy-Riemann. L’équation d’Euler (la première illustrée ci-dessus) relie cinq constantes mathématiques fondamentales avec trois opérations arithmétiques différentes. Sa beauté aurait été comparée au soliloque du Hamlet de Shakespeare, pour vous dire ! Et parmi les plus laides, plusieurs choisissaient l’équation fonctionnelle de Riemann et la série infinie de Srinivasa Ramanujan (la seconde illustrée ci-dessus qui, même pour un non mathématicien comme moi, a quelque chose de foncièrement repoussant !).

Et donc non seulement les jugements étaient consistant entre la première et la seconde évaluation, mais les formules considérées comme les plus esthétiques activaient la région A1 du cortex orbito-frontal médian (par ailleurs l’une des nombreuxes régions aussi activée dans l‘expérience mystique et la méditation). Comme quoi chez l’être humain une émotion esthétique peut être déclenchée par autre chose qu’une image ou de la musique, jusqu’à la soi-disant froide abstraction mathématique !

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Lundi, 8 juillet 2019
Une première édition pour l’école d’été en neuroéducation

Du 26 au 28 juin dernier s’est tenue à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) la première édition de l’école d’été en neuroéducation. Menée en partenariat avec l’Association pour la recherche en neuroéducation (ARN),  les deux journées et demie de conférences et d’ateliers visaient à « créer un espace d’échange entre chercheurs et praticiens en abordant différentes thématiques et en mobilisant plusieurs connaissances issues des recherches en neuroéducation : la mémoire, les fonctions exécutives, les troubles d’apprentissage, le rôle du sommeil, du stress et des émotions dans l’apprentissage, etc. » (Lire la suite…)

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Mardi, 18 juin 2019
« Les » Alzheimers

J’ai lancé le sous-thème du Cerveau à tous les niveaux sur « la démence de type Alzheimer » au début de l’année 2011. Je me souviens être sorti de la recherche et de la rédaction de cette section du site avec le sentiment qu’on ne comprenait finalement pas grand-chose à cette maladie et que les causes en demeuraient fort obscures malgré notre connaissance de marqueurs biologiques comme les plaques amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires. Où en sommes-nous aujourd’hui, 8 ans plus tard ? C’est à cette question que ce (long) billet tente de répondre. Et devinez quoi ? Ce n’est pas simple… (Lire la suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Mardi, 11 juin 2019
Du fil de nouvelles à l’article de revue : l’exemple de la computation dendritique

Je vous propose cette semaine d’expliciter un peu le parcours qui mène à l’écriture de certains billets de ce blogue. Parce que ça a un aspect pédagogique sur la façon dont on communique les résultats scientifiques. Et aussi parce qu’au-delà des derniers développements d’un domaine de recherche particulier, rappeler l’histoire de l’évolution des concepts et techniques de ce champ de recherche est souvent aussi intéressant, sinon plus.

Étape I : le titre accrocheur des fils d’actualité scientifique

Pour attirer l’attention, les titres des fils d’actualité scientifique comme Neuroscience News se font souvent intrigants. Comme celui sur lequel je suis tombé hier : « Neurons’ “antennae” are unexpectedly active in neural computation« . S’agissait-il d’un nouveau type de neurone avec des « antennes » que je ne connaissais pas encore ? Rapidement, on se rend compte en lisant l’article que ce qu’ils appellent l’antenne du neurone est simplement ses dendrites, les multiples prolongements qui émanent du corps cellulaire du neurone. L’article devenait du coup pas mal moins exotique, quoi qu’il restait l’histoire de leur activité étonnamment grande dans la computation neuronale. (Lire la suite…)

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Mardi, 4 juin 2019
L’illusion de la main en caoutchouc

L’impression d’avoir un corps et de distinguer ce qui en fait partie ou pas est quelque chose que l’on expérimente à chaque instant. C’est un sentiment si familier qu’on s’imagine difficilement comment il pourrait en être autrement. Et pourtant plusieurs expériences, comme celle de l’illusion de la main en caoutchouc dont on va parler dans ce billet, démontrent que c’est une sensation complexe construite par notre cerveau à partir de multiples informations sensorielles qui lui parviennent en permanence. (Lire la suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires