Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 14 octobre 2019
Un grand voyage en boucle : comprendre scientifiquement comment émerge notre humanité

C’est ce mercredi 16 octobre à 19h au café Les Oubliettes que commence le cours «Notre cerveau à tous les niveaux» que j’aurai le plaisir de donner en collaboration avec l’UPop Montréal. Comme je l’expliquais il y a deux semaines dans ce billet présentant la démarche générale du cours, je vous présente aujourd’hui quelques questions plus précises que nous nous poserons mercredi lors de cette première séance intitulée « Le « connais-toi toi-même de Socrate à l’heure des sciences cognitives ». Une séance qui se veut le point de départ de toutes les autres et qui sera aussi en quelque sorte… son point d’arrivée ! C’est la structure cyclique que j’ai choisie pour le cours, grandement inspirée par le livre « L’arbre de la connaissance » d’Humberto Maturana et Francisco Varela.

Ce point de départ sera donc celui de l’observateur observé, ou si l’on veut, du cerveau humain qui tente de se comprendre lui-même. Et pour cela, comme je l’écrivais la semaine dernière, on doit d’abord comprendre que la question de la connaissance est indissociable de notre structure biologique et de notre histoire (évolutive et personnelle). Prenez le cas des illusions d’optique. Et en particulier, de celles qui, comme l’échiquier d’Adelson, nous « jettent par terre » tellement nous sommes troublés de constater à quel point nos sens peuvent nous tromper. Et comment cela nous amène à repenser le monde de nos perceptions qui ne semble pas, c’est le moins qu’on puisse dire, être le « miroir » du monde extérieur auquel on s’attendait. Au contraire, nos perceptions semblent bien plus des interprétations, des constructions, ou des simulations faites à partir de ce que nos sens peuvent capter du monde.

Bref, les illusions d’optiques nous conduisent à reconnaître que c’est la structure particulière de notre corps et plus spécialement de notre système nerveux qui détermine ce qui pourra être connaissable pour nous.

Mais le rejet de la connaissance comme un « miroir » du monde indépendant de l’observateur n’implique pas non plus de sombrer dans une position solipsiste et relativiste totale d’un subjectivisme absolu où tout serait arbitraire et créé dans notre « esprit ». Ou bien où l’on nierait carrément l’existence de toute structure causale dans le monde extérieur ! Loin de là. Il faudra, comme le dit Varela, « naviguer entre ces deux pièges ». Ce ne sera pas facile car, on vient de le voir, l’apparente solidité du monde s’évanouit lorsque nous l’examinons de plus près. Par conséquent, il nous faudra réfréner cette tentation de vivre dans un monde de certitudes et de perceptions indiscutables si l’on veut véritablement comprendre le phénomène de la cognition.

Autrement dit, il faut douter et mettre de côté le sens commun. Cela a aussi un autre nom : faire de la science ! Nous explorerons donc dans un deuxième temps ce que signifie « faire de la science » et comment la méthode scientifique peut nous aider. L’idée maîtresse ici sera de reconnaître que bien sûr il y a des forces, des lois et des principes physiques universels que la science a permis de découvrir et qui nous sont fort utiles (pour écrire et publier ce texte, par exemple). Mais dans la foulée des travaux du physicien quantique Werner Heisenberg, on s’est rendu compte que nous n’avons pas, et n’auront probablement jamais, ce qu’on pourrait appeler un « accès direct » à la nature (ou au monde réel, appelez ça comme vous voulez).

Comme nos sens ne nous donnent qu’un accès étroit au spectre du monde physique (pensez aux ondes électromagnétiques dont on ne perçoit que les longueurs d’onde entre le rouge et le violet, mais pas l’ultraviolet comme les abeilles, etc.), il nous a fallu très vite des instruments pour recueillir des données autrement inaccessibles par nos sens. Or à partir du moment où l’on a besoin d’un microscope ou d’un télescope pour étendre la portée de nos sens, on devient tributaire de ce que ces appareils, à leur tour, peuvent ou ne peuvent pas voir, de leur mode de fonctionnement, de ce qu’ils mesurent véritablement, etc. Les données qu’ils nous permettent de recueillir nécessitent donc une part de plus en plus grande d’interprétation.

Et parce que les aspects du monde que l’on veut observer sont soit trop petits, trop grands ou trop complexes, ça va nous nous prendre des modèles pour interpréter ces données ! Et cela va donc nous amener à clarifier ce qu’est un modèle, une théorie, une hypothèse ou une loi en science, comme je l’avais fait dans ma conférence La construction des théories scientifiques.

Je terminerai en détaillant un peu le contenu des dix séances de ce cours (5 à l’automne, 5 à l’hiver) dont l’objectif est de montrer qu’on peut comprendre scientifiquement comment émergent les phénomènes propres au vivant, incluant notre humanité. Et je conclurai en disant pourquoi je crois que beaucoup des problèmes que nous rencontrons aujourd’hui semblent liés à notre ignorance de l’acte de connaître. Difficulté qui est, dans cette optique, forcément aussi liée à l’idée que nous n’avons pour seul monde celui que nous faisons émerger avec d’autres.

Que tout cela vous semble évident ou au contraire loin de l’être, ce que j’offre au fond avec ce cours c’est un espace pour s’arrêter et y réfléchir un peu ensemble. Si ce type de voyage vous intrigue, embarquez avec nous dès mercredi (et en plus c’est un voyage à empreinte de carbone très très réduite…) !

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Lundi, 7 octobre 2019
La question de la connaissance est indissociable de notre structure biologique et de son histoire

C’est cette semaine que je commence à écrire sur certains aspects du cours gratuits que je donnerai cette année pour souligner les dix ans de l’UPop Montréal. Comme je l’expliquais la semaine dernière, le cours intitulé «Notre cerveau à tous les niveaux» comptera cinq séances à la session d’automne et cinq à la session d’hiver-printemps. Et les deux lundis avant chaque séance, je préparerai le terrain en écrivant d’abord un billet sur l’étendue du domaine que le titre de cette séance suggère en allant puiser dans les 448 billets publiés depuis l’ouverture du blogue il y a neuf ans. Et puis, deux jours avant le cours (comme celui du 16 octobre prochain), je vous proposerai l’itinéraire particulier auquel j’en suis arrivé pour tenter de faire le tour du sujet en une heure !

On commence donc aujourd’hui en présentant certains aspects des sciences cognitives qui peuvent être reliés au sujet de la première séance que j’ai essayé de saisir dans le titre : « Le « connais-toi toi-même de Socrate à l’heure des sciences cognitives ». (Lire la suite…)

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Lundi, 30 septembre 2019
Dix cours gratuits sur le « ceveau-corps » avec du contenu publié sur ce blogue !

J’avais fait allusion il y a quelque semaines dans ce blogue à quelque chose de « gros » qui s’en venais cet automne. Le moment est venu de vous en parler puisque la chose est rendue publique depuis vendredi dernier, jour de la manifestation historique pour le climat ou près de 500 000 personnes sont descendues dans la rue pour exiger des mesures d’urgence pour contrer le réchauffement climatique. Ce qui implique, en passant, de sortir de notre dépendance au pétrole et de remettre en question l’ensemble du système productiviste capitaliste en place. Pas une mince affaire, donc.

Voilà pourquoi une initiative comme l’UPop Montréal, une université populaire qui offre des cours gratuits favorisant le partage des connaissances et l’esprit critique dans les bars et les cafés est plus que nécessaire. Et ça tombe bien, car elle lançait le même soir sa 10e année d’existence dans la très chic salle du Lion d’Or . Une soirée style cabaret où l’UPop a dévoilé son « Manifeste pour une éducation populaire » qui conclut que l’éducation peut être une arme, et même doit être une arme. Une arme d’émancipation massive ! (slogan de cette 10e année).

Cette soirée a aussi permis de dévoiler la programmation de cette nouvelle session d’automne 2019 et chaque prof est venu présenter brièvement son cours. Dont moi, qui ai fait ça avec une présentation Prezi que vous pouvez retrouver ici avec le texte d’accompagnement. Car pour souligner les dix ans de l’UPop, je vais offrir un cours intitulé de façon très originale ( !) «Notre cerveau à tous les niveaux». Il comportera dix séances (pour souligner les dix ans de l’UPop – un autre professeur a aussi adopté ce concept), cinq à la session d’automne et cinq à la session d’hiver-printemps. (Lire la suite…)

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Lundi, 23 septembre 2019
La réaction au stress aigu initiée par une hormone sécrétée par les os

Parcourant les savants ouvrages sur la physiologie humaine, on peut avoir l’impression que l’on connaît dans le détail toutes les fines régulations de notre organisme. Mais il arrive que cette impression de « fin de l’histoire » soit ébranlée par une découverte non pas d’un détail à l’une de ces régulations complexes, mais bien par un nouveau mécanisme relativement indépendant de tous ceux que l’on connaissait jusqu’alors. C’est la réaction de surprise que j’ai eue quand on m’a signalé l’article « Votre réaction aux dangers passe par votre squelette » sur le site web de Radio-Canada. Bon, encore un titre un tantinet sensationnaliste, me suis-je dit en pensant qu’il s’agissait d’un ajout sans doute mineur à l’axe hypothalamo-hypophysio-surrénalien bien connu pour activer la réponse de fuite ou de lutte devant un danger imminent. Mais il semblerait que non. L’article original publié dans Cell Metabolism le 12 septembre dernier a un titre tout aussi affirmatif : « Mediation of the Acute Stress Response by the Skeleton”. Qu’en est-il au juste ? (je vous résume rapidement l’article avant de vous faire deux annonces d’événements qui pourraient vous intéresser) (Lire la suite…)

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Lundi, 16 septembre 2019
Notre cerveau n’a pas évolué pour gérer autant de sollicitations électroniques

Pendant l’immense majorité de notre longue histoire évolutive nous avons vécu dans le calme des milieux naturels bercés par le vent, probablement semblables à la savane afraicaine d’aujourd’hui (voir l’image au bas de ce billet). De temps en temps, un craquement de branche inhabituel ou un mouvement dans les herbes au loin attirait notre attention. Avec raison : ce pouvait être soit notre repas du soir qui passait, ou soit une bête pour qui l’on était son repas du soir ! Il fallait donc tenir compte immédiatement de cette sollicitation inattendue. Ceux qui ne l’ont pas fait n’ont pas vécu longtemps et n’ont pas laissé de descendants avec leurs gènes un peu trop relax…. (Lire la suite…)

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