Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

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mardi, 3 février 2026
Pourquoi la page Facebook verrouillée du Cerveau à tous les niveaux motive mon réseautage, en particulier hors des GAFAM

Alors que la sécurisation de mon site web Le cerveau à tous les niveaux avait été complétée avec succès au début de l’année, je viens d’encaisser un coup dur il y a une semaine avec la perte de la page Facebook du Cerveau à tous les niveaux et des quelques 3000 abonnés qui y suivaient la publication de mes billets de blogue hebdomadaire. L’histoire ayant mené au verrouillage qui semble définitif du compte Facebook de Yvon D. Ranger, mon alter ego qui était le seul administrateur de cette page, est plutôt kafkaïenne et m’a montré à quel point les utilisateurs des GAFAM comme Facebook sont bien peu de choses pour ces machines à fric et leurs algorithmes. Voici quelques pensées que m’a inspiré cette mésaventure et quelques suggestions pour reconstruire le réseau de diffusion des activités reliées à mon blogue, mon site web et mon livre, dont son club de lecture. Et pour considérer un « monde d’après » hors GAFAM.

On vit à une époque où la technologie numérique et ses réseaux sociaux nous offrent plus que jamais des outils pour se réseauter et faciliter les mobilisations sociales si nécessaires. Car nos besoins de base comme manger et se loger deviennent de plus en plus précaires pendant que la fortune accumulée par les 12 milliardaires les plus riches du monde est comparable à ce que possède la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit 4 milliards de personnes ! Mais ces réseaux sociaux sont paradoxalement possédés pour la plupart par ces mêmes milliardaires qui ne le sont pas devenus grâce à leur préoccupations pour le bien commun mais par leur soif intarissable de pouvoir et d’argent. Des ressources qui leur permettent d’attirer les meilleurs programmeurs pour rendre les Facebook et Instagram de ce monde d’une redoutable efficacité et attractivité.

Résultat : la majorité du « monde ordinaire » est là-dessus, et si notre but est de rejoindre ce « monde ordinaire » pour diffuser par exemple une pensée critique alimentée par les avancées des sciences cognitives, ben on se retrouve là-dessus nous aussi, avec tous les risques que ça comporte. Parce que le jour où leurs robots détectent « une activité inhabituelle » sur votre compte et le verrouillent définitivement (j’ai passé des jours à faire ce qu’ils disaient de faire pour le récupérer, en vain, et n’ai reçu aucune réponse à mes messages à leur soi-disant support technique), vous vous rendez compte à quel point votre communauté bâtie depuis 15 ans sur la confiance et la régularité de vos publications ne tenait à pas grand-chose. Car elle s’était constituée sur une plateforme dont le but ultime n’est pas la diffusion des connaissances mais l’accumulation du profit. Et ça donne des choses je viens de vivre et comme on peut lire sur la page Critiques de Facebook de Wikipédia qui donnent froid dans le dos…

Devant ce beau gâchis, je me sui rappelé le vieux proverbe japonais qui dit « Telle est la vie : tomber sept fois, se relever huit fois. »… Et me suis dit que je pourrais partir de cette mésaventure et tenter de la retourner à notre avantage. C’est ce que je raconte dans un texte écrit à chaud il y a quelques jours et intitulé Pourquoi mon compte Facebook verrouillé motive mon réseautage, en particulier hors des GAFAM. Ce texte est publié sur la plateforme québécoise En Commun  qui vise à « connecter les savoirs et les personnes, pour une société plus collaborative et ouverte ». Avec sa fonctionnalité Passerelle, on peut échanger à travers des groupes thématiques et voir les publication sur un fil d’actualité. Et à partir de cet été, on pourra suivre des individus, ce qui rendra cette application comparable à Facebook. Bien sûr, il faudra en grossir la communauté pour qu’elle devienne attractive. C’est pour ça que je saisis cette occasion pour commencer à vous en parler.

Concrètement, je vous invite donc à suivre la nouvelle page Fb du Cerveau à tous les niveaux que j’ai recréée en attendant la tant espérée migration de masse hors des GAFAM (vous pouvez aussi bien sûr inviter vos contacts qui pourraient être intéressés à le faire aussi !).

Mon souhait ultime étant, comme je le dis à la fin de mon texte, qu’on utilise surtout ces réseaux sociaux pour se croiser en personne dans la vraie vie. Car notre démocratie est vraiment en quête d’espace pour se rencontrer, et l’extrême droite profite de cet isolement pour fleurir, comme l’explique cet excellent article du Père Duchesne, dont je vous laisse avec cet extrait :

« “De 200 000 cafés et bistrots en 1960, la France n’en compte plus que 38 800 en 2023, soit une baisse de plus de 80 %, tandis que de nombreux services publics – bureaux de poste, gares… – ont été rationalisés, en particulier dans les espaces ruraux et périurbains.” Les chercheurs arrivent à établir un lien entre cette régression des lieux de socialité et le vote d’extrême droite.

En effet, c’est dans cet espace désocialisé que ce vote prend le mieux. Selon les propos du chercheur Hugo Subtil, rapportés dans Le Monde : “ce n’est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, mais l’accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l’appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d’un récit de déclin qui peut nourrir un sentiment de relégation et finit par trouver son expression électorale”. Tout se passe comme si la raréfaction des lieux de rencontre invitait les individus à s’imaginer une société effrayante parce qu’ils n’arrivent plus à l’observer autrement que médiatisée par les différents intérêts qui se partagent les canaux d’information. »

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