{"id":1713,"date":"2019-03-19T17:22:33","date_gmt":"2019-03-19T16:22:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.blog-lecerveau.org\/?p=7949"},"modified":"2022-01-04T21:04:04","modified_gmt":"2022-01-04T20:04:04","slug":"la-fameuse-question-des-differences-cognitives-entre-les-femmes-et-les-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/2019\/03\/19\/la-fameuse-question-des-differences-cognitives-entre-les-femmes-et-les-hommes\/","title":{"rendered":"La fameuse question des diff\u00e9rences cognitives entre les femmes et les hommes"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft  wp-image-7950\" title=\"koen_paa_hjernen_mand_kvinde_forskel_hjerne\" src=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/wp-content\/uploads\/koen_paa_hjernen_mand_kvinde_forskel_hjerne.jpg\" alt=\"\" width=\"391\" height=\"265\" \/><\/p>\n<p>Le sujet d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 une \u00e9tude r\u00e9cente particuli\u00e8re comme c\u2019est souvent le cas ici. Mais comme on me questionne vraiment tr\u00e8s souvent sur les diff\u00e9rences cognitives entre les femmes et les hommes, il semble que la chose intrigue encore et ce, comme on va le voir, peut-\u00eatre pas n\u00e9cessairement pour les bonnes raisons. Car il y a d\u2019une part un discours voulant, pour paraphraser le titre d\u2019un ouvrage \u00e0 succ\u00e8s, que les hommes viennent de Mars et les femmes de V\u00e9nus. Les diff\u00e9rences y sont souvent si exag\u00e9r\u00e9es que c\u2019en est presque dr\u00f4le. Tellement qu\u2019on en vient \u00e0 se demander si ce ne serait pas les auteurs de ces livres qui vivent sur une autre plan\u00e8te\u2026 Et \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, on assiste depuis une d\u00e9cennie ou deux \u00e0 la mont\u00e9e d\u2019un discours \u00e0 l\u2019extr\u00eame oppos\u00e9, qui affirme que les diff\u00e9rences entre les deux sexes ne sont que des cons\u00e9quences de notre \u00e9ducation. Tout serait donc culturel pour la simple (et simpliste) raison que notre cortex fait preuve d\u2019une grande plasticit\u00e9 (ce qui n\u2019est pas faux, mais pas tout non plus). Malgr\u00e9 la caution scientifique que ce second discours semble apporter aux luttes contre le sexisme (celui que subissent les femmes en particulier), il ne r\u00e9siste pas une analyse rigoureuse des donn\u00e9es scientifiques disponibles et dessert malheureusement plus qu\u2019il n\u2019aide ces luttes n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi un collectif de chercheur.es de diff\u00e9rentes disciplines des sciences cognitives avait publi\u00e9 dans le journal <em>Le Monde<\/em> du 15 avril 2016 un article intitul\u00e9 \u00ab <strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/wp-content\/uploads\/article-Le-Monde.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">En sciences, les diff\u00e9rences hommes-femmes m\u00e9ritent mieux que des caricatures<\/span><\/a><\/span><\/strong> \u00bb. <!--more-->Remarquablement clair et concis, cet article r\u00e9ussit \u00e0 faire plusieurs distinctions fondamentales \u00e0 propos de cette question. Trop souvent escamot\u00e9es, ces nuances conduisent \u00e0 la vision dichotomique simpliste et caricaturale \u00e9voqu\u00e9e plus haut. Et c\u2019est pour cette raison que je me retrouve toujours un peu d\u00e9pourvu lorsqu\u2019on me pose cette question apr\u00e8s une conf\u00e9rence et qu\u2019on s\u2019attend \u00e0 une r\u00e9ponse en quelques phrases alors qu\u2019il faudrait en fait une autre heure de conf\u00e9rence pour bien y r\u00e9pondre. Ou un billet un peu plus long que d\u2019habitude, comme celui-ci\u2026<\/p>\n<p>Il faut d\u2019abord rappeler qu\u2019il n\u2019y a pas deux \u00eatres humains pareils (jumeaux identiques compris). Tous les \u00eatres humains sont donc diff\u00e9rents. Cette diversit\u00e9 est caus\u00e9e \u00e0 la fois par nos g\u00e8nes particuliers et par l\u2019environnement tout aussi particulier dans lequel nous grandissons. C\u2019est toujours les deux, g\u00e8nes et environnement, comme le r\u00e9p\u00e8te constamment Robert Sapolsky dans son magistral ouvrage \u00ab <strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/books\/2017\/jun\/09\/behave-by-robert-sapolsky-review\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">Behave <\/span><\/a><\/span><\/strong>\u00bb. La diversit\u00e9 caus\u00e9e par les diff\u00e9rences individuelles est d\u2019ailleurs une richesse, tant du point de vue de <span style=\"color: #008080;\"><a href=\"http:\/\/lecerveau.mcgill.ca\/flash\/capsules\/outil_bleu10.htm\"><span style=\"color: #008080;\">la s\u00e9lection naturelle<\/span><\/a><\/span> (parce qu\u2019elle offre du choix aux processus de s\u00e9lection) que de la simple compl\u00e9mentarit\u00e9 qu\u2019elle permet dans l\u2019organisation des soci\u00e9t\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Mais bon, je sais que la question que l\u2019on se pose au fond est la suivante : ne pourrait-on pas discerner des diff\u00e9rences cognitives \u00ab en moyenne \u00bb entre les hommes et les femmes ? Et effectivement la r\u00e9ponse \u00e0 cette question est oui. Des diff\u00e9rences significatives mais g\u00e9n\u00e9ralement assez modestes. Et des diff\u00e9rences qui avantagent parfois les hommes, parfois les femmes, d\u00e9pendamment de la t\u00e2che cognitive. Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on peut commencer \u00e0 entrer tranquillement dans les d\u00e9tails de ces diff\u00e9rences pour montrer, pour le dire vite, qu\u2019il n\u2019y pas de quoi fouetter un chat !<\/p>\n<p>D\u2019abord un mot sur la moyenne, car c\u2019est bien toujours de cela dont on est oblig\u00e9 de parler quand on cherche ce genre de diff\u00e9rences. D\u00e9j\u00e0 une \u00e9vidence : on s\u2019entend que si les hommes sont par exemple en moyenne plus grands que les femmes, cela n\u2019emp\u00eache pas qu\u2019il y ait des hommes plus petit que des femmes, ou inversement. Il en sera de m\u00eame pour les facult\u00e9s cognitives : ce n\u2019est pas parce qu\u2019on note un l\u00e9ger avantage en faveur d\u2019un sexe pour une t\u00e2che donn\u00e9es qu\u2019on ne peut pas trouver plein d\u2019individus de l\u2019autre sexe qui seront encore meilleurs que cette moyenne un peu plus \u00e9lev\u00e9e pour un sexe donn\u00e9.<\/p>\n<p>Mentionnons maintenant quelques donn\u00e9es d\u2019\u00e9tudes pr\u00e9sent\u00e9es par Franck Ramus dans <strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=jXUS0MRcFWM&amp;feature=youtu.be\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">une conf\u00e9rence TEDx pr\u00e9sent\u00e9e le 21 juin 2014<\/span><\/a><\/span><\/strong>. Ramus, <strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"http:\/\/www.lscp.net\/persons\/ramus\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">qui travaille sur les d\u00e9terminants g\u00e9n\u00e9tiques et environnementaux qui influencent le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant<\/span><\/a><\/span><\/strong>, rappelle d\u2019abord qu\u2019il n\u2019y a pas, en moyenne, de diff\u00e9rence entre le quotient intellectuel de l\u2019homme et de la femme (quant \u00e0 savoir ce que mesure r\u00e9ellement les tests de QI, \u00e7a c\u2019est une autre histoire!). Le cerveau de l\u2019homme a beau \u00eatre, toujours en moyenne, environ 9% plus volumineux que celui de la femme (comme son corps est en moyenne plus grand aussi), et le volume c\u00e9r\u00e9bral ne pouvant expliquer semble-t-il qu\u2019environ 10% de la valeur du QI, on voit bien que le volume c\u00e9r\u00e9bral seul est loin d\u2019\u00eatre la fin de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Toujours au niveau anatomique, si l\u2019on compare maintenant diff\u00e9rentes structures c\u00e9r\u00e9brales particuli\u00e8res, on trouve encore une fois des volumes diff\u00e9rents en moyenne pour les hommes et les femmes \u00e0 de nombreux endroits, notamment pour des structures sous-corticales comme <span style=\"color: #ff9900;\"><a href=\"http:\/\/lecerveau.mcgill.ca\/flash\/d\/d_04\/d_04_cr\/d_04_cr_peu\/d_04_cr_peu.html\"><span style=\"color: #ff9900;\">l\u2019amygdale<\/span><\/a><\/span>, le <span style=\"color: #ff9900;\"><a href=\"http:\/\/lecerveau.mcgill.ca\/flash\/d\/d_06\/d_06_cr\/d_06_cr_mou\/d_06_cr_mou.html#2\"><span style=\"color: #ff9900;\">putamen, le pallidum ou le thalamus<\/span><\/a><\/span>. Certaines structure sont un peu plus volumineuses chez les hommes, d\u2019autres chez les femmes, y compris lorsque les diff\u00e9rences de volume c\u00e9r\u00e9bral total sont prises en compte.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft  wp-image-7951\" title=\"diff\u00e9ence taille structures c\u00e9r\" src=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/wp-content\/uploads\/diff\u00e9ence-taille-structures-c\u00e9r.jpg\" alt=\"\" width=\"425\" height=\"319\" \/><\/p>\n<p>Bien entendu, on ne peut pas faire des correspondances directes entre ces diff\u00e9rences anatomiques et des diff\u00e9rences cognitives. Le passage du niveau c\u00e9r\u00e9bral au niveau cognitif est trop complexe et s\u2019accompagne de trop de processus \u00e9mergent pour qu\u2019on puisse \u00e9tablir des parall\u00e8les directs. De toute fa\u00e7on, <span style=\"color: #008080;\"><a href=\"http:\/\/lecerveau.mcgill.ca\/flash\/pop\/pop_pres\/UTA%20Ahun-%20cours%203%20-%20Reseaux%20cerebraux%20et%20activite%20dynamique%20du%20cerveau%20-%20l%20exemple%20de%20l%20eveil,%20du%20sommeil%20et%20du%20reve.pdf\"><span style=\"color: #008080;\">il y n\u2019y a pas de \u00ab centre \u00bb de quoi que ce soit dans le cerveau, seulement des r\u00e9seaux complexes et transitoires<\/span><\/a><\/span> qui en plus font \u00e9norm\u00e9ment de \u00ab <span style=\"color: #008080;\"><a href=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/blog\/2015\/03\/09\/la-reutilisation-neuronale-pour-enfin-sortir-de-la-phrenologie\/\"><span style=\"color: #008080;\">recyclage neuronal<\/span><\/a><\/span> \u00bb.<\/p>\n<p>Cela \u00e9tant dit, il est possible avec des tests psychologiques et des questionnaires d\u2019\u00e9valuer certaines capacit\u00e9s cognitives. Et encore une fois, on trouve de modestes mais nombreuses diff\u00e9rences entre celles des hommes et celles des femmes. Par exemple la m\u00e9moire de localisation spatiale de plusieurs objets (o\u00f9 les femmes sont en moyenne un peu meilleures que les hommes) et la rotation mentale de structures complexes dans l\u2019espace (o\u00f9 les hommes d\u00e9montrent en moyenne un peu plus d\u2019habilet\u00e9 que les femmes).<\/p>\n<p>Il y a donc pas mal de diff\u00e9rences anatomiques c\u00e9r\u00e9brales et cognitives entre les hommes et les femmes. Mais d\u2019o\u00f9 viennent-elles ? Parce que c\u2019est \u00e7a le c\u0153ur du litige. On l\u2019a dit, comme bien d\u2019autres facult\u00e9s, l\u2019influence va \u00eatre double, \u00e0 la fois g\u00e9n\u00e9tique ET environnementale. Commen\u00e7ons par ces derni\u00e8res. Bien s\u00fbr le type d\u2019activit\u00e9 que l\u2019on propose \u00e0 nos enfants va favoriser certaines capacit\u00e9s cognitives et moins d\u2019autres. On sait aussi que si l\u2019on sugg\u00e8re certains st\u00e9r\u00e9otypes \u00e0 des sujets avant un test, on peut infl\u00e9chir les performances \u00e0 ces tests en fonction de ces st\u00e9r\u00e9otypes. Il a \u00e9t\u00e9 par exemple bien d\u00e9montr\u00e9 que si l\u2019on donne un test de maths en disant que les gar\u00e7ons sont meilleurs en maths, eh bien ils le seront \u00e0 ce test, mais pas si l\u2019on dit que le sexe n\u2019a pas d\u2019influence sur les maths, o\u00f9 de fait les r\u00e9sultats entre les gar\u00e7ons et les filles deviennent alors comparables. Ces st\u00e9r\u00e9otypes souvent implicites et int\u00e9rioris\u00e9s pourraient donc expliquer une partie des nombreuses diff\u00e9rences cognitives observ\u00e9es, celles o\u00f9 les effets sont le moins marqu\u00e9s (peut-\u00eatre entre autres parce qu\u2019elles font appel \u00e0 plusieurs comp\u00e9tences distinctes plus fondamentales o\u00f9 les diff\u00e9rences cognitives homme femme ont tendance \u00e0 s\u2019annuler ou \u00e0 se compenser).<\/p>\n<p>Mais si l\u2019on continue \u00e0 descendre les niveaux d\u2019organisation, on en arrive au niveau mol\u00e9culaire o\u00f9 les diff\u00e9rences biologiques entre le cerveau d\u2019un homme ou d\u2019une femme sont pour le moins marqu\u00e9es : chaque cellule du cerveau d\u2019une femme poss\u00e8de deux chromosomes X tandis que celui d\u2019un homme poss\u00e8de un X et un Y. C\u2019est la d\u00e9finition du sexe biologique. Or durant le d\u00e9veloppement, tr\u00e8s vite le f\u0153tus m\u00e2le, \u00e0 cause de certains g\u00e8nes sur ce chromosome Y, va faire se diff\u00e9rencier les gonades en testicules qui vont s\u00e9cr\u00e9ter un pic important de l\u2019hormone testost\u00e9rone vers la 15e semaine de gestation. La testost\u00e9rone va ainsi influencer toutes les cellules de l\u2019organisme, y compris les neurones, amenant ainsi certaines r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales \u00e0 \u00eatre plus ou moins volumineuses et par cons\u00e9quent certaines diff\u00e9rences au niveau des comportements entre les individus m\u00e2les et femelles.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"http:\/\/www.lscp.net\/persons\/ramus\/en\/puben.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">Des travaux avec des techniques comme celles qu&rsquo;utilise Franck Ramus sans son laboratoire<\/span><\/a><\/span><\/strong> ont par exemple pu d\u00e9montrer que des nourrissons aussi jeunes que 3 \u00e0 5 mois vont regarder plus spontan\u00e9ment un visage si ce sont de petites filles ou vont d\u00e9tecter plus facilement qu\u2019une structure spatiale en 3D n\u2019est plus la m\u00eame si c\u2019est un petit gar\u00e7on. Des effets alors attribu\u00e9s aux g\u00e8nes, l\u2019influence de st\u00e9r\u00e9otypes culturels \u00e9tant tr\u00e8s peu plausible \u00e0 des \u00e2ges si pr\u00e9coces.<\/p>\n<p>On retrouve d\u2019autres donn\u00e9es du genre qui d\u00e9montrent \u00e0 quel point l\u2019influence des g\u00e8nes et de l\u2019environnement sont toujours inextricablement li\u00e9 dans un billet de blogue de Ramus \u00e9crit en collaboration avec Nicolas Gauvrit en juillet 2014 et qui avait pour titre \u00ab <strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"https:\/\/www.pseudo-sciences.org\/spip.php?article2349\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">Dossier Masculin &#8211; F\u00e9minin : la \u00ab m\u00e9thode Vidal \u00bb<\/span><\/a><\/span><\/strong> \u00bb. Ils y d\u00e9non\u00e7aient les prises de position publiques \u00ab extr\u00eamement biais\u00e9e, incompl\u00e8te \u00bb de la neurobiologiste Catherine Vidal qui, sans jamais avoir publi\u00e9 d\u2019\u00e9tudes sur cette question, se fait inviter r\u00e9guli\u00e8rement sur toutes les tribunes pour d\u00e9fendre la position qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019influences g\u00e9n\u00e9tiques dans les diff\u00e9rences cognitives homme femme et que toutes celles que l\u2019on observe s\u2019expliquent par la plasticit\u00e9 de notre cortex qui apprend et int\u00e9riorise les pr\u00e9jug\u00e9s sexistes ambiants.<\/p>\n<p>Comme l\u2019\u00e9crivent Ramus et Gauvrit, son objectif de d\u00e9noncer les pratiques sexistes discriminatoires est certainement honorable, mais<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab la route qu\u2019elle emprunte est plus que dangereuse : en donnant l\u2019impression que le seul fondement possible \u00e0 la lutte contre les st\u00e9r\u00e9otypes et les discriminations sexistes est le \u00ab fait \u00bb suppos\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe aucune diff\u00e9rence inn\u00e9e entre hommes et femmes, on prend le risque de justifier de fait le sexisme une fois des diff\u00e9rences prouv\u00e9es (ce qui est d\u00e9j\u00e0 fait). Les discriminations envers les femmes sont choquantes et condamnables car elles enfreignent des principes moraux fondamentaux, tels que la justice et l\u2019\u00e9quit\u00e9. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Comme l\u2019explique aussi Ramus dans un billet de son blogue intitul\u00e9 \u00ab <strong><span style=\"color: #888888;\"><a href=\"http:\/\/www.scilogs.fr\/ramus-meninges\/a-propos-de-larticle-la-methode-vidal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"color: #888888;\">\u00c0 propos de l\u2019article \u00ab La m\u00e9thode Vidal \u00bb<\/span><\/a><\/span><\/strong> \u00bb, il n\u2019a rien contre Catherine Vidal en tant que personne, mais plut\u00f4t contre le caract\u00e8re parcellaire, d\u00e9form\u00e9e et en bout de ligne improductif sur le plan du progr\u00e8s social d\u2019un discours comme le sien.<\/p>\n<p>Et cela nous ram\u00e8ne \u00e0 la distinction classique entre une \u00e9galit\u00e9 \u00ab de droit \u00bb et une \u00e9galit\u00e9 \u00ab de fait \u00bb. La premi\u00e8re est celle que la D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019Homme appelle de ses v\u0153ux et qu\u2019on esp\u00e9rerait effective partout et en tout point, m\u00eame si ce n\u2019est malheureusement pas encore le cas. Et l\u2019autre s\u2019\u00e9value \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9tudes scientifiques de ph\u00e9nom\u00e8nes cognitifs pas toujours faciles \u00e0 \u00e9tudier mais o\u00f9 l\u2019imp\u00e9ratif de reproductibilit\u00e9 des exp\u00e9riences scientifiques permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 certains consensus dans la communaut\u00e9 \u2013 ce que l\u2019on appelle couramment des \u00ab faits scientifiques \u00bb.<\/p>\n<p>On se situe donc \u00e0 deux niveaux d\u2019organisation tr\u00e8s diff\u00e9rents, le niveau psychique et le niveau social, et l\u2019on ne peut pas tenter de r\u00e9duire ou justifier le second par le premier en vertu des nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9mergents qui marquent le passage d\u2019un niveau \u00e0 un autre et emp\u00eachent la r\u00e9duction d\u2019un niveau sup\u00e9rieur aux propri\u00e9t\u00e9s des \u00e9l\u00e9ments du niveau inf\u00e9rieur. C\u2019est le tout qui est plus que la somme de ses parties. Et c\u2019est pourquoi le \u00ab ce qui est \u00bb de la neurobiologie par exemple ne peut dicter le \u00ab ce qui devrait \u00eatre \u00bb des institutions culturelles et sociales que l\u2019on se donne. Cela dit, la connaissance de nos pr\u00e9dispositions g\u00e9n\u00e9tiques peut certainement mieux nous aider \u00e0 les contourner, si c&rsquo;est cela qu&rsquo;on veut, que leur n\u00e9gation pure et simple.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sujet d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 une \u00e9tude r\u00e9cente particuli\u00e8re comme c\u2019est souvent le cas ici. Mais comme on me questionne vraiment tr\u00e8s souvent sur les diff\u00e9rences cognitives entre les femmes et les hommes, il semble que la chose intrigue encore et ce, comme on va le voir, peut-\u00eatre pas n\u00e9cessairement pour les bonnes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[858],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1713"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1713"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1713\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2151,"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1713\/revisions\/2151"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1713"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1713"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/debutant\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1713"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}