{"id":2641,"date":"2022-10-17T18:49:02","date_gmt":"2022-10-17T17:49:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/?p=10676"},"modified":"2022-10-31T15:25:44","modified_gmt":"2022-10-31T14:25:44","slug":"10676","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/avance\/2022\/10\/17\/10676\/","title":{"rendered":"\u00c9bauche d&rsquo;un petit conte sur la beaut\u00e9 et la complexit\u00e9 de notre cerveau"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/wp-content\/uploads\/Capture-decran-2022-10-17-135332.png\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone wp-image-10679\" src=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/wp-content\/uploads\/Capture-decran-2022-10-17-135332.png\" alt=\"\" width=\"426\" height=\"315\" \/><\/a>Je savais que \u00e7a arriverait. Que le milieu de mon automne risquait d\u2019\u00eatre pas mal charg\u00e9. Parce qu\u2019\u00e0 <span style=\"color: #008080;\"><a style=\"color: #008080;\" href=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/blog\/2022\/10\/11\/journal-de-bord-de-notre-cerveau-a-tous-les-niveaux-2\/\">mon travail constant sur le livre<\/a> <\/span>s\u2019ajoutent des engagements de cours et de conf\u00e9rences qui se concentrent ces semaines-ci, et m\u00eame des nouveaux trucs \u00e0 pr\u00e9parer en vue de la session d\u2019hiver. R\u00e9sultat : un texte promis hier n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait parce que les couleurs de l\u2019automne \u00e9taient trop belles et qu\u2019on ne peut insister <span style=\"color: #008080;\"><a style=\"color: #008080;\" href=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/blog\/2017\/07\/24\/6688\/\">ici<\/a> <\/span>(ou <span style=\"color: #008080;\"><a style=\"color: #008080;\" href=\"https:\/\/www.blog-lecerveau.org\/blog\/2011\/06\/06\/le-cerveau-prefere-la-nature-aux-courriels\/\">l\u00e0<\/a><\/span>) sur les bienfaits de la nature sur notre corps-cerveau et ne pas en profiter pleinement soi-m\u00eame au moins le week-end ! Et parce que la fragile m\u00e9canique de l\u2019objet le plus complexe de l\u2019univers dont on a tous et toutes un exemplaire entre les deux oreilles ne m\u00e9rite pas d\u2019\u00eatre stress\u00e9 et donc abim\u00e9 par le rythme de fou que nous impose ce syst\u00e8me capitaliste productiviste non moins fou. Et \u00e0 plus forte raison quand le texte \u00e0 \u00e9crire \u00e9tait l\u2019\u00e9bauche d\u2019une br\u00e8ve intervention faisant l\u2019\u00e9loge de cette complexit\u00e9 et de cette fragilit\u00e9, \u00e0 soumettre pour un cabaret mariant conte et science ! Voil\u00e0 pourquoi je joins ici l\u2019utile \u00e0 l\u2019agr\u00e9able (en fait, je l\u2019esp\u00e8re\u2026) en r\u00e9digeant en guise de billet de blogue ce matin une premi\u00e8re \u00e9bauche de ce projet. Question de remplir mes engagements tant ici qu\u2019ailleurs en cet automne charg\u00e9, mais sans succomber \u00e0 l\u2019absurde et n\u00e9faste \u00e0 tout point de vue surcharge de travail !\u00a0 \ud83d\ude09<!--more--><\/p>\n<p>Vous avez donc tous et toutes un exemplaire unique de cet objet le plus complexe de l\u2019univers connu, le cerveau humain. Oubliez les ordinateurs actuels les plus puissants qui envoient des v\u00e9hicules sur Mars, nous d\u00e9voilent les beaut\u00e9s cosmiques avec le t\u00e9lescope James Webb, mettent en \u00e9vidence le boson de Higgs ou permettent d\u2019envoyer des drones tuer du monde \u00e0 l\u2019autre bout de la plan\u00e8te. Non, vraiment, ces r\u00e9ussites technologiques ne sont rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce bol de Jello de 1,4 Kilo que vous avez entre les deux oreilles !<\/p>\n<p>Du Jello, faut s\u2019entendre\u2026 En terme de consistance, l\u2019analogie est bonne, mais pas en terme de forme ou de complexit\u00e9 ! Parce qu\u2019il n\u2019y a pas de moule \u00e0 Jello capable de reproduire les circonvolutions de notre cortex c\u00e9r\u00e9bral. Si notre cortex a tous ces plis et replis, c\u2019est qu\u2019il est avant tout une surface. Une surface de 2-3 millim\u00e8tres o\u00f9 se concentrent \u00e9norm\u00e9ment de neurones, notre fameuse \u00ab mati\u00e8re grise \u00bb. Cette surface, si on la d\u00e9pliait, aurait environ la taille d\u2019une grande page de journal. Comment faire alors pour rentrer \u00e7a dans notre petit cr\u00e2ne ? En la chiffonnant, bien entendu ! Ce chiffonnage s\u2019est toutefois op\u00e9r\u00e9 tr\u00e8s progressivement tout au long de l\u2019\u00e9volution, la souris ou le rat n\u2019ayant par exemple pas un pli sur le cortex, leur surface corticale n\u2019\u00e9tant pas assez importante pour n\u00e9cessiter ces pliures.<\/p>\n<p>En passant, on n\u2019a pas le temps de raconter cette longue histoire ici, mais vous saviez que vous et votre cerveau aviez un \u00ab certain \u00e2ge \u00bb ? Eh oui, je suis heureux de vous rappeler que vous \u00eates n\u00e9.es il y a 13,8 milliards d\u2019ann\u00e9es ! Comment \u00e7a ? Ben parce qu\u2019on est tous et toutes le fruits d\u2019une triple \u00e9volution : une \u00e9volution cosmique qui a permis aux atomes qui constituent votre cerveau et votre corps de se construire dans le c\u0153ur des \u00e9toiles; une \u00e9volution chimique qui a commenc\u00e9 sur la Terre peu de temps apr\u00e8s sa formation il y a 4,5 milliards d\u2019ann\u00e9es et qui a permis par les r\u00e9actions chimiques d\u2019assembler ces atomes pour former les mol\u00e9cules complexes qui nous constituent; et finalement une \u00e9volution biologique qui a permis l\u2019\u00e9mergence et l\u2019\u00e9volution de la cellule vivante, cette petite usine chimique qui passe son temps \u00e0 se r\u00e9parer et \u00e0 produire les constituants qui\u2026 servent \u00e0 la produire !<\/p>\n<p>Parce que, il faut le dire, on fait face \u00e0 un d\u00e9fi de tous les instants, nous, les \u00eatres vivants\u00a0: le d\u00e9sordre ! Le d\u00e9sordre, ou l\u2019entropie, ou encore le 2<sup>e<\/sup> principe de la thermodynamique qui veut que dans un syst\u00e8me clos, tout tend vers la d\u00e9sorganisation, qu\u2019une cath\u00e9drale deviendra une ruine de cath\u00e9drale un mill\u00e9naire plus tard si on ne s\u2019en occupe pas, mais qu\u2019une ruine ne formera pas spontan\u00e9ment une cath\u00e9drale\u2026 Enfin, vous voyez le principe\u2026 Tout \u00e7a pour dire que les plantes parviennent \u00e0 se reconstruire constamment directement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9nergie solaire, parce qu\u2019elles ont de la chlorophylle qui lui permet de faire de la photosynth\u00e8se, d\u2019aller chercher les atomes de carbone dans le CO2 de l\u2019air et de se b\u00e2tir avec \u00e7a. Nous, les animaux, on n\u2019a pas le teint vert (sauf parfois les lendemains de veille\u2026), et donc on n\u2019a malheureusement pas de chlorophylle, donc on doit percevoir notre environnement et surtout s\u2019y d\u00e9placer pour y trouver des mol\u00e9cules v\u00e9g\u00e9tales ou animales d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9es et qui contiennent le carbone et l\u2019\u00e9nergie dont on a besoin, nous aussi, pour nous maintenir en vie.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, mine de rien, je viens de vous d\u00e9voiler l\u2019origine des syst\u00e8mes nerveux, c\u2019est-\u00e0-dire cette boucle sensorimotrice qui nous permet de percevoir et de se mouvoir dans le monde ! Ensuite, le reste, les math\u00e9matiques, la po\u00e9sie ou la politique, c\u2019est du bonus, c\u2019est venu apr\u00e8s. Parce que si on regarde un cerveau de chimpanz\u00e9, notre plus proche cousin, compar\u00e9 au n\u00f4tre, deux choses nous sautent aux yeux. D\u2019abord la taille : pour une masse corporelle comparable, notre cerveau est trois fois plus volumineux ! Et ensuite, gr\u00e2ce \u00e0 toutes sorte de techniques d\u2019imagerie c\u00e9r\u00e9brale dont je vous ferai gr\u00e2ce ici, on se rend compte que ce ne sont pas les r\u00e9gions sensorielles ou motrices du cortex qui ont pris le plus d\u2019expansion durant l\u2019\u00e9volution des primates, mais bien les r\u00e9gions dites \u00ab associatives \u00bb, celles qui permettent de faire des liens entre nos neurones sensoriels et nos neurones moteurs. Et des comme \u00e7a, on en a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beau-coup ! Ce sont eux qui vont cr\u00e9er ce vaste \u00ab espace mental \u00bb qui est le propre de l\u2019\u00eatre humain et qui nous permet, entre autre, de comprendre les histoires qu\u2019on nous raconte. De nous en faire des images mentales, des simulations, des projections. Bref, d\u2019inventer des mondes et des objets nouveaux, une tendance lourde chez l\u2019\u00eatre humain\u2026<\/p>\n<p>Mais on en a combien de ces fameux neurones dans notre cerveau, allez-vous me demander ? Au dernier d\u00e9compte, on parlait de quelque chose comme de 86 milliards de neurones dans chaque cerveau humain. 86 milliards de neurones qui vont recevoir 100, 1 000, 5 000, parfois jusqu\u2019\u00e0 10 000 connexions d\u2019autres neurones ! Et l\u00e0, je me suis livr\u00e9 \u00e0 un petit calcul. Si on prend un nombre plut\u00f4t conservateur de 1000 connexions par neurone, \u00e7a ferait donc environ 86 000 milliards de connexions. Qu\u2019est-ce que \u00e7a mange en hiver des gros chiffres comme \u00e7a ? Pour vous donner une premi\u00e8re id\u00e9e, savez-vous combien \u00e7a prend de temps compter jusqu\u2019\u00e0 un million en y allant avec un chiffre par seconde ? \u00c7a prend environ 11 jours ! Et un milliard ? 32 ans et demi !! Alors j\u2019ai fait un petit calcul au r\u00e9sultat \u00e9tonnant. Je me suis demand\u00e9 combien de temps \u00e7a repr\u00e9sentait 86 000 milliards de secondes. V\u00e9rification faite, \u00e7a \u00e9quivaut \u00e0 environ\u2026 2,7 millions d\u2019ann\u00e9es ! Donc pour compter toutes les connexions nerveuses qu\u2019il y a dans votre cerveau \u00e0 raison de une par seconde, il aurait fallu commencer un peu avant l\u2019apparition d\u2019Homo habilis, le premier repr\u00e9sentant du genre Homo il y a 2,5 millions d\u2019ann\u00e9es ! On l\u2019imagine alors, d\u00e9couvrant qu\u2019il peut aiguiser un silex en le frappant avec une autre pierre, au rythme de un coup par seconde\u2026 tchak\u2026 tchak\u2026. tchak\u2026 Et c\u2019est seulement maintenant, \u00e0 l\u2019instant m\u00eame, qu\u2019il finirait de compter les connexions nerveuses qu\u2019il y a dans son cerveau ! Il serait sans doute bien content d\u2019avoir enfin fini et sa lance serait sans doute aiguis\u00e9e en criss, si vous me passez l\u2019expression\u2026<\/p>\n<p>Tant qu\u2019\u00e0 \u00eatre dans la folie des grandeurs, j\u2019ai une autre question pour vous. Si je mets mes deux poings l\u2019un en face de l\u2019autre comme \u00e7a, et que je vous dis que \u00e7a repr\u00e9sente une connexion nerveuse, qu\u2019on appelle aussi une synapse, quelle serait alors la taille \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9chelle \u00bb du cerveau humain qui irait avec \u00e7a ? Grand comme la pi\u00e8ce ici, comme toute la b\u00e2tisse, tout le coin de rue ? Non. J\u2019ai fait encore une fois un petit calcul et \u00e7a m\u2019a donn\u00e9 autour de 40 kilom\u00e8tres ! 40 kilom\u00e8tres, \u00e7a c\u2019est environ la distance d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al. \u00c7a veut dire que si vous partez de Terrebonne \u00e0 l\u2019est et que vous roulez pendant une bonne demi-heure pour vous rendre \u00e0 Sainte-Anne-de-Bellevue compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019ouest, ben vous verriez tout le long de la route des poings comme \u00e7a qui se regardent, c\u2019est-\u00e0-dire des connexions nerveuses, des connexions nerveuses, et encore des connexions nerveuses\u2026 Et pas seulement en direction est-ouest, en direction nord-sud aussi, et 40 kilom\u00e8tres vers le haut aussi, parce que le cerveau est une sph\u00e8re en trois dimensions, faut pas l\u2019oublier !<\/p>\n<p>Deux petites choses encore tant qu\u2019\u00e0 \u00eatre dans les chiffres impressionnants \u00e0 propos du cerveau. Vous savez que les neurones sont des cellules comme les autres, mais des cellules sp\u00e9cialis\u00e9es pour transmettre tr\u00e8s rapidement des messages d\u2019un endroit \u00e0 un autre. Pour \u00e7a, ils ont d\u00e9velopp\u00e9 deux types de prolongement le long desquels va circuler l\u2019influx nerveux : les dendrites et l\u2019axone. Je vais vous montrer \u00e7a avec un mod\u00e8le de neurone que j\u2019ai toujours sous la main, c\u2019est le cas de le dire, puisque c\u2019est\u2026 ma main ! En effet, si je tiens ma main avec les doigts \u00e9cart\u00e9s comme \u00e7a, chaque doigt repr\u00e9senterait des dendrites, qui habituellement re\u00e7oivent le signal d\u2019autres neurones; ma main repr\u00e9senterait le corps cellulaire du neurone, o\u00f9 toutes les petites excitations re\u00e7ues vont par exemple converger; et mon bras repr\u00e9senterait l\u2019axone qui peut \u00eatre tr\u00e8s long et sur lequel va \u00eatre d\u00e9clench\u00e9 un influx nerveux par exemple si notre corps cellulaire a re\u00e7u suffisamment de stimulation d\u2019autres neurones. Et c\u2019est comme \u00e7a que les neurones vont pouvoir s\u2019exciter mutuellement et se transmettre de l\u2019information. Or si on mettait bout \u00e0 bout tous ces petits c\u00e2bles, tous les dendrites et les axones, on a estim\u00e9 qu\u2019on pourrait faire plus de 4 fois le tour de la Terre avec le contenu d\u2019un seul cerveau humain !<\/p>\n<p>En terminant je voulais vous laisser sur deux m\u00e9taphores \u00e0 propos du cerveau. Et non, ce n\u2019est pas l\u2019ordinateur, surtout pas ! L\u2019id\u00e9e que notre cerveau fonctionne \u00ab comme un ordinateur \u00bb, \u00e7a marche peut-\u00eatre de fa\u00e7on tr\u00e8s superficielle, mais l\u2019ordinateur n\u2019a pas de corps \u00e0 garder en vie, et \u00e7a emp\u00eache tr\u00e8s vite cette m\u00e9taphore de bien fonctionner. J\u2019en aurais long \u00e0 dire l\u00e0-dessus, et vous pourrez aller voir sur mon site web et sur mon blogue au <a href=\"http:\/\/www.lecerveau.mcgill.ca\">www.lecerveau.mcgill.ca<\/a> ou en tapant simplement \u00ab\u00a0le cerveau\u00a0\u00bb sur Google pour trouver pas mal d\u2019affaire que j\u2019ai \u00e9crit l\u00e0-dessus.<\/p>\n<p>Non, l\u2019une des meilleures m\u00e9taphores pour notre for\u00eat de neurone, ben c\u2019est justement\u2026 une for\u00eat ! Une for\u00eat o\u00f9 chaque arbre repr\u00e9sente un neurone, avec ses branches qui forment les dendrites, le tronc qui tient lieu de corps cellulaire, et la plus longue racine qui va profond\u00e9ment dans la terre serait l\u2019axone qui s\u2019en va vers d\u2019autres neurones de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la colline\u2026 ou de la circonvolution c\u00e9r\u00e9brale voisine ! La prochaine fois que vous irez marcher en for\u00eat, imaginez-vous donc qu\u2019on vous a rendu minuscule et que vous \u00eates en train d\u2019explorer la for\u00eat neuronale de votre propre cerveau\u2026 Vertiges garantis !<\/p>\n<p>Et tant qu\u2019\u00e0 \u00eatre dans la for\u00eat, si vous croisez un ruisseau qui d\u00e9vale une bonne pente, arr\u00eatez-vous un moment pour le contempler. Et dites-vous qu\u2019il n\u2019est pas tr\u00e8s diff\u00e9rent, au fond, de toute l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale globale de l\u2019ensemble de votre cerveau qui vous permet alors de percevoir ce ruisseau ! Parce que l\u2019eau qui coule entre les roches et qui cr\u00e9e plein de remous n\u2019est pas si diff\u00e9rente, au fond, de l\u2019incessante activit\u00e9 nerveuse de vos milliards de neurones. Comme elle, l\u2019eau coule et s\u2019agite, mais pas n\u2019importe o\u00f9 : elle doit contourner les rochers et suivre le lit du ruisseau. Tout comme notre activit\u00e9 nerveuse est contrainte par les grands faisceaux d\u2019axones de notre cerveau qu\u2019elle n\u2019a pas le choix de suivre. Mais l\u00e0 o\u00f9 cette m\u00e9taphore acqui\u00e8re toute sa force, c\u2019est quand on constate qu\u2019elle fonctionne aussi \u00e0 une autre \u00e9chelle de temps. Parce que si on revient l\u2019ann\u00e9e suivante ou dans dix ans voir notre ruisseau, il ne sera plus tout \u00e0 fait le m\u00eame. L\u2019activit\u00e9 de l\u2019eau durant tout ce temps aura d\u00e9plac\u00e9 des roches, \u00e9rod\u00e9 les rives, de sorte que l\u2019eau suivra un peu un autre chemin. Eh bien, il en des de m\u00eame de l\u2019activit\u00e9 nerveuse de notre cerveau qui modifie aussi l\u2019efficacit\u00e9 des connexions nerveuse qu\u2019elle traverse, renfor\u00e7ant celle qu\u2019elle stimule souvent, affaiblissant les petites voies moins fr\u00e9quent\u00e9es. De sorte qu\u2019\u00e0 tout moment, ce que fait notre cerveau au fond c\u2019est de se modifier lui-m\u00eame. D\u2019int\u00e9grer ce qu\u2019il vit pour se construire constamment des meilleurs mod\u00e8les du monde. Comme ce soir ici par exemple o\u00f9, j\u2019en suis s\u00fbr, vous sortirez avec un cerveau un peu diff\u00e9rent de celui avec lequel vous \u00eates entr\u00e9. Un cerveau peut-\u00eatre un peu plus conscient de sa beaut\u00e9, de sa complexit\u00e9, et de tout ce qu\u2019il nous permet de raconter et de contempler ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>Il n\u2019y aura pas de billet la semaine prochaine pour les raisons \u00e9voqu\u00e9es au d\u00e9but de celui-ci et parce que je donne une conf\u00e9rence justement lundi prochain. De retour, donc, dans deux semaines. D\u2019ici l\u00e0, n\u2019oubliez pas de faire prendre l\u2019air \u00e0 vos 86 milliards de neurones en profitant de la belle lumi\u00e8re automnale encore pr\u00e9sente\u2026 \ud83d\ude09<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je savais que \u00e7a arriverait. Que le milieu de mon automne risquait d\u2019\u00eatre pas mal charg\u00e9. Parce qu\u2019\u00e0 mon travail constant sur le livre s\u2019ajoutent des engagements de cours et de conf\u00e9rences qui se concentrent ces semaines-ci, et m\u00eame des nouveaux trucs \u00e0 pr\u00e9parer en vue de la session d\u2019hiver. 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