Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Mardi, 17 juillet 2018
Les cerveaux souvent étranges des autres animaux

On a bien raison de trouver le cerveau humain mystérieux et merveilleux. C’est en effet cette même fabuleuse machine qui nous permet de chanter, d’avoir mal, de voir, d’aimer, de faire la révolution ou d’aller magasiner. Et bien sûr de parler de tout ça, dans un blogue par exemple.

Mais ce n’est pas parce que les autres animaux ne peuvent pas nous expliquer « l’effet que ça fait » d’être une chauve-souris, une coquerelle ou un alligator que leur cerveau n’en est pas moins étrange et fascinant pour autant. C’est ce qu’a voulu illustrer Kayleen Schreiber dans sa série d’infographic (pour employer le terme consacré en anglais) « Weird Animal Brain ». Schreiber, qui est docteure en neuroscience, se consacre à la communication scientifique sur différents canaux, dont son site web et le site de vulgarisation collectif Knowing Neurons. (Lire la suite…)

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Mardi, 3 juillet 2018
Deux exemples de « paysages d’attracteurs » en neurobiologie

Je reviens cette semaine sur le fascinant concept de « paysages d’attracteurs » (« attractor landscapes », en anglais) présenté la semaine dernière pour en donner deux exemples plus spécifiques à la neurobiologie.

Car l’exemple de l’animation de Nicky Case qui montrait comment représenter les fluctuations d’une population de poissons en termes de paysage d’attracteurs permettait également de comprendre certains phénomènes associés, comme l’effet de seuil d’un « tipping point ». Mais qu’en est-il de nos populations de cellules nerveuses et des signaux qu’elles s’échangent ? Leur développement ou leur comportement peut-il aussi être mieux compris à la lumière du concept de paysage d’attracteurs ?

La réponse, affirmative vous vous en doutez bien, est venue dès 1956 dans une publication du biologiste du développement anglais Conrad Waddington. (Lire la suite…)

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Mardi, 19 juin 2018
Des « paysages d’attracteurs » pour mieux comprendre les systèmes dynamiques complexes

Une grève étudiante improbable se met en branle au Québec au début de l’année 2012. Comme d’habitude on s’attend à un retour en classe une semaine ou deux après. Mais ça durera des mois pour se transformer en un mouvement social qui viendra à bout du gouvernement Charest.

D’autres luttent depuis des décennies pour une représentation qui reflète mieux la volonté populaire au parlement en demandant un mode de scrutin avec une composante proportionnelle. Et rien ne change.

Voilà deux exemples actualisés de mon coin de pays, mais qui s’apparentent à d’innombrables cas où des systèmes dynamiques complexes semblent bloqués dans un état stable pour soudainement basculer vers un autre état. Un phénomène non seulement observable au niveau social, mais dans de nombreux autres systèmes complexes au niveau des écosystèmes écologiques, de la génétique, du développement cellulaire ou encore, bien entendu, des réseaux de neurones de notre cerveau !

Or il y a un outil très utile pour comprendre ce genre de phénomène qu’on appelle en anglais les « attractor landscapes » (que je traduirais, sans doute maladroitement, par « paysages d’attracteurs », mais je suis preneur s’il y a mieux…). Et pour comprendre cet outil à la fois conceptuel, mathématique et graphique initialement développé en physique, Nicky Case vient de publier cette très bien faite petite « interactive introduction to attractor landscapes ». (Lire la suite…)

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Mardi, 12 juin 2018
Une école d’été sur la sensibilité et la cognition animale

« Without consciousness the mind-body problem would be much less interesting. With consciousness it seems hopeless.«   – Thomas Nagel

Quel effet ça fait d’être une chauve-souris ? C’est avec ce titre un peu déroutant que le philosophe Thomas Nagel avait voulu, dans son célèbre article de 1974 « What is it Like to Be a Bat? », montrer le caractère ineffable de la conscience subjective. Car on ne saura jamais « l’effet que ça fait » de s’orienter par écholocation comme la chauve-souris pour la simple et bonne raison que nous n’avons pas un corps et un système nerveux de chauve-souris capable de le faire ! La question du ressenti animal en général n’en demeure pas moins fort pertinente, ne serait-ce que parce qu’une espèce, la nôtre, est douée de langage et d’une méthode scientifique qui permet de faire des observations et des déductions sur les états mentaux de ses congénères humains ou non humains. Et comme cette même espèce (toujours la nôtre) domestique, exploite ou extermine des milliers d’autres espèces animales, savoir ce que ces dernières peuvent ressentir devient essentiel d’un point de vue éthique pour baliser nos actions envers elles.

C’est dans cet esprit que sera présentée du 26 juin au 6 juillet prochain la 7e école d’été de l’Institut des sciences cognitives de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Ayant pour titre « Le problème des autres esprits: sensibilité et cognition animale », elle réunira durant dix jours une soixantaine de psychologues comparatifs, d’éthologues, d’évolutionnistes et de neurobiologistes cognitifs qui tentent comprendre les pensées des autres espèces animales. (Lire la suite…)

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Mardi, 5 juin 2018
Andy Clark : une vision unifiée du cerveau-corps-environnement

Je voudrais attirer votre attention cette semaine sur l’article « The Mind-Expanding Ideas of Andy Clark » qui présente ce personnage unique dans les sciences cognitives contemporaines qu’est Andy Clark. Et surtout, comme le titre de l’article l’indique, ses idées qui, pour tenter une traduction française du titre de l’article, nous portent constamment à élargir notre champ de conscience.

Car de la cognition dite « étendue » développée avec David Chalmers à la fin des années 1990 au « cerveau prédictif » sur lequel il planche depuis plusieurs années maintenant et qui est le thème de son dernier livre « Surfing uncertainty », Clark a toujours justement surfé sur des nouvelles vagues qui ont déferlé et ébranlé les remparts des paradigmes dominants dans le vaste champ des sciences cognitives. (Lire la suite…)

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