Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen





Mise à jour sur le financement

8 septembre 2014

Depuis l'arrêt de notre financement public le 31 mars 2013, le financement populaire par dons a permis d'amasser près de 8 000$ en un an. Dans les cinq mois qui ont suivi, soit de avril à août 2014, un peu plus de 1 000$ ont été versés en dons pour la poursuite de notre mission. Un grand merci pour ces sommes qui me permettent de continuer à écrire les billets hebdomadaires sur le blogue du Cerveau à tous les niveaux, et de tenir le site le plus à jour possible.

Bruno Dubuc

PS: j'attire aussi votre attention sur les conférences sur les neurosciences que je propose ci-bas et qui constituent maintenant ma source de revenus complémentaire.




Lundi, 3 décembre 2012
Aux origines des émotions : les neurosciences affectives

En 1998, Jaak Panksepp publiait un ouvrage de référence dont le titre, “Affective Neuroscience” (les neurosciences affectives, en français), allait devenir l’expression consacrée pour ce « jeune » champ de recherche qui étudie les mécanismes neuronaux derrières nos émotions. Jeune, parce qu’on a longtemps considéré les émotions comme quelque chose se situant en dehors du champ d’investigation scientifique.

Mais ce n’est plus le cas, et « The Archaeology of Mind: Neuroevolutionary Origins of Human Emotions”, que Panksepp vient de publier confirme dans un langage accessible à un public plus vaste la pertinence et l’intérêt grandissant des neurosciences affectives défrichées il y a près de 15 ans dans son livre éponyme. Et un moyen encore plus rapide de prendre contact avec les thèses de Panksepp, c’est d’écouter le récent entretien qu’il a accordé à Ginger Campbell pour le 91e épisode du toujours très attendu Brain Science Podcast.

Les neurosciences affectives, rappelle Panksepp, se sont constituées sur les travaux de précurseurs comme MacLean ou Papez. D’ailleurs, on discerne encore une continuité certaine entre le cerveau triunique de MacLean, les travaux subséquents qui avaient mis à jour son modèle, et les trois niveaux de processus que propose Panksepp : primaire (valeur de survie, émotion), secondaire (apprentissage, mémoire) et tertiaire (cortex, culture).

Mais Panksepp va plus loin et plaide pour une véritable réhabilitation des structures cérébrales sous corticales associées aux 7 émotions primaires qu’il distingue et sans lesquelles notre cortex ne pourrait fonctionner convenablement. Ces systèmes émotionnels, Panksepp les présente souvent des plus anciens aux plus récents, évolutivement parlant.

À commencer par la RECHERCHE des ressources nécessaire à la survie qui se traduit par un comportement exploratoire associé à ce qu’on a appelé le circuit de la récompense, avec une structure cérébrale importante appelée noyau accumbens. Puis vient le risque de rencontrer un prédateur durant cette exploration, d’où la PEUR, un second système émotionnel impliquant l’amygdale qui permet de mobiliser nos ressources pour faire face à la menace. Bien sûr aussi, nous ne sommes pas seuls à chercher des ressources, et une réponse comportementale adaptative pour protéger ces objets gratifiants a été la COLÈRE.

Une fois notre survie assurée, l’essentiel devient alors de transmettre nos gènes en nous reproduisant. Le DÉSIR SEXUEL, et son avatar humain l’amour romantique, devient également un système émotionnel des plus fondamentaux. Si la reproduction réussit, il faudra PRENDRE SOIN de sa progéniture, et pour cela un système particulier a pris forme, selon Panksepp. Le bébé doit ensuite pouvoir communiquer efficacement à ses géniteurs quand ça ne va pas, et c’est ce que Panksepp appelle le système de PANIQUE, qui serait ensuite à la base de tous les phénomènes d’anxiété, y compris les grands dérèglements qui mènent à la dépression.

Enfin, et simplement pour compléter ce tour d’horizon qui est évidemment plus étoffé dans l’entrevue, et encore plus dans le livre, Panksepp montre que ce système de panique couplé à celui des soins permet l’apparition d’une vie sociale chez les mammifères, et à l’attachement, qui est pour Panksepp un système secondaire qui dépend d’un apprentissage. Et le dernier système émotionnel serait le JEU, un système permettant de découvrir, si l’on veut, sa nature en tant qu’espèce, une nature nécessitant une foule de compétences sociales chez l’humain.

C’est sur des bases théoriques comme celle-ci que l’exploration des structures nerveuses de nos émotions peut maintenant se construire pour qu’on commence à détailler un peu ce que les behavioristes ont pendant longtemps simplement appelé des « réponses inconditionnelles », mais qui occultaient ainsi de multiples processus qui fondent ni plus ni moins tout l’édifice de la cognition animale.

i_lien Podcast of The Origin of Emotions with Jaak Panksepp (BSP 91)
i_lien Transcript of The Origin of Emotions with Jaak Panksepp (BSP 91)
a_his The Archaeology of Mind: Neuroevolutionary Origins of Human Emotions

Le développement de nos facultés | 2 commentaires »


2 commentaires à “Aux origines des émotions : les neurosciences affectives”

  1. [...] Aux origines des émotions : les neurosciences affectives From http://www.blog-lecerveau.org – Today, 1:55 AM [...]

Laissez un commentaire


× quatre = 28