Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

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Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Mardi, 30 juin 2020
Exercice et plein air : se rapprocher de la mythique panacée

Le solstice, mais plus encore au Québec la fête nationale le 24 juin et celle déménagement le 1er juillet (!), marquent le véritable début de l’été. Et ce, malgré les bouleversements climatiques qui nous ont déjà donné ici en juin deux solides canicules avant même le début officiel de la saison estivale… Alors comme à chaque été, et peut-être plus encore cette année avec la crise sanitaire mondiale qui se poursuit, je vais passer davantage de temps dehors loin de mon ordinateur (ce qui réduit aussi les risques de contamination) et donc sauter à l’occasion certaines semaines dans la publication de ces billets de blogue. Et je vous incite comme à chaque année à faire de même ! Simplement parce qu’on connait trop bien maintenant les nombreux bienfaits de l’exercice et des activités dans la nature (où, en plus, la densité de cas de COVID-19 est évidemment moindre). C’est ce que je voudrais rappeler aujourd’hui à partir de liens vers d’anciens billets de ce blogue sur le sujet.

Sur les effets bénéfiques de l’exercice d’abord, il y a tout d’abord l’effet psychologique de bien-être après une simple marche, une sortie en jogging ou la pratique de votre sport préféré. Comme je l’écrivais en 20015,

« Le « runner’s high » (expression anglaise consacrée pour décrire ce phénomène) est en fait composé de plusieurs phénomènes concomitants dont le sentiment d’euphorie, une baisse d’anxiété, une analgésie à la douleur et un effet sédatif d’apaisement. Or l’exercice augmente le niveau sanguin des bêta-endorphines mais également de l’anandamide, une substance endocannabinoïde (notre analogue naturel au THC du cannabis). »

D’autres molécules comme le « brain-derived neurotrophic factor » (BDNF) interviennent aussi dans d’autres effets intéressants de l’exercice sur le cerveau, dans ce cas-ci la consolidation de la mémoire à long terme. Des études ont montré que c’est à partir d’une substance qui se forme durant un exercice intense qu’est produit le fameux BDNF qui favorise le développement de nouvelles cellules nerveuses dans l’hippocampe, et par le fait même la mémoire. Du moins chez la souris où ces études ont été faites, mais il y a des évidences que ce phénomène de neurogenèse chez l’adulte se produise aussi chez l’humain, bien que cela demeure controversé.

Dans un autre billet, je parlais d’une étude publiée en février 2016 qui posait la question du type d’exercice qui avait les effets les plus bénéfiques sur le développement de nouveaux neurones dans l’hippocampe des cerveaux de rats : l’entraînement avec des poids, des intervalles ou de l’activité aérobie soutenue ? Et c’est cette dernière qui a remporté la palme. Une bonne nouvelle en fait, car faire des randonnées en plein air ou aller jogger est pas mal moins risqué côté contagion à la COVID que d’aller suer dans un gym densément peuplé !

L’effet préventif de l’activité physique régulière sur certains troubles mentaux a aussi maintes fois été démontré. Je pense par exemple à cette étude de 2013 d’Elizabeth Gould et ses collègues démontrant que c’est en favorisant les neurones inhibiteurs au GABA de l’hippocampe que l’exercice diminuait l’anxiété chez la souris. Ou à cette autre plus récente dont je vous ai parlé il y a quelques mois. Faite cette fois-ci chez l’humain sur une très grande population, elle montrait que les skieurs de fond de longue distance ont une incidence plus faible de dépression que dans la population en général.

Faire de l’exercice quotidiennement sans excès n’a donc que de bons côtés. J’irais presque jusqu’à dire que c’est probablement ce qui se rapproche le plus de la mythique panacée ! Et quand on le fait dehors, dans un milieu naturel, l’effet positif sur le corps cerveau est encore plus marqué. C’est ce que démontre encore une fois toute une série d’études remontant au moins celle de Ulrich, en 1984, sur le temps de récupération moins long après une chirurgie pour les patients qui voyaient des arbres de leur fenêtre d’hôpital par rapport à ceux qui voyaient un mur de brique.

Il y a quelques années une autre étude portant sur la ville de Toronto et se démarquant par l’importance de ses moyens montrait, toutes choses étant égales par ailleurs, qu’il y avait un effet positif  significatif de la quantité d’arbres dans un quartier sur la santé des gens qui y habitent ! Un effet qui était plus fort pour les arbres sur le domaine public, probablement parce qu’ils sont plus accessibles (en tout cas aux classes moins favorisées).

Une autre preuve que notre cerveau préfère la nature au courriel, c’est l’histoire de ces neuroscientifiques que je vous avais raconté en 2011 :

« [Ils] s’étaient « fait violence » et étaient partis une semaine faire du rafting sans cellulaire ni ordinateur pour voir quel effet ça leur faisait au niveau de leur vie mentale. Et ô surprise, ils se sont vite sentis plus contemplatifs et capables de maintenir et d’explorer une idée plus longtemps mentalement que lorsqu’ils répondent à 100 courriels par jour… »

Comme je le suggérais enfin en 2015, peut-être que les vacances, où l’on est à la fois moins soumis aux attaques « bottom up » des courriels et autres statuts Facebook, et à la fois moins contraints de focusser notre attention sur les mêmes tâches professionnelles, est un moment propice pour « regarder aller son cerveau » et explorer un peu les réseaux de notre fameux mode par défaut propice à l’incubation créative des idées, la consolidation et la récupération de souvenirs personnels ou simplement la planification de sa journée.

Bref, je vous souhaite que les semaines qui viennent soient un bon moment pour sortir de cette « continuous partial attention », cet état où l’on pense à tout moment à ces sollicitations électroniques de toutes sortes qu’on pourrait manquer, créant ce sentiment diffus de ne plus nous appartenir, de ne jamais pouvoir être concentré à 100% sur quelque chose, ne serait-ce que sur la beauté des arbres du parc dans lequel on marche. Car c’est essentiellement pour ça que notre vieux cerveau a évolué durant des millions d’années. Et c’est pour ça que ça lui fait tant de bien quand on le fait reconnecter avec le mouvement et la nature.

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 22 juin 2020
De graves difficultés dans la reproductibilité des résultats en imagerie cérébrale

Avant d’aborder le sujet d’aujourd’hui, j’aimerais d’abord remercier toutes les personnes qui ont participé au cours Notre cerveau à tous les niveaux donné en collaboration avec l’UPop Montréal entre le 16 octobre 2019 et le 17 juin 2020. Les enregistrements vidéos des dix séances se retrouvent tous sur la chaîne YouTube du cours. Vous pouvez donc (re)visionner à loisir certaines séances, comme la cinquième par exemple, dont le sujet a un lien avec notre billet d’aujourd’hui. Intitulée « Cartographier des réseaux de milliards de neurones à l’échelle du cerveau entier », on y présentait différentes techniques d’imagerie cérébrale, dont l’une des plus utilisées, l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Et l’on avait vu que non seulement les activations neuronales que détectent ces appareils sont faites de manière indirectes (en monitorant les débits sanguins vasculaires cérébraux), mais qu’elles pouvaient comporter de nombreux biais d’analyse. C’est ce que confirme de manière troublante une étude publiée le 20 mai dernier dans la revue Nature et intitulée « Variability in the analysis of a single neuroimaging dataset by many teams ». (Lire la suite…)

De la pensée au langage | Pas de commentaires


Lundi, 15 juin 2020
Nous versus Eux : notre espèce a-t-elle de l’avenir ?

C’est ce mercredi 17 juin prochain à 19h qu’aura lieu la 10e et dernière séance du cours Notre cerveau à tous les niveaux commencé en octobre dernier en collaboration avec l’UPop Montréal. Cette séance sera donnée en ligne sur la plateforme Zoom grâce au lien https://us02web.zoom.us/j/87430378790 et tous les détails pour se connecter sont dans l’événement Facebook de cette séance qui s’intitule  « Moi » conscient versus motivations inconscientes : notre espèce a-t-elle de l’avenir ? Après avoir donné la semaine dernière un aperçu de l’opposition conscient versus inconscient, j’aimerais conclure cette semaine avec un exemple du genre de question que la démarche de ce cours permet peut-être d’éclairer sous un jour nouveau. Cette démarche, je le rappelle, tentait d’aborder la complexité de la pensée humaine à partir de l’histoire évolutive de notre système nerveux et de sa longue construction par niveaux d’organisation. Que nous permet-elle de dire par exemple sur les violences raciales et le racisme systémique qui éclate une fois de plus au grand jour depuis quelques semaines ? Se pourrait-il que ce long parcours qui nous a mené des molécules aux biais inconscients, en passant par la grammaire de base du système nerveux, son organisation générale et son activité dynamique nous permette d’apporter une contribution originale aux analyses déjà proposées par les sociologues, les criminologues, les psychologues et tous les militant.es qui s’intéressent à cette question depuis des décennies ? Je n’écrirais pas ce billet et ne ferais pas ce métier si je pensais que non… (Lire la suite…)

Du simple au complexe, Que d'émotions! | Pas de commentaires


Lundi, 8 juin 2020
« Moi » conscient versus motivations inconscientes

Le mercredi 17 juin prochain à 19h aura lieu la 10e et dernière séance de la série Notre cerveau à tous les niveaux entreprise en octobre dernier en collaboration avec l’UPop Montréal. J’avais pensé la faire en plein air, question de se retrouver en personne pour cette dernière, mais les enjeux techniques sont trop lourds et l’on va finalement y aller une dernière fois avec la formule maintenant éprouvée de la présentation en ligne sur la plateforme Zoom (avec ce lien : https://us02web.zoom.us/j/87430378790 ). Pour les personnes qui ne seraient pas familières avec Zoom, tous les détails sont dans l’événement Facebook. La séance aura pour titre « Moi » conscient versus motivations inconscientes : notre espèce a-t-elle de l’avenir ? et sera en quelque sorte une tentative d’intégration de tout ce qui a été vu auparavant dans ce cours. Celui-ci, vous vous en souviendrez peut-être, a une approche « additive » et même « cyclique » : chaque séance construit à partir de la précédente en ajoutant des niveaux de complexité; et la dernière nous ramènera aux questions plus philosophiques posées lors de la première séance sur la nature même de la connaissance. Mais pour cela il faudra, à défaut d’en donner une explication détaillée (ce dont je serais bien incapable), à tout le moins démêler deux concepts fort chargés de connotations multiples : le conscient et l’inconscient ! Je me limiterai dans ce billet à vous faire part du plan de match que j’envisage de vous proposer dans dix jours. (Lire la suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


Lundi, 1 juin 2020
Gérer la COVID-19… à tous les niveaux !

En attendant la dernière séance de la série Notre cerveau à tous les niveaux qui aura lieu mercredi le 17 juin prochain, je voudrais cette semaine faire un petit retour sur le thème de la COVID-19 avant de plonger la semaine prochaine dans le vif du sujet de cette séance intitulée « «Moi» conscient versus motivations inconscientes: notre espèce a-t-elle de l’avenir? ». Trois documents, donc, axés sur ce qu’on peut faire pour gérer le stress associé à la présence du virus, comment réduire les risques de l’attraper, et qu’est-ce qu’on peut prendre pour le combattre.

Plus un ajout de dernière minute, un peu plus pour les geeks (Karl Friston et la COVID-19 !) (Lire la suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires