Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 30 mars 2020
Fermeture des ateliers de vélo : Legault devrait se raviser pour notre santé immunitaire

Deux sujets en lien avec la pandémie cette semaine (quoi d’autre !). Le premier est une bonne nouvelle concernant les cours de l’UPop Montréal présentement suspendus, dont «Notre cerveau à tous les niveaux» que j’ai le plaisir d’offrir. Tout n’est pas encore officialisé, mais suite à une rencontre du collectif qui coordonne les activités de l’UPop, plusieurs cours seront soit reportés à la session d’automne, soit disponibles en lignes prochainement. Et je peux déjà vous confirmer que ce sera le cas de mon cours que je donnerai d’ici quelques semaines de manière virtuelle à l’aide de la plateforme Zoom. Donc restez à l’écoute et je vous confirme la date de la prochaine séance (la 8e sur 10) ici et sur le site de l’UPop dès qu’elle sera déterminée.

Le second sujet est une pas mal moins bonne nouvelle, du moins en l’état actuel des choses. J’apprenais en effet ce matin dans le journal Le Devoir, sous la plume de la journaliste Annabelle Caillou, que :

« Le vélo a la cote, ces temps-ci, auprès des Québécois inquiets à l’idée d’attraper la COVID-19 en prenant le taxi ou les transports collectifs. Le gouvernement Legault n’a pourtant pas jugé bon de considérer les ateliers de réparation de vélos comme un service essentiel, ce qui pourrait mettre des bâtons dans les roues des cyclistes. »

Les ateliers de réparation de vélos sont donc actuellement fermés au Québec alors que les garages pour les voitures, eux, peuvent être ouverts. Il y a là un deux poids deux mesures qui m’a fait sursauter, et pour plusieurs raisons, dont une très troublante, de nature immunologique, que je garde pour la fin.

Cette décision apparaît d’abord bien mauvaise, comme plusieurs l’ont souligné, dans une grande ville comme Montréal où de nombreuses personnes n’ont pas de voiture et font du vélo, justement à partir de ce temps-ci de l’année, leur moyen de transport principal.

Comme le disait aussi Suzanne Lareau, directrice générale de Vélo Québec :

« M. Legault nous dit de garder nos distances, de faire de l’activité physique et de prendre l’air. En vélo, on peut garder facilement une distance physique, ça permet de rester actif et de se déplacer tout en s’aérant l’esprit. Tout ce qu’on demande. Et puisque les rues se sont vidées de leurs voitures, il n’a jamais été aussi sécuritaire de rouler à vélo dans Montréal ».

Considérant tout cela, comment le gouvernement peut-il priver ainsi la population d’un soutien technique qui permettrait à plusieurs de rendre leur vélo fonctionnel pour se déplacer avec un risque de contamination à peu près nul ? Dans un encadré associé au même article, on apprenait en plus, comble d’ironie, que les vélos BIXI en libre-service seront disponibles à partir du 15 avril et qu’ils se retrouvent, eux, dans la liste des services essentiels du gouvernement ! Et ce, même si, de l’avis même de l’avis même de l’organisme, il faudra mettre en place des procédures de désinfection spéciales entre les utilisations puisqu’il s’agit de vélos partagés par plusieurs personnes dans une même journée. Un problème qui bien sûr ne se pose pas quand on a son propre vélo… mais qu’on peut le faire réparer pour qu’il roule !

Un article intitulé Contre le coronavirus, les Allemands pédalent, de l’excellent média indépendant Reporterre, nous apprenait aussi la semaine dernière que :

« depuis le début de la crise, les autorités allemandes encouragent la pratique… du vélo. Le ministre fédéral de la Santé, Jens Spahn, appelle les Allemands « à marcher ou prendre le vélo plutôt que les transports en commun » ».

Le porte-parole de la fédération des pneumologues d’Allemagne, Michael Barczok, affirme en effet que :

« le vélo a tout bon car il permet de se protéger et de protéger les autres : il maintient à distance et évite d’être contaminé en touchant des surfaces sur lesquelles le coronavirus pourrait survivre plusieurs jours comme les barres du bus ou du métro. [De plus, le vélo] permet au système respiratoire d’être bien ventilé et mieux alimenté en sang ».

Même dans l’Ontario de Doug Ford, les boutiques de réparation de vélos sont considérées comme un service essentiel ! Comment alors interpréter cette décision du gouvernement Legault ? C’est certain qu’on peut ici se rappeler que c’est ce même gouvernement qui fait la promotion d’un tunnel autoroutier, le fameux « 3e lien », entre la ville de Québec et sa banlieue sud. Un gaspillage pharaonesque qui va à l’encontre de tout ce que les experts nous expliquent en termes de mobilité durable et d’émissions de gaz à effet de serre.

Mais ce gouvernement semblait pourtant faire preuve d’une approche plutôt raisonnée dans sa gestion de crise jusqu’ici, s’en remettant curieusement dans ce dossier-ci à l’avis des experts en santé publique. Ceux-ci semblent donc avoir une influence considérable présentement sur le gouvernement du Québec. Ce sera donc à eux que je m’adresse en terminant cet article. Et dans un langage qu’ils connaissent bien, celui de la science et de la médecine.

Car il y a une autre raison, plus grave encore, d’empêcher des gens de faire du vélo, et c’est réduire l’efficacité de leur système immunitaire ! Et franchement, je m’explique très mal que les instances de la santé publique aient laissé passer ça. Je veux bien croire qu’une forte proportion de l’électorat de la CAQ se déplace en voiture et que Legault n’a peut-être pas eu le « réflexe » de penser aux bienfaits du vélo pour la santé, mais les autorités de la santé publique ne peuvent pas ignorer le lien entre santé immunitaire et exercice modéré quotidien (ce que procure la pratique du vélo utilitaire pour faire les courses, par exemple).

En effet, cela fait des décennies que des études sont publiées sur les effets bénéfiques de l’exercice sur la santé en général et celle du système immunitaire en particulier. Par exemple cet article, publiée en mai dernier dans le Journal of Sport and Health Science, et intitulée The compelling link between physical activity and the body’s defense system. Il passe en revue plus d’un siècle d’études démontrant les effets bénéfiques de l’activité physique sur le système immunitaire (un sujet également souvent abordé dans ce blogue, dont ici sur les effets bénéfiques directs de la pratique du vélo sur le système immunitaire).

Et toutes pointent dans la même direction : faire un exercice modéré et régulier favorise nos défenses immunitaires, certaines ajoutant que cela pourrait même nous protéger des infections des voies respiratoires supérieures, ce qui n’est pas inintéressant dans le cas de la COVID-19. Comme d’ailleurs le fait que l’exercice régulier en général améliore également la régulation des fonctions immunitaires chez les personnes âgées, retardant ainsi le moment où elles deviennent plus à risque de contracter la COVID-19.

Une autre, publiée en 2012, précisait même que l’exercice régulier, comme la pratique quotidienne du vélo, augmentait chez les personnes âgées leur réponse aux vaccins, en plus d’augmenter l’efficacité de deux sortes de cellules immunitaire (les « cellules T » et les « cellules tueuses »). Une étude publiée en 2005 avait même démontrée que l’exercice modéré chez la souris diminuait de façon significative leur mortalité suite à l’inoculation du virus de l’influenza.

Je suis certain que les experts en santé publique qui conseillent actuellement le gouvernement du Québec comprennent très bien la portée de ces études et l’importance de faire actuellement la promotion active de l’utilisation du vélo comme moyen de transport, comme d’autres experts l’ont rappelé récemment dans le New-York Times. Peut-on leur demander alors de rectifier le tir et d’inclure dans les services essentiels ouverts ce chaînon essentiel de l’utilisation utilitaire du vélo que sont les ateliers de réparation ?

Je ne demande pas souvent explicitement de diffuser les billets de ce blogue mais cette fois-ci, comme il s’agit d’un enjeu important de santé publique relié à une pandémie mondiale, si vous avez des contacts avec des gens en santé publique, merci de leur faire suivre ce lien.

Merci aussi de garder non seulement une distance physique entre vous, mais un esprit critique et une solidarité sociale à travers tout ça !

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 23 mars 2020
Des ressources en ligne sur le cerveau en ces temps de confinement

Le gouvernement du Québec a annoncé hier qu’il prolongeait la période de fermeture des écoles et des services de garde de la province jusqu’au 1er mai afin de continuer à freiner la propagation de ces très petits êtres qui bouleversent actuellement nos vies. À partir du 30 mars, le ministère de l’Éducation annonçait dans la foulée qu’il mettra en ligne un site qui proposera des activités pour les jeunes selon leur âge. Cela m’a donné l’idée de faire la même chose dès maintenant avec différents contenus en ligne qui peuvent être considérés comme des ressources pédagogiques sur une matière qui fait cruellement défaut à l’école : l’étude de notre propre cerveau ! (Lire la suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


Lundi, 16 mars 2020
Ces très petits êtres qui bouleversent nos vies

Comme l’annonçait l’UPop Montréal hier sur son site web :

« En raison de la pandémie de COVID-19 et des mesures de prévention qu’elle impose, toutes les activités de l’UPop sont suspendues pour une période indéterminée. Nous allons tenter de reporter le plus de séances possibles à des dates ultérieures, selon la disponibilité des professeurs et des salles. Les dates de ces reports vous seront transmises par nos différents canaux de communication dès qu’elles seront connues. »

La séance du cours «Notre cerveau à tous les niveaux» annoncée dans mon dernier billet pour ce mercredi le 18 mars au café Les Oubliettes est donc reportée à une date ultérieure qui vous sera transmise ici et sur le site de l’UPop dès qu’il sera possible de le faire. En attendant, si vous avez manqué l’une des sept séances déjà, vous pouvez faire du rattrapage « dans le confort sécuritaire de votre foyer » en écoutant les vidéos Facebook Live qui avaient été enregistrés lors de ces séances et qui sont disponibles ici pour la session d’automne et là pour les deux séances données à date à la session d’hiver. (Lire la suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


Mardi, 10 mars 2020
Voir un comportement comme une boucle de contrôle, mais à l’extérieur de l’organisme

C’est mercredi le 18 mars prochain qu’aura lieu la prochaine séance du cours «Notre cerveau à tous les niveaux» donnée en collaboration avec l’UPop Montréal au café Les Oubliettes. Après la septième séance du 4 mars dernier qui nous avait permis de comprendre que notre cerveau projette constamment ses meilleures hypothèses pour percevoir du sens dans le chaos du monde, on va maintenant ajouter une grosse pièce du puzzle dont on n’a pas trop parlé jusqu’ici : le reste du corps !

Car notre cerveau n’a pas évolué dans le vide, mais toujours dans un corps qui lui-même est toujours situé dans un environnement. En fait, il existe tellement de voies de communication entre le cerveau et le corps qu’on devrait toujours parler du « cerveau-corps » comme d’un tout. Par conséquent, les simulations mentales que notre cerveau génère constamment affectent le reste du corps par toutes sortes de « processus descendants » bien concrets. L’effet néfaste du stress chronique et celui positif de l’effet placebo sont deux exemples de ces phénomènes qui seront brièvement présentés durant cette séance ayant pour titre « Cerveau et corps ne font qu’un et sont constamment affectés par l’environnement ». (Lire la suite…)

Le corps en mouvement | Pas de commentaires


Lundi, 2 mars 2020
Des stratégies bottom up et top down pour prédire au mieux ce qui vient

La prochaine séance du cours «Notre cerveau à tous les niveaux» donné en collaboration avec l’UPop Montréal au café Les Oubliettes aura lieu ce mercredi le 4 mars. Comme je le mentionnais dans mon billet de la semaine dernière, après avoir résumé lors des séances précédentes la longue évolution qui a mené jusqu’au cerveau humain, on constatera que « Tout ce qui précède permet de simuler le monde pour décider quoi faire ». C’est-à-dire trouver de quoi boire, de quoi manger et, si possible, un.e partenaire pour se reproduire. Et tout en évitant, autant que possible, les dangers et autres menaces pour notre intégrité physique. Pour cela, nous aurons autant besoin de réagir aux possibilités d’action immédiates que nous suggère notre environnement (les fameuses « affordances » décrites la semaine dernière) que de faire des plans plus élaborés impliquant une connaissance approfondie du comportement des autres dans la culture particulière qui est la nôtre. C’est sur ces multiples niveaux où peuvent être sélectionnées nos actions que j’aimerais attirer votre attention cette semaine. (Lire la suite…)

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