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Mardi, 19 mars 2019
La fameuse question des différences cognitives entre les femmes et les hommes

Le sujet d’aujourd’hui n’est pas lié à une étude récente particulière comme c’est souvent le cas ici. Mais comme on me questionne vraiment très souvent sur les différences cognitives entre les femmes et les hommes, il semble que la chose intrigue encore et ce, comme on va le voir, peut-être pas nécessairement pour les bonnes raisons. Car il y a d’une part un discours voulant, pour paraphraser le titre d’un ouvrage à succès, que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Les différences y sont souvent si exagérées que c’en est presque drôle. Tellement qu’on en vient à se demander si ce ne serait pas les auteurs de ces livres qui vivent sur une autre planète… Et à l’opposé, on assiste depuis une décennie ou deux à la montée d’un discours à l’extrême opposé, qui affirme que les différences entre les deux sexes ne sont que des conséquences de notre éducation. Tout serait donc culturel pour la simple (et simpliste) raison que notre cortex fait preuve d’une grande plasticité (ce qui n’est pas faux, mais pas tout non plus). Malgré la caution scientifique que ce second discours semble apporter aux luttes contre le sexisme (celui que subissent les femmes en particulier), il ne résiste pas une analyse rigoureuse des données scientifiques disponibles et dessert malheureusement plus qu’il n’aide ces luttes nécessaires.

C’est pourquoi un collectif de chercheur.es de différentes disciplines des sciences cognitives avait publié dans le journal Le Monde du 15 avril 2016 un article intitulé « En sciences, les différences hommes-femmes méritent mieux que des caricatures ». Remarquablement clair et concis, cet article réussit à faire plusieurs distinctions fondamentales à propos de cette question. Trop souvent escamotées, ces nuances conduisent à la vision dichotomique simpliste et caricaturale évoquée plus haut. Et c’est pour cette raison que je me retrouve toujours un peu dépourvu lorsqu’on me pose cette question après une conférence et qu’on s’attend à une réponse en quelques phrases alors qu’il faudrait en fait une autre heure de conférence pour bien y répondre. Ou un billet un peu plus long que d’habitude, comme celui-ci…

Il faut d’abord rappeler qu’il n’y a pas deux êtres humains pareils (jumeaux identiques compris). Tous les êtres humains sont donc différents. Cette diversité est causée à la fois par nos gènes particuliers et par l’environnement tout aussi particulier dans lequel nous grandissons. C’est toujours les deux, gènes et environnement, comme le répète constamment Robert Sapolsky dans son magistral ouvrage « Behave ». La diversité causée par les différences individuelles est d’ailleurs une richesse, tant du point de vue de la sélection naturelle (parce qu’elle offre du choix aux processus de sélection) que de la simple complémentarité qu’elle permet dans l’organisation des sociétés humaines.

Mais bon, je sais que la question que l’on se pose au fond est la suivante : ne pourrait-on pas discerner des différences cognitives « en moyenne » entre les hommes et les femmes ? Et effectivement la réponse à cette question est oui. Des différences significatives mais généralement assez modestes. Et des différences qui avantagent parfois les hommes, parfois les femmes, dépendamment de la tâche cognitive. Et c’est là qu’on peut commencer à entrer tranquillement dans les détails de ces différences pour montrer, pour le dire vite, qu’il n’y pas de quoi fouetter un chat !

D’abord un mot sur la moyenne, car c’est bien toujours de cela dont on est obligé de parler quand on cherche ce genre de différences. Déjà une évidence : on s’entend que si les hommes sont par exemple en moyenne plus grands que les femmes, cela n’empêche pas qu’il y ait des hommes plus petit que des femmes, ou inversement. Il en sera de même pour les facultés cognitives : ce n’est pas parce qu’on note un léger avantage en faveur d’un sexe pour une tâche données qu’on ne peut pas trouver plein d’individus de l’autre sexe qui seront encore meilleurs que cette moyenne un peu plus élevée pour un sexe donné.

Mentionnons maintenant quelques données d’études présentées par Franck Ramus dans une conférence TEDx présentée le 21 juin 2014. Ramus, qui travaille sur les déterminants génétiques et environnementaux qui influencent le développement de l’enfant, rappelle d’abord qu’il n’y a pas, en moyenne, de différence entre le quotient intellectuel de l’homme et de la femme (quant à savoir ce que mesure réellement les tests de QI, ça c’est une autre histoire!). Le cerveau de l’homme a beau être, toujours en moyenne, environ 9% plus volumineux que celui de la femme (comme son corps est en moyenne plus grand aussi), et le volume cérébral ne pouvant expliquer semble-t-il qu’environ 10% de la valeur du QI, on voit bien que le volume cérébral seul est loin d’être la fin de l’histoire. (Lire la suite…)

De la pensée au langage, Du simple au complexe | Pas de commentaires


Mardi, 12 mars 2019
La trace de nos apprentissages observée dans l’hippocampe et le cortex

Apprendre change le cerveau. Mais comment ? Et où ? Depuis quelques décennies, avec le développement des techniques d’imagerie cérébrale, on a de plus en plus de pistes de réponse à ces questions. Mais comme souvent avec le cerveau, ô surprise, ce n’est pas simple… Considérons seulement deux études récentes s’intéressant aux multiples modifications que subissent certaines régions du cerveau avec l’apprentissage, en particulier l’hippocampe et le cortex pariétal. (Lire la suite…)

Au coeur de la mémoire | Pas de commentaires


Mardi, 5 mars 2019
Du bienfait de la relâche pour apprécier les illusions d’optique

C’est la semaine de relâche scolaire et si vous avez des enfants j’espère que vous en profiterez pour aller jouer dehors avec eux, considérant tous les bienfaits connus que cela apporte. Et si vous n’en avez pas, ce serait peut-être une bonne idée de… relâcher un peu votre boulot quand même ! Parce que depuis au moins une décennie, on sait que rêvasser, c’est très bon pour le cerveau ! Sauf que selon un sondage, 83% des américains affirment ne jamais avoir le temps de relaxer ou de laisser libre cours à leurs pensées durant une journée. Or je le répète en anglais s’il le faut car la littérature scientifique est maintenant très solide là-dessus : Your Brain Needs More Downtime ! C’est pour cela que ce billet sera très court, pour vous (et me) permettre d’avoir un peu plus de temps libre pour laisser s’exprimer notre réseau du mode par défaut

En fait, l’une des choses toujours agréable pour se ressourcer, c’est justement un petit retour aux sources. Et dans le cas du Cerveau à tous les niveaux, l’une de ses sources d’inspiration fut le site web Neuroscience for Kids qui existe toujours et continue de choisir mensuellement son « Site of the Month ». Et pour le mois de mars 2019, le site à l’honneur est “The Illusions Index“, un répertoire déjà impressionnant et appelé à grandir d’illusions d’optique, un sujet abordé d’ailleurs il y a longtemps dans notre thème sur la vision. (Lire la suite…)

Les détecteurs sensoriels | Pas de commentaires