Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 29 octobre 2018
Neurobiologie de la mort : on a réussi à enregistrer la vague de dépolarisation finale

La mort est par définition la fin de la vie. Cette quasi tautologie peut néanmoins nous faire avancer dans notre compréhension de l’ultime moment qui nous attend tous à condition considérer correctement ce qui se passe dans ces derniers instants. Longtemps l’on a cru que l’arrêt de l’activité cérébrale faisait foi de tout. La « flatline », comme on dit en anglais pour désigner le tracé plat de l’électroencéphalogramme (EEG), ne montrant plus l’activité électrique oscillatoire intense propre au cerveau vivant, on en déduisait logiquement que la personne était alors décédée.

Mais la vie n’est pas une entité discrète. C’est un processus dynamique complexe. Ainsi en est-il de la mort si l’on en croit les résultats étonnants publiés en janvier dernier dans les Annals of Neurology par Jens Dreier et son équipe. L’article s’intitule “Terminal spreading depolarization and electric silence in death of human cortex.” Cette vague de dépolarisation qui se propage durant plusieurs minutes dans notre cerveau après le début de l’EEG plat, ce serait plutôt ça le vrai visage de la mort cérébral ! (Lire la suite…)

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


Lundi, 22 octobre 2018
Une étude sur la réaction du cerveau à l’isolement social va à l’encontre de cette pratique dans les prisons

Le nombre d’études fascinantes que je vois passer en sciences cognitives dépassant de loin ma capacité à en parler sur ce blogue, j’ai toujours une longue « liste d’attente » de sujets potentiels dans un fichier. Il n’est pas rare alors qu’un sujet d’actualité vu ou entendu dans les médias s’aligne parfaitement avec l’une de ces études en attente de diffusion et la sorte ainsi de l’ombre. C’est le cas cette semaine, avec comme élément déclencheur cette entrevue entendu hier à la radio de Radio-Canada avec Jean-Claude Bernheim, un spécialiste des questions carcérales qui commentait la fin probable du « trou » dans les pénitenciers fédéraux.

Ce qu’on appelle « le trou » en langage familier carcéral, c’est l’isolement préventif ou disciplinaire, une pratique qui consiste à placer un détenu dans une cellule à l’écart du reste de la population carcérale. Sans pratiquement aucun contact social significatif, le détenu ne dispose de rien, pas même un livre ou un crayon pour garder son esprit occupé. (Lire la suite…)

Le plaisir et la douleur, Que d'émotions! | Pas de commentaires


Lundi, 15 octobre 2018
Le cerveau, comme la science, est prédictif (ou bayésien)

Il y a une façon de concevoir le cerveau de plus en plus répandue en sciences cognitives, celle d’une machine à faire des prédictions. L’approche du « cerveau prédictif » (« predictive processing », en anglais) constitue ni plus ni moins qu’un changement de paradigme majeur par rapport à la vieille analogie cerveau-ordinateur du cognitivisme des années ’70, par exemple. Non le cerveau n’attend pas passivement ses «inputs» pour «traiter des représentations symboliques» et produire des «outputs». Il cherche plutôt constamment à faire des inférences à partir des perturbations physiques que subissent ses sens pour tenter d’en comprendre les causes. (Lire la suite…)

De la pensée au langage, L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


Mardi, 9 octobre 2018
Quelques suggestions de lecture

Quelques simples suggestions de lecture cette semaine parce que je dois préparer et donner trois cours / formations que vous pourrez d’ailleurs retrouver en pdf dans la section l’école des profs du Cerveau à tous les niveaux.

La première a justement rapport au cours que je donne cet après-midi à l’Université du troisième âge (UTA) de Beloeil, le premier de ma série de huit que je donne dans différentes villes depuis quelques années. J’en profite donc pour vous rappeler une initiative de l’automne dernier, celle où je me suis amusé à écrire huit billets sur certains aspects de chacun de ces cours (donnés alors à l’UTA de Longueuil et de St-Bruno). Je vous renvoie donc à ces billets dont les titres qui suivent évoquent leur contenu : (Lire la suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


Mercredi, 3 octobre 2018
Le pouvoir affaiblit les capacités cognitives pour se relier aux autres

Ce billet paraît exceptionnellement le mercredi cette semaine car hier j’étais occupé à donner une « École de profs» au collège Montmorency. J’étais aussi, il faut bien le dire, un peu « lendemain de veille » suite à la victoire lundi de la CAQ aux élections provinciales du Québec et de son chef François Legault qui suscite des rapprochements avec Donald Trump. C’est en effet le parti qui avait récolté la pire note au questionnaire envoyé aux quatre principaux partis quant à leur programme pour l’environnement. Toute la communauté scientifique s’entend pour dire que le climat se dérègle d’une façon alarmante et tout ce que la CAQ propose ou presque c’est de… construire plus d’autoroutes !

C’est alors que je me suis souvenu, par association d’idées sans doute, d’un article de The Atlantic publié en août 2017 et dont je n’avais jamais eu le temps de vous parler. Il s’intitulait “Power Causes Brain Damage” avec en sous-titre : “How leaders lose mental capacities—most notably for reading other people—that were essential to their rise”. Et je ne sais pas pourquoi, cela m’a fait penser à François Legault. (Lire la suite…)

Que d'émotions! | Pas de commentaires