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Lundi, 11 juillet 2016
Faites de l’art, vous ne vous en porterez que mieux !

L’été est un moment privilégié pour sortir de la routine et essayer de faire de nouvelles choses. N’importe quelle forme d’art, par exemple. Et pas besoin de viser une exposition dans un musée pour s’y mettre. Faire de l’art, créer quelque chose, serait intrinsèquement bon pour la santé, par l’entremise de la réduction de stress qu’elle amène chez la plupart des gens. C’est ce que démontre une étude publiée le mois dernier intitulée : « Reduction of Cortisol Levels and Participants’ Responses Following Art Making ».

En effet, parmi tous les facteurs pouvant avoir un effet néfaste sur le corps et donc sur le cerveau (manque d’exercice ou de sommeil, mauvaise alimentation, peu de stimulation intellectuelle ou sociale…), le plus sous-estimé est sans doute le stress chronique, ou l’inhibition de l’action, pour employer l’expression plus parlante popularisée par Henri Laborit. Et notre société productiviste n’arrange pas les choses en présentant souvent le stress chronique comme quelque chose d’inévitable si l’on veut « performer », voire de louable…

Pourtant, demeurer longtemps dans un état où notre système nerveux sympathique est « sur les dents », avec les hormones de stress comme le cortisol qui demeure à des taux élevés pendant des semaines, il n’y a à peu près rien de pire pour la santé. Pourquoi ? Parce que ce système a évolué pour nous donner un pic d’énergie pour sauver notre peau devant une menace évidente comme une bête sauvage prête à nous dévorer ! Et comme les ressources du corps humain ne sont pas infinies, c’est en détournant ses ressources (autrement dit, le sang, qui les transporte) des organes qui ne sont pas immédiatement nécessaires à la fuite ou à la lutte (le système immunitaire et digestif, par exemple) que l’on va permettre aux muscles d’avoir ce pic d’énergie qui va peut-être nous sauver la vie.

Mais tout doit rapidement rentrer dans l’ordre par la suite, et les systèmes négligés être à nouveau correctement ravitaillés sous peine d’ulcère d’estomac, d’attraper le premier microbe qui passe ou de ne plus être capable d’éliminer rapidement certaines de nos cellules qui se développent mal et peuvent, si on les laisse aller trop longtemps, faire une évolution cancéreuse.

Or l’étude de Girija Kaimal montre qu’à peine 45 minutes de création artistique libre (ici de l’art visuel) permettent de réduire chez 75% des gens le taux de cortisol sanguin considéré comme le marqueur biologique par excellence du niveau de stress. Un phénomène signalé dans les rapports subjectifs des gens après la séance de création, où la plupart rapportait une diminution de leurs préoccupations et une relativisation de leurs problèmes.

Quant aux 25% dont le taux de cortisol avait augmenté, il est fort possible que ce soit des gens pour qui la création artistique relevait du défi et que cette hausse reflétait une mise en branle de ressources pour mieux agir, ce qui n’est pas mauvais en soi, comme on l’a dit, si cela se résorbe une fois le défi relevé.

Sur ce, à vos crayons, pinceaux, appareils photos, pianos, machines à coudre, ciseaux à bois, etc. !

i_lien At any skill level, making art reduces stress hormones
a_lien Reduction of Cortisol Levels and Participants’Responses Following Art Making

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