Depuis août 2012, la petite équipe du Cerveau à tous les niveaux est à la recherche d'une autre source de financement institutionnelle stable afin de poursuivre sa mission de vulgarisation des neurosciences de façon optimale. Des resserrements budgétaires ont en effet forcé l'INSMT à interrompre notre financement le 31 mars 2013, après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés et des négociations toujours en cours qui pourraient déboucher dans les prochains mois), nous ne sommes pas encore parvenus à trouver les fonds nécessaires. Nous nous voyons donc contraints pour l'instant de nous en remettre à nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Le "thermomètre de levée de fond" ci-bas établit ainsi un ordre de priorité (de bas en haut) pour assigner l'argent recueilli et montrer l'écart à combler pour boucler notre budget annuel. Il sera mis à jour régulièrement, donnant ainsi à tout moment l'heure juste sur l'état de nos finances.

Soyez assuré que faisons le maximum pour maintenir ce site accessible dans l'esprit premier d'Internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen





Mise à jour sur le financement

22 avril 2013

Deux semaines après le lancement de notre campagne de financement par dons, nous avons recueilli près de 2 500 $, soit une somme couvrant la gestion minimale du site pour l'année et la rédaction des billets du blogue pour les prochaines semaines. C'est encourageant et nous vous invitons à passer le mot afin de rejoindre d'autres personnes qui apprécient le site et pourraient contribuer à la poursuite de l'ensemble de ses activités. Un grand merci pour votre soutien!




Lundi, 28 janvier 2013
L’intelligence collective des groupes humains

En psychologie, le concept d’intelligence individuelle et les “test de QI” pour la mesurer sont pour le moins controversés. L’une des bases empiriques fréquemment avancée en faveur de l’existence d’une telle « intelligence générale » est que cette variable unique prédit environ du tiers à la moitié des résultats qu’obtient un individu dans de nombreuses tâches cognitives distinctes et variées.

Dans une étude publiée dans la revue Science en octobre 2010, des psychologues de trois universités américaines affirment avoir mis en évidence un facteur similaire d’intelligence générale, mais cette fois non pour des individus mais pour des groupes. Pour tester cette « intelligence collective », ils ont formé des dizaines de groupes de 2 à 5 personnes et les ont fait travailler pendant plusieurs heures sur différentes tâches allant du brainstorming créatif au dilemme moral, en passant par la partie de dame contre un ordinateur.

Ce qui est ressorti de fort intéressant des nombreuses analyses statistiques de l’étude autour de ce facteur « c » (pour intelligence collective), et qui va au-delà du débat sur ce qu’il pourrait exactement représenter, c’est d’abord le fait qu’il n’était ni fortement corrélé avec l’intelligence moyenne des membres d’un groupe ni avec celle de l’individu du groupe ayant obtenu le meilleur score au test d’intelligence individuelle. Autrement dit, un groupe formé de gens brillants ne fait pas automatiquement le groupe le plus brillant.

Les psychologues ont toutefois trouvé des facteurs permettant de prédire si un groupe sera « intelligent » collectivement, mais ils ont dû se tourner du côté de la coopération pour en identifier trois : premièrement, ce qu’on pourrait appeler la sensibilité sociale globale du groupe (notre capacité à percevoir les émotions des autres); deuxièmement, l’égalité dans les tours de parole lors des délibérations; et troisièmement, la proportion de femmes dans le groupe. Ce dernier point s’accorde d’ailleurs très bien avec d’autres données montrant que les femmes ont tendance à être plus sensible socialement et à prendre plus naturellement les tours de parole que les hommes.

La dynamique interne d’un groupe, la façon dont ses membres travaillent ensemble, semble donc plus importante que la somme de la valeur individuelle de ces mêmes membres, une observation qui n’est pas sans évoquer l’idée d’émergence aussi attribuée au groupe de neurones que constitue notre cerveau pour en expliquer la puissance cognitive.

i_lien New study finds small groups demonstrate distinctive ‘collective intelligence’ when facing difficult tasks
i_lien Evidence for a collective intelligence factor in the performance of human groups
a_his Evidence for a Collective Intelligence Factor in the Performance of Human Groups

De la pensée au langage | 1 commentaire


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