Après nous avoir appuyés pendant plus de dix ans, des resserrements budgétaires ont forcé l'INSMT à interrompre le financement du Cerveau à tous les niveaux le 31 mars 2013.

Malgré tous nos efforts (et malgré la reconnaissance de notre travail par les organismes approchés), nous ne sommes pas parvenus à trouver de nouvelles sources de financement. Nous nous voyons contraints de nous en remettre aux dons de nos lecteurs et lectrices pour continuer de mettre à jour et d'alimenter en contenu le blogue et le site.

Soyez assurés que nous faisons le maximum pour poursuivre notre mission de vulgarisation des neurosciences dans l'esprit premier d'internet, c'est-à-dire dans un souci de partage de l'information, gratuit et sans publicité.

En vous remerciant chaleureusement de votre soutien, qu'il soit moral ou monétaire,

Bruno Dubuc, Patrick Robert, Denis Paquet et Al Daigen






Lundi, 12 novembre 2012
Les cellules gliales sont aussi sensibles à notre environnement

Longtemps considérées comme du simple « remplissage » entre les neurones, puis comme ayant essentiellement des fonctions nutritives, les cellules gliales­ s’avèrent années après années de plus en plus complexes. Des études récentes viennent par exemple de montrer leur rôle dans la plasticité cérébrale et son altération dans des situations d’isolement social.

De plus en plus de travaux indiquent que les enfants qui ont souffert de négligence sévère et d’isolement social montrent, une fois adulte, des faiblesses cognitives et sociales. Deux groupes de recherche ont donc recréé ces conditions défavorables chez le bébé souris en l’isolant pendant plusieurs semaines.

Ce qu’ils ont observé est pour le moins étonnant : les oligodendrocytes, ces cellules gliales qui forment la gaine de myéline qui entoure les axones des neurones pour en accélérer la conduction nerveuse, produisent alors beaucoup  moins de cette couche graisseuse isolante essentielle au bon fonctionnement des neurones.

Cela veut dire que les neurones ne sont pas les seuls à pouvoir être modifiés par l’environnement et que cette plasticité s’étend également aux oligodendrocytes. Une voie métabolique impliquant la production d’une protéine essentielle au bon développement du cerveau, la neureguline-1 (NRG1) et son récepteur ErbB3, a même été identifiée comme étant impliquée dans cette baisse de production de la myéline.

Une baisse présente dans le cortex préfrontal, une région du cerveau très impliquée dans le contrôle des émotions et les capacités cognitives de haut niveau. L’une des études note d’ailleurs que ces changements dans la myélinisation du cortex sont observés dans certains troubles psychiatriques comme la dépession.

Et une autre étude montre que, comparé au chimpanzé, le développement des gaines de myéline dans le cortex humain se fait plus lentement et s’accompagne d’une période de maturité beaucoup plus tardive qui va au-delà de l’adolescence jusqu’au début de l’âge adulte. Ce délai de maturation de la myéline lié à l’émergence de fonctions cognitives spécifiquement humaines aurait cependant sa contrepartie : il s’agirait d’une période de vulnérabilité dont cette plasticité des cellules gliales commence à nous fournir les mécanismes.

Comme quoi les cellules gliales sont peut-être moins nombreuses qu’on le croyait, mais certainement plus importantes aussi…

i_lien How Early Social Deprivation Impairs Long-Term Cognitive Function
a_hisA Critical Period for Social Experience–Dependent Oligodendrocyte Maturation and Myelination
i_lien New Form of Brain Plasticity: How Social Isolation Disrupts Myelin Production
a_his Impaired adult myelination in the prefrontal cortex of socially isolated mice
i_lien Human Brains Develop Wiring Slowly, Differing from Chimpanzees
a_his Prolonged myelination in human neocortical evolution

Au coeur de la mémoire, Du simple au complexe | Pas de commentaires


Pour publier un commentaire (et nous éviter du SPAM), contactez-nous. Nous le transcrirons au bas de ce billet.