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Lundi, 5 novembre 2012
Henri Laborit : une pensée plus actuelle que jamais

Joël de Rosnay écrivait en juin 1995, quelques jours après la disparition de Henri Laborit, qu’il avait été un « homme total et libre dans l’univers fragmenté des disciplines » et qu’il « restera en cette fin du 20
siècle comme un pionnier de la pensée complexe et l’inspirateur d’un nouveau sens de la vie. »

Plusieurs des concepts mis de l’avant par Laborit ont en effet marqué non seulement la médecine mais également la vision de monde des lecteurs et lectrices de son œuvre. Les principaux faits saillants de sa vie scientifique ont été ainsi racontés dans l’esquisse de l’histoire des neurosciences au XXe siècle des conférences « Parlons cerveau I et II », des conférences construites avec le site web le Cerveau à tous les niveaux dont la navigation en différents niveaux d’organisation est d’ailleurs directement inspirée de cette notion fondamentale sur laquelle a insisté toute sa vie Laborit.

Une notion qui lui a également permis de développer toute une réflexion sociologique et politique dans de nombreux ouvrages à partir de la fin des années 1960. La vie sociale étant le fait de nombreux systèmes nerveux qui interagissent, il n’y a aucune raison, disait Laborit, de limiter son analyse bio-comportementale à l’échelle individuelle. C’est ce passage du biologique au social qu’il articule par exemple dans son ouvrage « Société Informationnelle. Idées pour l’autogestion », publié en 1973, et qui fera l’objet d’une séance de « Parlons cerveau III » ce soir même.

Laborit y montre entre autre comment, dans un organisme, il n’y a pas de « classe dominante » qui impose de bas en haut ses vues à l’ensemble en fonction de ses intérêts propres. Chaque grand système (nerveux, hormonal, immunitaire, musculo-squelettique, digestif, etc) effectue une fonction et partage constamment avec les autres de l’information qui permet de coordonner ces fonctions en vue d’une même finalité, le maintient de la structure de l’organisme entier.

Une situation bien différente de nos sociétés où des règles institutionnalisées, fondées sur la recherche du pouvoir au sein de hiérarchies, orientent la recherche de notre bien-être vers celui de biens consommables, dans une fuite en avant productiviste dont on connaît maintenant les effets catastrophiques sur l’environnement. Mais une situation dont, et c’est ici que la pensée de Laborit est toujours très actuelle, on sous-estime encore les effets néfastes sur la santé des individus soumis pour la plupart dans de telles systèmes hiérarchiques à une inihibition de l’action néfaste pour leur santé. Un phénomène admirablement mise en images par Alain Resnais dans son film Mon oncle d’Amérique où Laborit expose à l’écran ses expériences sur les rats en inhibition de l’action qui ont ouvert la voie à la neuro-psycho-immunologie moderne.

a_his Parlons cerveau III
a_his Μοn Оnсlе d’Αmеrіquе (1ère partie de 6 du film au complet)
a_his Montage vidéo des extraits où Laborit parle dans Mon Oncle d’Amérique
a_his Laborit : de la cybernétique à la systémique

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