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Lundi, 30 juillet 2012
Le langage comme une fenêtre sur la nature humaine

Nous avons déjà attiré votre attention sur la série RSA Animate qui illustre en BD (et en temps réel !) de courtes conférences grand public données par des spécialistes de différents domaines. En voici une autre sur le langage prononcée par Steven Pinker.

Cette conférence s’inscrit dans le sillage de son livre « The Stuff of Thought: Language as a window into human nature » (2007) dont les explications sur l’origine des jurons avaient été résumées dans un autre billet de ce blogue. Cette fois, Pinker attire notre attention sur le fait que le langage fait, en tout temps, deux choses : il transmet un message; et il négocie une relation sociale entre le locuteur et la ou les personnes qui l’écoutent. Par conséquent, le langage fonctionne toujours simultanément à ces deux niveaux.

Ainsi, une phrase comme : « Si tu pouvais me passer le sel, ce serait super » est à la fois une requête et une marque de politesse. On veut vraiment le sel, mais on ne veut pas offenser l’autre en ayant l’air de donner un ordre, alors on y va de cette formule qui ressemble au mieux à l’expression d’un vague souhait. Pourtant, personne ne s’y trompe et vous obtenez immédiatement le sel avec un sourire…

C’est la même chose lorsqu’on nous rappelle que l’argent est le nerf de la guerre lors d’un souper-bénéfice (lire : donnez-nous-en le plus possible) ou lorsque suite à un rendez-vous galant, l’un des protagonistes demande à l’autre s’il veut finir la soirée en prenant un verre à la maison (lire : coucher avec lui). Et quand on y pense, une bonne partie de notre discours fonctionne ainsi de manière voilée, en prenant compte du contexte, lubrifiant nos rapports sociaux et préservant cette fiction que nos désirs concordent avec celui des autres, ce qui est loin d’être toujours le cas.

i_lien RSA Animate – Language as a Window into Human Nature
i_lien The Stuff of Thought

De la pensée au langage | Pas de commentaires


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