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Lundi, 5 décembre 2011
Francisco Varela : qu’est-ce que la vie ?

Le très beau documentaire « Monte Grande. What is life ? » de Franz Reichle, qui relate la vie et l’oeuvre de Francisco Varela, vient d’être mis au complet sur Internet (voir le lien ci-dessous).

Qualifié de chercheur « révolutionnaire » par Daniel Dennett (qui se qualifie plutôt de réformiste!), le chercheur chilien, disparu prématurément en 2001 à l’âge de 54 ans, a profondément marqué les sciences cognitives. D’abord par son apport en biologie théorique avec le concept d’autopoïèse formulé avec Humberto Maturana au début des années 1970. Ensuite pour avoir défriché au début des années 1990 un vaste programme de recherche qu’on appelle maintenant la « cognition incarnée ». Un mouvement qui se démarque des approches cognitivistes plus classiques en affirmant que notre cognition dépend non seulement des réseaux de neurones de notre cerveau, mais également du corps où se trouve ce cerveau et l’environnement dans lequel il est situé.

La version particulière de cette conception dynamique et incarnée de la cognition qu’a développée Varela s’appelle l’énaction. C’est un concept qui enracine la cognition à la fois dans les origines de la vie (grâce au concept d’autopoïèse, littéralement « auto-production ») et dans l’expérience vécue au quotidien.

Une introduction au concept d’énaction sera donnée dans le cadre du cours « Parlons cerveau » de l’UPop Montréal mardi le 6 décembre à 19h30 au café le Placard (2129 Mt-Royal E., Montréal, Québec). Le texte et les images de ce cours se retrouveront ensuite sur le site web de l’UPop (voir le lien ci-dessous) avec ceux de tous les cours précédents.

i_lien Monte Grande. What is life ?
i_lien Parlons cerveau – Plan de session

L'émergence de la conscience | 5 commentaires »


5 commentaires à “Francisco Varela : qu’est-ce que la vie ?”

  1. Alex Schmitt dit :

    On ne peut que regretter la mort de ce grand chercheur et des concepts qu’il à énoncé pour faire avancer notre connaissance du cerveau et de nous même.

    En visionnant le film Monte Grande, il y a quand même quelque chose qui m’interpelle (je sais je trouve toujours quelque chose à critiquer : c’est aussi ce qui fait mon charme) !

    Ce qui me dérange c’est le courant qui vise à relier religion, spiritualité et science, tout comme les créationnistes qui tentent de justifier la religion grâce à la science. De mon point de vue la science est une avancée par rapport à la religion, de même que la religion est une avancée par rapport à la magie. N’oublions pas que la science moderne ne s’implante dans nos sociétés que depuis quelques dizaines d’année, voire un bon siècle.

    Je comprends tout à fait, et j’éprouve moi aussi, le besoin de catégoriser un état d’esprit moins primaire que le besoin de sexe, d’argent, de domination, etc. comme étant meilleur et que certain nomment spiritualité. Et c’est là que je diverge d’avec Varela et les adeptes de ce mouvement, dont les moines bouddhistes par exemple. Par contre, je reconnais l’intérêt de leur recherche même si je n’adhère pas à certaines de leur hypothèses.

    Pour en revenir à la spiritualité, à la sagesse qu’évoque Varela et les adeptes de cette vision du monde, je pense que c’est un retour à de l’inexpliqué supérieur, magique et qui relève encore der nos arcanes animales.

    Pour moi la spiritualité c’est tout simplement l’intelligence de comprendre que la violence ne résout rien, et qu’il vaut mieux vivre dans un monde où « les autres » vivent bien, simplement parce que, juste par pur égoïsme, « je » vivrais bien mieux moi-même. Une sorte d’écologie étendue. Et cela n’a rien à voir avec le sacré, une éventuelle liaison avec un entité supérieure avec laquelle seul certain seraient, pourraient être connecté.

    L’intelligence et la rationalité sont à mon avis des valeurs plus sures, et discutables, dans le sens ouvert à la discussion.

    Je m’arrête là alors qu’il y aurait encore beaucoup à dire…

  2. Serge Jadot dit :

    Dans l’étude de l’intelligence, ce qu’il y a de particulièrement fascinant, c’est la conscience. Des modèles sans doute inspirés de la mécanique statistique et de la cybernétique expliqueront probablement l’installation de flux de pensées conduisant à l’apprentissage et aux décisions et finirait par nous faire comprendre que nous serions des robots « organiques » plus complexes que les « vrais » robots qui « voient » l’obstacle et le contournent, qui reconnaissent et situent l’objet à manipuler, etc. Pour les « vrais » robots, la conscience est une fonction inutile : l’accumulation de faits, même incommensurables, et donc extrapolés, est finalement déterministe. Le programme de calcul aléatoire qui lève parfois les absences de solution éligible est lui même déterministe. Autrement dit, un robot agit d’une certaine manière parce qu’il n’a pas le choix. Or la conscience semble nous donner la possibilité de choisir. Et choisir implique a priori d’être libre au moins d’une « partie » du déterminisme, sinon cette conscience ne servirait à rien. Mais, dans ce cas, est aussi en droit de se poser la question « pourquoi avoir conscience d’avoir conscience ? ». Est-ce une interface vers un degré de « liberté » qui nous échappe ?

  3. Bruno Dubuc dit :

    Cette question complexe du « libre choix » est abordé dans le thème sur la conscience de notre site au http://lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_12/d_12_s/d_12_s_con/d_12_s_con.html#2 (ainsi qu’à la page intermédiaire et avancée correspondante).

  4. [...] membrane. C’est cette capacité à s’autoproduire qui caractérise le vivant que Maturana et Varela ont appelé « autopoïèse [...]

  5. blog-lecerveau dit :

    Un livre intéressant sur le passage du non vivant au vivant :

    What is Life?: How chemistry becomes biology

    http://books.google.ca/books/about/What_is_Life_How_chemistry_becomes_biolo.html?id=M_6YSuKCzVsC&redir_esc=y