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Lundi, 22 août 2011
Le bluff en interrogatoire amène de faux aveux

L’aveu d’une personne suspectée d’un crime a toujours été considéré comme une preuve convaincante de sa culpabilité. Mais depuis l’avènement de la biologie moléculaire, les traces d’ADN ont permis d’innocenter plusieurs suspects, dont environ 25% avait avaient plaidé coupables ou signés des aveux de culpabilité après interrogatoire.

Comment cela est-il possible ? Les psychologues qui s’intéressent à cette question distinguent deux grandes catégories de facteurs pouvant amener les sujets à s’inculper ainsi: les vulnérabilités personnelles (jeunesse, retard intellectuel, personnalité influençable, etc.); et les pressions issues des conditions de détention ou d’interrogatoire (méconnaissance des lois, peur d’être violenté, menace d’une peine sévère, torture provoquant de la douleur, etc.)

Une étude publiée en 2010 par Jennifer Perillo et Saul Kassin, du département de psychologie du John Jay College of Criminal Justice, à New York, s’est intéressée à l’un des facteurs de cette deuxième catégorie, le bluff. Bluffer durant un interrogatoire consiste à prétendre détenir une preuve sans toutefois affirmer ouvertement que celle-ci implique le suspect. Prétendre par exemple que du sang a été retrouvé sur les lieux du crime et qu’il est en cours d’analyse exercerait une pression uniquement sur les coupables puisque les autres n’ont rien à se reprocher. Du moins, c’est ce que l’on croyait…

Car les expériences de Perillo et Kassin effectuée auprès d’étudiants volontaires ont montré que le bluff amenait plus souvent les étudiants à faire de faux aveux que lors d’un interrogatoire contrôle. Et dans le cadre particulier de ces expériences (impliquant le fait d’avoir fait planter un ordinateur durant une tâche en accrochant une touche interdite sur le clavier, ce qui était faux, mais on faisait croire à la personne qu’on avait des preuves qui l’incriminaient), ces personnes ont avoué, ont-elles dit en majorité, parce qu’elles s’attendaient à être ensuite disculpées.

Cette mise en évidence d’un tel biais inconscient dans le raisonnement d’un suspect, si il est confirmé par d’autres études, pourrait bien remettre en question certaines pratiques policières probablement à l’origine de plusieurs erreurs judiciaires.

i_lien FAUX AVEUX : LE COUP DE BLUFF
i_lien Innocence Project
a_lien Inside Interrogation: The Lie, The Bluff, and False Confessions

L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


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