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Lundi, 7 mars 2011
Nos neurones miroirs préfèrent nos mouvements préférés

Cette semaine, une étude qui date déjà de quelques années, mais qui introduit bien ces neurones souvent qualifiés d’étranges que sont les neurones miroirs.

Les neurones miroirs ont été identifiés dans la région « motrice » du cortex frontal du singe au début des années 1990, par Giacomo Rizzolatti. Ces neurones s’activaient non seulement quand le singe exécutait une action avec la main ou la bouche (ce qui est normal pour des neurones « moteurs »), mais aussi, et c’est là leur particularité, quand le singe ne faisait que regarder l’un de ses congénères exécuter la même action (donc sans que lui-même ne bouge) ! D’où le nom de neurones miroirs qui leur a été attribué.

Plusieurs études tendent à confirmer l’existence des neurones miroirs également dans le cerveau humain, par exemple celle publiée dans Cerebral Cortex en 2005 (en ligne en décembre 2004). On a demandé à des danseurs professionnels de ballet classique et de capoeira (une forme d’art martial brésilien) de regarder de courts extraits vidéo de danseurs performant ces deux types de danse, pendant qu’un appareil d’imagerie cérébrale par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf) détectait les changements d’activité dans leur cerveau.

Les résultats obtenus montrent que les régions du cerveau humain associées à ce « système de neurones miroirs » étaient plus actives quand un danseur regardait la sorte de danse qui était la sienne que lorsqu’il regardait l’autre type de danse. De plus, dans le groupe contrôle constitué de gens qui n’étaient pas des danseurs, l’activité observée était encore moindre que celle des danseurs qui ne regardaient pas leur type de danse, et le niveau de cette faible activité était le même quel que soit le type de danse regardé.

Cette étude plaide donc non seulement en faveur d’un « système de neurones miroirs » dans le cerveau humain, mais montre que son activité est sensible au niveau d’entraînement pour certains types de mouvements particuliers. Et cette activité accrue, rappelons-le, n’est pas située dans les zones visuelles du cortex occipital, mais bien dans la région motrice où le cerveau planifie des mouvements complexes, ainsi que dans le sulcus intraparietal, une région d’intégration visuo-motrice.

Ce sont donc les régions cérébrales associées au mouvement qui sont sollicitées différemment par la vue de gestes qui font partie ou non de leur répertoire. Ce qui rend, quand on y pense, ces « neurones miroirs » beaucoup moins étranges et potentiellement très utiles à plusieurs autres fonctions, notamment la communication ou la socialisation, souvent évoquées.

i_lien Daniel Glaser’s Latest Study With Ballet and Capoeira Dancers
i_lien Interview with Daniel Glaser
a_lien Action Observation and Acquired Motor Skills: An fMRI Study with Expert Dancers

Le corps en mouvement | 1 commentaire


Un commentaire à “Nos neurones miroirs préfèrent nos mouvements préférés”

  1. [...] les neurones miroirs. Pour avoir une idée de ce dont il s’agit, voir sur cet excellent site de l’université McGill. Dans les années 90, un chercheur italien Giacomo Rizzolatti a découvert que quand un singe [...]